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Blog du syndicat CGT université et INSA Rouen

Revalorisation des enseignant·es-chercheur·ses, des enseignant·es et des chercheur·ses : quelle ingratitude !

mardi 6 avril 2021

En pleine crise sanitaire, alors que les personnels assurent leur missions du mieux possible, notre Ministre a décidé de revaloriser plusieurs corps dans le cadre d’un protocole associé à la Loi de Programmation de la Recherche (LPR). Mais qu’en est-il vraiment ? L’union des syndicats CGT d’établissement d’enseignement supérieur, la CGT FERC Sup, fait le point sur les trois arrêtés publiés le 26 février 2021 qui fixent le montant annuel de primes à partir du 1er janvier 2021.

Pour les enseignant·es-chercheur·ses (EC), la « Prime de Recherche et d’Enseignement Supérieur » (PRES) passe de 1259,97€ à 1840€ brut par an (+48€/mois) pour les Professeurs·es des Universités (PU) et à 2350€ brut par an (+91€/mois) pour les Maîtres·ses de ConFérence (MCF). Elle reste inchangée à 1259,97€ brut par an pour tous les autres bénéficiaires de la PRES, comme les Attachés Temporaires d’Enseignement et de Recherche (ATER).

Pour les enseignant·es, la « Prime d’Enseignement Supérieur » (PES) passe de 1259,97€ à 1546€ brut par an (+24€/mois) pour les enseignants du second degré affectés dans le Supérieur (PRAG, PRCE, PLP).

Pour les chercheur·ses, la « Prime de Recherche » (PR) passe d’un montant variant entre 980 et 1113,90€ à 2220€ brut par an pour les Chargés de Recherche (CR) et à 1620€ brut par an pour les Directeurs de Recherche (DR).

Nous sommes très loin du compte !

Depuis des années, les primes des enseignant·es et ou chercheurs·ses sont très largement inférieures aux autres fonctionnaires de même grade. La hausse ne comble pas ces différences. En outre, ces primes, indexées sur le point d’indice, ont perdu, comme le traitement indiciaire, 18 % de pouvoir d’achat depuis 2000 compte tenu du gel du point d’indice. Il s’agit donc plus d’un rattrapage indemnitaire plutôt que d’une revalorisation. Et bien sur cela ne compense pas du tout la baisse du traitement indiciaire. La baisse du pouvoir d’achat depuis 2000 du traitement d’un MCF en début de carrière s’élève à -400€/mois, elle est de -580 €/mois pour un MCF au 5è échelon, et elle atteint -820 €/mois pour un MCF HC.

On divise les personnels !

Les revalorisations sont différentes selon les corps et contribuent à l’écrasement de l’échelle des salaires. Quelle curieuse conception de la revalorisation des carrières ! Par ailleurs, les ATER sont les grands oubliés : aucune revalorisation pour elles et eux ! Les personnels enseignant·es auront année après année une revalorisation inférieure à celle des personnels EC. Pourquoi ? Enfin, les CR et DR continueront à toucher moins que les MCF et PU : pourquoi ne pas avoir aligné les personnels de recherche sur ceux de l’enseignement supérieur ? Ce traitement différencié entre corps et types de personnels est arbitraire et contribue à opposer les travailleurs entre eux.

Une grande victoire grâce à la LPR ?

Il faut le dire et le répéter : ces revalorisations, qui sont un rattrapage insuffisant, sont assorties de conditions inadmissibles ! Parmi celles-ci, le ministère a ajouté à son protocole LPR la mise en place d’une prime au mérite pour les EC sur le modèle du RIFSEEP (Régime Indemnitaire tenant compte des Fonctions, des Sujétions, de l’Expertise et de l’Engagement Professionnel). Les prochains gouvernements auront la possibilité de moduler cette prime selon les fonctions et la manière de servir.

En effet, le RIFSEEP, applicable à la majorité des fonctionnaires et en particulier aux BIATSS, est un régime indemnitaire individualisé constitué de deux parties :

  • l’Indemnité Fonction, Sujétion, Expertise (IFSE) dépendant de la fonction exercée ;
  • le Complément Indemnitaire Annuel (CIA) qui dépend de la manière de servir de l’agent·e.
    L’attribution de l’IFSE passe par une cartographie individuelle invraisemblablement complexe et bien souvent arbitraire. Les grilles de références, établies par chaque établissement, ne sont pas réévaluées automatiquement chaque année. Un rendez-vous de discussion est prévu tous les trois ans sans garantie de résultat ! Le RIFSEEP est un système injuste qui individualise la rémunération, qui tend à déconnecter la rémunération du grade possédé par l’agent·e, qui divise les personnels et qui casse les collectifs de travail.

En conclusion

Ces revalorisations des primes statutaires pour certains personnels d’enseignement et de recherche constituent un rattrapage positif, bien que largement insuffisant. Il est inacceptable que des catégories de personnel soient oubliées et que subsiste une inégalité de traitement.

Il faut dénoncer le cadre imposé par le ministère pour ces revalorisations en s’opposant au RIFSEEP et à son extension. Continuons à demander l’abrogation de la LPR et à revendiquer l’augmentation immédiate et conséquente du point d’indice.

Lire le communiqué de la CGT FERC Sup.

Pour contacter la CGT Université & INSA de Rouen ou se syndiquer : sees-cgt@univ-rouen.fr

Au bout de ce lien, le site de la CGT Université & INSA Rouen.

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