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lundi 4 avril 2022

Blog du syndicat CGT FERC SUP université & INSA Rouen

Hervé Morin et Nicolas Mayer-Rossignol unis pour financer l’enseignement supérieur privé catholique

Signataires : CREAL 76, Libre Pensée 76, DDEN 76, FCPE 76, Ligue de l’enseignement 76, SDEN CGT Éduc’action 76, CGT Université & INSA Rouen, FSU, SUD-Éducation 76-27, LFI, PCF, PG, Génération.s, Ensemble !, EELV Normandie

11 millions € provenant à part égale de la Région Normandie et de la Métropole-Rouen-Normandie, 5000 m2, 1000 étudiant·e·s, tels sont les chiffres concernant l’implantation de l’Institut Catholique de Paris (ICP) dans des locaux appartenant au diocèse de Rouen, route de Neufchâtel. La délibération de la Métropole du 21 mars a acté cet engagement avec des fonds publics en faveur du privé supérieur confessionnel. « L’ICP participe de manière originale à la mission d’évangélisation de l’Église catholique », lit-on sur son site, « sous l’autorité d’une assemblée générale de 34 évêques fondateurs. » La sélection par l’argent – entre 3000 et 7000€ de droits d’inscription – pulvérise la mixité sociale et accroît le fossé social avec l’université publique. À la manne publique s’ajoutent les dons défiscalisés d’entreprises, de fondations et de particuliers et parfois des aides sociales sous forme de bourses provenant de fonds ou cotisations publiques. Ce séparatisme scolaire et universitaire confère un poids éducatif, social, et politique à une hiérarchie catholique qui en use en termes d’influence sur ces trois volets.

Le projet d’école vétérinaire privée UniLaSalle, soutenu par la Métropole est une première en France que nous refusons pour les mêmes raisons. Il bénéficie du soutien des Chambres d’agriculture au niveau national. Son président est aussi celui de UniLaSalle, numéro 2 du groupe Avril (Lesieur, Matines, agrocarburants…). Après un intense travail de lobbying de plus de 2 ans, sous la double tutelle de l’ICP et des Frères des écoles chrétiennes, UniLaSalle capte les dons défiscalisés de groupes agroalimentaires, bancaires, commerciaux. Le cursus de 6 ans coûte 93 000 €. Avec les vétérinaires, nous sommes contre ce projet de privatisation qui aura un impact négatif sur la formation à ce métier. Des marques comme Royal Canin sont prêtes à venir faire des cours gratuitement pour séduire les futurs vétérinaires. Nous sommes favorables à la hausse du nombre d’étudiants dans les quatre Écoles nationales vétérinaires publiques.

Nous exigeons l’abandon des projets de financement pour UniLaSalle et pour l’Institut catholique de Paris et l’affectation des fonds correspondants au seul bénéfice de l’enseignement supérieur public.