"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"

Menu ☰

Accueil > Syndicats > Île de France > Université Paris Cité

mardi 19 mai 2026

Syndicat CGT FERC Sup de l’Université Paris Cité

Conférence sociale : près de 50% des postes BIATSS dévalorisés !

L’Université avait décidé de mener une conférence dite « sociale » afin de revoir les montants de l’IFSE des collègues BIATSS. L’IFSE est le levier par lequel l’Université pourrait augmenter les salaires des collègues. M. le DGS annonce d’ailleurs lors du webinaire du 5 mai que 95% des collègues BIATSS seraient concernés par une augmentation ou, au minimum, par un maintien de leur IFSE.

La présentation faite par M. le DGS était certes séduisante. Mais à la lecture des documents présentés au Comité Social d’Administration le 23 avril 2026, le constat est tout autre.

Le CIA, qui bénéficie aujourd’hui à la quasi-totalité des collègues, ne sera désormais versé qu’à titre exceptionnel. Il ne concernera désormais que les personnels mobilisés sur des projets dits « structurants » ou ceux assurant une charge de travail supplémentaire pendant plus de deux mois, notamment dans le cadre d’un intérim sur un poste vacant ou non pourvu. Autrement dit, un dispositif réservé à une minorité d’agents.

Pour les personnels déjà en poste, la moyenne des deux derniers CIA sera intégrée à l’IFSE et mensualisée. Ce mécanisme donne l’apparence d’une hausse, mais il ne s’agit pas d’un véritable gain salarial. Les tableaux communiqués montrent d’ailleurs que 849 agents sur 1 766 concernés auront besoin d’une Garantie Indemnitaire Individuelle (GII) pour garantir leur niveau de rémunération. Cela signifie qu’en réalité, près de la moitié des postes BIATSS sont dévalorisés.

Prenons l’exemple d’un magasinier des bibliothèques (BAP F, catégorie C) :

Avant la réforme, ce poste percevait 360 € d’IFSE et 300 € de CIA, soit 4 620 € par an.

Avec la nouvelle formule, l’IFSE serait portée à 365 € par mois, soit 4 380 € par an. Malgré une hausse mensuelle affichée, cela représente en réalité une perte de 240 € annuels.

La Garantie Indemnitaire (GII) maintient son niveau IFSE + CIA cumulés. Donc 385€ par mois.

Mais le nouvel arrivant, sans GII, touchera uniquement 365€ par mois. Soit 240€ en moins sur l’année. C’est donc une dévalorisation de ce poste.

Cette logique s’applique à 50% des postes, en particulier dans les BAP F et J. Derrière les effets d’annonce, c’est donc bien une dégradation du régime indemnitaire qui se profile pour de nombreux collègues.

De plus, nous demandions une véritable revalorisation des planchers, notamment pour les catégories C dont les niveaux étaient ridiculement bas. Il a été effectivement augmenté de 30€ brut par mois. Mais une fois la disparition du CIA prise en compte, le gain réel se limite à… 60 € brut par an.

Certains syndicats ont fait le choix de participer à la conférence « sociale » et ont voté pour ce nouveau régime.

Pour notre part nous ne pouvions accepter une « décote » de 50% des postes au motif qu’ils seraient surévalués. Nous refusons cette logique : aucun poste n’est surévalué ou « surcoté » ! Aux vues des conditions de travail et de vie actuelles toutes les primes auraient dû augmenter.

Il n’est pas acceptable de voter un régime indemnitaire qui entérine, à terme, une baisse de rémunération pour près de la moitié des postes de l’Université, et qui, à ce stade, ne prend pas en compte les personnels contractuels !

Si, à moyen terme, nous restons favorables à une augmentation des primes pour toutes et tous, nous rappelons nos positions :

  • l’intégration des primes dans le traitement/salaire ;
  • le refus des primes au mérite qui mettent les collègues en concurrence ;
  • le dégel du point d’indice.