"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
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Les épisodes de fortes chaleurs ne sont plus exceptionnels. Ils transforment durablement les conditions de travail et font émerger de nouveaux risques pour la santé des salarié·es. Pour y faire face,la CGT exige l’adoption d’un cadre défini, pérenne et connu de toute.s et tous.
L’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) indique qu’au-delà de 30°C pour une activité de bureau et de 28°C pour un travail physique, la chaleur peut constituer un risque pour la santé des travailleurs.
Alors que les alertes météo ont prévenu de l’arrivée des canicules, rien n’a été prévu en amont pour assure la sécurité et les conditions de travail des personnels. C’est un danger de faire redescendre la responsabilité de la gouvernance sur les chefs de service.
Nous demandons la mise en place d’un plan systématiques dès que des alertes oranges sont annoncées. Le cadrage doit être co-élaboré avec les organisations syndicales représentantes du personnel et donné lieu à une communication régulière avec une page dédiée sur le site institutionnel.
LA CGT pour garantir une réelle protection, exige :
• 📉 Une réduction des rythmes de travail et aménagement des horaires en cas de forte chaleur ;
• ⏸️ Une augmentation des temps de pause rémunérés dès 25°C ;
• 🛑 L’extension des ASA pour chaleur et du télétravail hors convention ;
• 🛑 l’accès à des douches permettant de se rafraîchir, la mise en place de matériels de ventilation et de climatisation, de fontaines à eau,
• 🛡️ Le maintien et renforcement du droit de retrait, sans sanction possible sans l’avis de l’inspection du travail ;
• 🕵️ Des enquêtes systématiques après les malaises ou accidents liés à la chaleur ;
• 📋 Un rappel obligatoire par le ministère du travail sur le rôle du CSE / CSSCT après un accident grave.
• 🛑 Le renforcement des moyens de la médecine du travail et de l’inspection du travail, particulièrement en matière d’effectifs et de leurs possibilités d’intervention.
La situation dramatique que traverse notre université est la conséquence directe des budgets d’austérité successifs (particulièrement ceux de 2025 et 2026). Imposées par les gouvernements Macron, ces politiques n’ont été censurées ni par le PS, ni par le RN.
Il s’agit de la continuité d’une destruction méthodique et choisie de nos services publics (santé, éducation, recherche, culture). Pendant que l’enseignement supérieur est asphyxié, les budgets sécuritaires et militaires explosent (+36 milliards en juin 2026, portant à un total de 449 milliards) et le secteur privé est massivement sous perfusion d’argent public (211 milliards d’euros par an d’aides publiques aux entreprises).
L’État se désengage, l’Université publique est sacrifiée
Le premier niveau de responsabilité est celui de l’État. Le gouvernement a fait un choix politique clair : abreuver de fonds publics les plus riches et les grandes entreprises (CICE), tout en actant le désengagement de nos services publics. À l’aube des prochaines échéances présidentielles, force est de constater que l’université publique, gratuite, émancipatrice et accessible partout et pour tou.te.s n’est pas la priorité des candidats du système.
Après la réduction de l’offre de formation et la destruction du maillage territorial des établissements, la généralisation de la sélection à tous les niveaux (Parcoursup, MonMaster) et aujourd’hui le renforcement de la ségrégation sociale dans le supérieur avec l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étrangers et dans les grandes écoles parachève ce sabordage. L’enseignement et la recherche sont sacrifiés sur l’autel de l’économie de guerre. Plutôt que de former des citoyens émancipés par et pour la recherche, la jeunesse est réduite à servir de "chair à patron" et de "chair à canon". Nous n’avons décidément pas les mêmes intérêts !
On nous répète qu’il n’y a plus d’argent pour assurer les missions de service public. Pourtant, l’État trouve 413 milliards d’euros pour la loi de programmation militaire, auxquels s’ajoutent 36 milliards d’euros supplémentaires annoncés récemment. Dans le même temps, les grandes entreprises continuent de verser des dividendes records et bénéficient de dizaines de milliards d’euros d’aides publiques, notamment via le crédit d’impôt recherche. Ce ne sont pas les moyens qui manquent : détruire la recherche et l’enseignement supérieur résulte d’un choix délibéré.
