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jeudi 18 janvier 2024

Université Paris 1 • Panthéon Sorbonne

Communiqué de l’assemblée générale de la bibliothèque Cujas en grève le 11 janvier

18/01/2024

Communiqué de l’assemblée générale de la bibliothèque Cujas en grève

Ce jeudi 11 janvier 2024, les agents en grève de la bibliothèque Cujas se sont réunis en assemblée générale composée d’une trentaine de titulaires, toutes catégories confondues.

L’assemblée générale déplore l’accentuation de la dégradation des conditions de travail à la bibliothèque au cours des derniers mois.

Si l’assemblée générale reconnaît la nécessité de travaux importants de rénovation et de mise en conformité du bâtiment, les nuisances sonores et respiratoires, ainsi que les perturbations de l’organisation du travail occasionnées par ce chantier pèsent incontestablement sur le quotidien des agents et des usagers.

Alors que les agents de la bibliothèque font preuve de la meilleure volonté d’adaptation à cette situation pénible, la direction a décidé de saluer leur implication en imposant « l’obligation sur la base du volontariat » pour les plages d’heures supplémentaires en soirée de 19h à 21h (dites « nocturnes »).

Pourtant, et l’assemblée générale le rappelle avec force : le système actuel d’organisation du travail en soirée fondé sur le volontariat, comme négocié à sa mise en place en 1994, fonctionne sans incident depuis 30 ans !

La direction, tentant de justifier son choix de « sécurisation » des nocturnes, évoque des difficultés ponctuelles à pourvoir les plages en soirée, tout en omettant de préciser que les périodes de difficultés en question sont à mettre en regard de facteurs externes (semi-confinement, perturbation des transports dans le cadre du mouvement national contre la réforme des retraites, émeutes suite au meurtre du jeune Nahel…).

Par ailleurs, si la direction se félicite d’avoir œuvré à l’amélioration des conditions de bonification des heures supplémentaires, cette mesure correspond pourtant à une mise en conformité avec la loi décidée par la Présidence de Paris 1, et à une revendication portée avec vigueur par les organisations syndicales de l’Université depuis plusieurs années.

La direction semble oublier que le paiement des heures supplémentaires est dysfonctionnel depuis près d’une décennie. Il est d’ailleurs suspendu depuis le mois de mai 2023, et sans espoir d’être perçu avant le mois de février 2024. Sans aucune garantie de paiement en temps et en heure, nous ne pouvons qu’être interpelés par l’entêtement de la direction à nous imposer cette rigidification de nos conditions de travail.

L’assemblée générale, attachée aux valeurs du service public, ne s’oppose pas à l’ouverture en soirée et au travail de 19h à 21h, mais rejette la mise en place du principe d’obligation.

Elle déplore enfin les pratiques verticales de communication de notre direction, qui ruissèlent par l’intermédiaire des chefs de services, sur des sujets qui touchent le personnel dans son ensemble, ainsi que son refus de rencontrer les représentants élus par le personnel dans les mois qui ont précédé le dépôt du préavis de grève.

Dans un contexte social et économique particulièrement éprouvant, inscrit dans un amenuisement continuel des moyens alloués aux services publics (précarisation généralisée, tassement des grilles,recrutements insuffisants, suppressions de postes de fonctionnaire…), est-il bien raisonnable de porter plus encore atteinte à nos conditions de travail ?

L’assemblée générale regrette que la direction concentre ses efforts sur la « sécurisation » d’un dispositif fonctionnel plutôt que de s’atteler aux dysfonctionnements réellement existants.
 

Nous revendiquons :

 

  • Le maintien du système actuel des nocturnes : heures supplémentaires de 19h à 21h sur la base du volontariat.
  • La régularisation dans les plus brefs délais du paiement des heures supplémentaires effectuées.
  • L’extension de la possibilité de rémunération des heures supplémentaires à l’ensemble des catégories.
  • Le versement d’une prime exceptionnelle de pénibilité à tous les agents, titulaires et contractuels, contraints d’assurer leurs missions de service public pendant les travaux.
  • L’instauration d’une culture de communication directe entre la direction, son personnel et leurs représentants sur les questions qui concernent la bibliothèque dans son ensemble.

Le personnel de Cujas se réserve le droit de poursuivre collectivement sa mobilisation par tous types d’actions qu’il jugera nécessaires pour défendre leurs droits au travail.


Paris, le 11 janvier 2024
Les agents grévistes de la bibliothèque Cujas