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mardi 3 novembre 2026

Université Paris 1 • Panthéon Sorbonne

Lettre ouverte des monitrices et moniteurs étudiant·es employé·es des bibliothèques de Paris 1

03/11/2026

La CGT Paris 1 partage et soutient les revendications des monitrices et des moniteurs étudiant·es, vacataires des bibliothèques, exprimées dans cette lettre ouverte diffusée avant les vacances universitaires.

-------- Lettre ouverte -------

Madame, Monsieur,

Cette lettre émane de tous les moniteur·ices étudiant·es employé·es des bibliothèques de Paris 1 : Ahrweiler, Cassin, Colliard, Cujas, PMF, Sorbonne, Saint-Charles.

Dans le contexte de la mobilisation lycéenne et étudiante, et en tant qu’étudiants, nous souhaitons mettre en avant notre soutien aux revendications demandant plus de budgets pour l’éducation nationale, et la fin des politiques d’austérités de l’enseignement supérieur.

Nous souhaitons aussi dénoncer la dégradation de nos conditions de travail depuis le lundi 5 octobre. Face aux fermetures répétées des différents centres, nous accusons les difficultés générées par les services administratifs, à savoir la présidence de l’université et le rectorat de Paris. Nos conditions contractuelles nous restreignent à une seule et unique mission : le service public consistant à accueillir les lecteur·ice·s au sein des différentes bibliothèques de l’université. Sans accès possible des étudiant·e·s aux centres de l’université, nous ne sommes donc pas censé·e·s pouvoir travailler.

En tant que personnel·les employé·es par l’université, nous dénonçons les contrats précaires qui nous emploient, dont la vacation ne permet aucune sécurité financière. Nous ne sommes payé·es qu’à heure faite. Dans la situation actuelle de blocus répétés et de fermetures administratives, beaucoup, voire la totalité de nos heures, ont sauté et ne seront donc pas rémunérées. C’est inacceptable quand on sait que 43% des étudiant·es ont déjà renoncé à se nourrir pour des raisons financières, et qu’un tiers ont un reste à vivre de moins de 50€ par mois selon les chiffres de l’Union étudiante. Cette situation continue de précariser des étudiants déjà en difficultés et devant travailler pour financer leurs études. Toutes ces heures perdues ne seront de plus pas rattrapables. Légalement, nous ne pouvons effectuer que 17h par semaine, mais seulement 15h selon le règlement du SCD, ce qui ne nous permettra pas de rattraper les heures perdues.

Nous tenons à rappeler que les universités franciliennes, Paris 1 comprise, embauchent leurs moniteurs étudiants grâce aux financements alloués par la Région Île-de-France. Cela signifie qu’une budgétisation a été confirmée en amont pour chaque moniteur étudiant rémunéré au taux horaire brut de 12,31 euros pour un total de 585 heures réparties sur 9 mois et 24 jours.

De plus, le paiement de nos salaires avec deux mois de retard participe également à la précarisation sur le temps long des moniteur·ices. Notre premier salaire, déjà amputé en grande partie par la rentrée tardive et des politiques internes, ne sera versé qu’en novembre. Les conséquences des mobilisations d’octobre se feront quant à elles ressentir jusqu’en décembre, voire plus si le mouvement persiste. C’est donc un semestre entier impacté, alors que le coût de la vie, lui, ne baisse pas.

Nous demandons au service de la direction des ressources humaines de comptabiliser et de payer les heures que nous avons été contraint·e·s de manquer à cause des services administratifs. Rappelons que nous sommes astreint·e·s à travailler au maximum 15 heures hebdomadaires, rendant contractuellement impossible un potentiel rattrapage de nos plages horaires manquées. Puisque la budgétisation de nos contrats est effective, les fonds ont donc été levés. Nous appelons explicitement la « direction des ressources humaines à nous verser nos heures de travail manquées du fait des fermetures préventives et administratives.

Nous dénonçons les opérations tardives de communication de la présidence, surtout celles de ces deux derniers jours (21 et 22 octobre) lorsqu’elle ne prend même plus la peine d’informer de l’accès restreint du centre Sorbonne que le rectorat nous fait subir depuis déjà trois semaines.

Nous exigeons de la présidence de faire pression auprès de la région afin de modifier les clauses contractuelles de nos missions vacantes pour que soit imposé le paiement des heures non travaillées lorsque le travailleur n’est pas responsable de son absence ou des fermetures.

Les moniteur·ice·s étudiant·e·s des bibliothèques de Paris 1 - Ahrweiler, Cassin, Colliard, Cujas, PMF, Sorbonne et Saint-Charles