Le 4 juin 2026
La CGT Paris 1 réitère son soutien total à notre camarade, co-secrétaire de la CGT Sorbonne Université, gravement blessé lors d’un rassemblement syndical à la Sorbonne ce jeudi 28 mai. Nous dénonçons la responsabilité de la présidente de l’Université dans les violences subies par notre camarade, ainsi que ses propos infamants tenus dans un communiqué public le 29 mai.
Revenons sur les faits :
- L’assemblée générale de l’Alliance Una Europa tenue dans amphithéâtre Richelieu le 28 mai dernier, réunissait plusieurs universités européennes, dont l’université Paris 1. Dans ce cadre une conférence publique, ayant pour thème "La défense des valeurs de l’enseignement supérieur européen : inclusivité, liberté académique et démocratie", devait se tenir en présence d’un représentant du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche - qui s’est finalement désisté - ainsi que de plusieurs présidences d’université et recteur·rices. Dans le contexte de mobilisation contre la hausse xénophobe des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es extra-communautaires, les organisations syndicales de l’ESR ont décidé d’organiser une diffusion de tracts devant l’amphithéâtre où se tenait l’évènement, et prévu une brève prise de parole devant l’assemblée pour rappeler notre opposition à l’institutionnalisation de la préférence nationale dans le service public universitaire, avant de quitter les lieux pour rejoindre le rassemblement appelé en même temps sur la place de la Sorbonne.
- Nous avons distribué aux participant·es un texte (ci-joint) contre les frais discriminatoires, et demandé au cabinet de la présidence de Paris 1 l’autorisation pour quatre personnes d’entrer pour une rapide prise de parole contre le décret du 19 mai généralisant les frais différenciés. Face à son refus, les personnes mobilisées ont entamé des chants antiracistes, et avec la garantie que nous quitterions les lieux après l’intervention, le cabinet de la présidence a accepté la prise de parole, avant de la refuser catégoriquement de nouveau au motif que nous n’avions "rien à faire là" (pour rappel : un évènement public portant sur l’inclusivité à l’université). L’incongruité de la situation a même frappé des représentant·es d’universités européennes présent·es, qui sont venu·es parler au cabinet de la présidence pour exprimer leur volonté de nous entendre. En vain.
- Les atermoiements du cabinet ont fait s’éterniser une situation qui aurait pu être rapidement résolue. Alors qu’une des portes de l’amphithéâtre était ouverte, notre camarade de la CGT de Sorbonne Université a mis sa main dessus pour la maintenir afin que nous puissions être entendu-es de l’auditoire, et avec nous la situation des étudiant·es étranger·es privé·es d’études supérieures. C’est alors qu’un agent de l’université, a priori non-habilité pour des missions de sûreté, lui a fait une clef de bras et projeté notre camarade au sol, lui faisant heurter violemment le crâne contre la plinthe du mur.
- Contrairement aux allégations produites dans le communiqué de la Présidence de l’université du 29 mai, notre camarade n’a fait preuve d’aucune agressivité envers un·e quelconque agent·e de l’Université. Il a été victime d’une violente agression, dont les conséquences auraient pu être plus dramatiques encore si sa nuque avait été atteinte. Il a ensuite été pris en charge par les pompiers, tandis que le cabinet de la présidence de l’Université et le directeur général des services accusaient les personnels mobilisé·es d’être responsables d’une situation qui aurait pu mener à un drame. L’agression subie par notre camarade reste particulièrement sérieuse puisqu’elle lui vaut 12 agrafes à la tête, une entorse au genou avec suspicion de rupture des ligaments. Une plainte, requalifiée en violences volontaires par X ayant entrainé une incapacité totale de travail de plus de 8 jours, a été déposée au commissariat du 5e arrondissement.
Le lendemain, la présidence de Paris 1 a publié un communiqué infamant, qui légitime une agression qui aurait pu coûter la vie d’une personne. Pire, elle fait porter la responsabilité de l’agression sur la victime, qu’elle diffame en instrumentalisant scandaleusement la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Rappelons que l’organisation de l’évènement relevait de la responsabilité de la présidence. Or, celle-ci a été manifestement défaillante : jamais le collègue auteur des violences n’aurait dû se retrouver en position d’opposition physique devant la porte de l’amphi, et faire ensuite d’usage de la force.
Enfin, elle menace les étudiant·es et personnels mobilisé·es contre la xénophobie érigée en politique d’établissement de poursuites et de sanctions, simplement parce qu’elles et ils voulaient rappeler les valeurs du service public universitaire : l’inclusivité, justement, indépendamment de l’origine et de la nationalité. Et jamais ce rappel ne sera trop bruyant.
En conséquence, face à des faits d’une gravité inédite, et de la violence légitimée et exacerbée par la déclaration de la présidence de Paris 1, nous attendons que Madame Christine Neau-Leduc démissionne de ses fonctions de présidente de l’Université Paris 1.
Nous exigeons également qu’une enquête interne relative aux violences commises par un agent de l’université Paris 1 sur un agent public soit diligentée.
Enfin nous remercions tous les syndicats de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, toutes les formations politiques et associations étudiantes de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, toutes les organisations syndicales hors Paris 1 Panthéon-Sorbonne qui ont apporté leur soutien à notre camarade et à tous les personnels et étudiants mobilisés.
La CGT FERC Sup de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Le texte de l’intervention que nous souhaitions réaliser :