À Sorbonne Université : La Présidence emboîte le pas et asphyxie les personnels
La présidence de Sorbonne Université (SU) choisit de répercuter localement ces politiques d’austérité, tout en trouvant le moyen d’investir 70 millions d’euros dans la Cité de l’innovation (également appelée Paris Parc).
Pour les personnels, titulaires comme contractuels, les conséquences sont intraitables : effondrement du niveau de vie, renoncement aux soins et précarisation grandissante. Avec le gel quasi-continu du point d’indice et la perte de 10 % de rémunération en cas de congé maladie ordinaire (CMO), le tout conjugué à une inflation galopante, les agents ont perdu au moins 30 % de pouvoir d’achat depuis 2000.
Sans attendre d’hypothétiques mesures gouvernementales, la direction de SU a les leviers pour agir sur ce qui relève de sa compétence :
1. Revaloriser massivement l’IFSE et les rémunérations pour compenser les pertes, puis les indexer à minima sur l’inflation.
2. Garantir un maintien de salaire à 100 % lors des congés maladie ordinaires en compensant les 10 % manquants sur le budget de l’établissement.
Les étudiants trinquent : Bienvenue dans l’université de la ségrégation sociale !
Les étudiants subissent eux aussi de plein fouet ces choix budgétaires :
1. Frais d’inscription en hausse : un décret va être publié pour rendre effective l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants extracommunautaires qui a été multipliée par 16 (2 895 € en licence et 3 941 € en master). Cette augmentation a été rejetée à Sorbonne Université pour cette année grâce à une faille juridique (mais pour combien de temps ?). Par ailleurs un rapport des assises du financement des universités remis ce mercredi au gouvernement préconise une augmentation de 900 € à 1300 € des droits d’inscriptions de l’ensemble des étudiants !
2. Destruction des emplois étudiants : Le volume horaire global s’effondre (passant de 700 000 heures pour la seule FSI l’an passé à seulement 800 000 heures pour tout SU l’année à venir). Conséquence directe : fermeture des accueils étudiants et fin de l’accès aux salles de travail informatique.
3. Des conditions d’études dégradées, des TP supprimés : Le CFPB (Centre de Formation Pratique en Biologie) ne sera pas en mesure d’assurer l’ensemble des travaux pratiques (TP) de biologie prévus pour l’année universitaire 2026-2027.
Cette situation résulte du non-remplacement de 6 agents, malgré des départs (retraites, mobilités, etc.) signalés depuis plusieurs mois à la Direction des ressources humaines et à la gouvernance de Sorbonne Université. Ces postes, pourtant indispensables, n’ont toujours pas été pourvus.
Conséquence : l’équivalent d’un plateau technique sur les six que compte le CFPB ne pourra pas fonctionner à la rentrée. C’est près de 20 % des effectifs chargés de préparer et d’organiser les travaux pratiques qui disparaissent, au détriment des conditions d’enseignement des étudiants. Les directeurs d’UFR vont adresser un courrier à la gouvernance de SU.
À l’UFR de Chimie aussi, la coupe est pleine
La masse salariale libérée par les départs en retraite ou les mutations est relativement élevée cette année. Mais le nouveau calcul de la masse salariale totale de l’UFR, et les multiples prélèvements effectués par Sorbonne Université (GVT, financement pour charge de service public, etc) conduit à un budget de seulement 185 000 euros ce qui hypothèque gravement les capacités de recrutement et de promotions. En conséquence, le remplacement de plusieurs agents sur des plateformes analytiques (microcopie électronique, RMN…) n’est pas assuré. Le travail de certaines équipes de recherche ou du service informatique de l’UFR est aussi fragilisé par le faible nombre de personnels, tandis que la réduction progressive du nombre d’enseignants-chercheurs diminue d’année en année le nombre d’heure d’enseignements soutenable.
Cette tendance, qui n’est pas spécifique à l’UFR de chimie, va encore s’accroitre les prochaines années et menace rapidement la soutenabilité des maquettes pédagogiques de la Faculté des Sciences et Ingénierie (FSI). Le retour d’information de la réunion sur la "soutenabilité et cohérence des formations" avec la FSI annonce un avenir très sombre. L’université, confrontée à un lourd déficit, impose un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2030, ce qui va se traduire par un gel quasi total des recrutements d’enseignants-chercheurs. Pour compenser cette baisse d’effectifs, la présidence préconise de réduire les heures d’enseignement présentiel (en passant par exemple de 60h à 48h de présentiel par UE) au profit de projets en autonomie ou de cours enregistrés à distance. De plus, les dispositifs d’innovation pédagogique, de transition environnementale ou les doubles licences sont aujourd’hui directement menacés de suppression en raison de leur coût élevé. Le plus paradoxal reste que les nouvelles maquettes de L3, qui débutent à peine en septembre 2026, devraient être entièrement revues dès février 2027 pour devenir "soutenables". Elles pourraient n’avoir ainsi vécu qu’une seule année avant d’être démantelées sous la contrainte budgétaire.
Le discours sur la prétendue « autonomie » des étudiants n’est qu’un cache-misère destiné à justifier des politiques austéritaires de suppression d’heures d’enseignements, qui conduisent tout simplement à la dégradation de la qualité des formations proposées à SU. Cette politique accroit également la souffrance au travail des personnels des plateformes TP dont la charge de travail va s’intensifier sous l’effet des réductions de poste, et celle des enseignants dont l’investissement collectif fourni ces dernières années (mise en place de nouveaux parcours, renouvellement d’UE, montage de nouvelles UE de transition, innovations pédagogiques...) risque d’être jeté à la poubelle.
Faire payer davantage les étudiants tout en réduisant les moyens consacrés à leur formation ? Nous le refusons. Nous exigeons le remplacement immédiat des postes vacants afin de garantir des enseignements de qualité et la non application des frais différenciés racistes.
Mais « tout va très bien, Madame la Marquise »... Pendant que les conditions d’études et de travail s’effondrent, la direction de l’université continue son discours d’autosatisfaction et des sommes faramineuses continuent d’être englouties dans la Cité de l’innovation. Ce sont des choix politiques. Étudiants et personnels, nous ne les partageons pas et nous les battrons en brèche !
Nous sortons de la F3SCT avec un constat alarmant : la gouvernance actuelle semble incapable de centraliser et de traiter l’ensemble des signalements.
Un portail RH opaque plutôt qu’un outil de prévention
Le fonctionnement du portail interne pose question : quel est le traitement réel des alertes ? Quelle information en est retirée ? En l’état, ce dispositif symbolise une gestion purement comptable et RH.
1. Aucune remontée vers le ministère.
2. Aucune possibilité de suivi syndical.
3. Aucun questionnement sur l’impact direct des organisations de travail.
Pourtant, le Registre Santé et Sécurité au Travail (RSST) doit être le premier outil d’amélioration de nos conditions de travail.
Nos vies valent plus que leurs indicateurs
1. Parce que nous n’avons qu’une vie.
2. Parce que nous passons une grande partie de cette vie au travail.
3. Parce qu’il n’est jamais normal de finir usé·e, abîmé·e ou blessé·e par une organisation du travail pathogène.
Tous les risques professionnels doivent être systématiquement consignés. L’exposition prolongée à de mauvaises conditions de travail engendre des conséquences directes et graves pour la santé des agent·es : stress, fatigue chronique, insomnies, troubles musculosquelettiques (TMS), maladies cardio-vasculaires, syndromes d’épuisement professionnel (burn-out ou bore-out).
Au-delà de son rôle d’alerte, le registre assure la traçabilité des signalements. Il est indispensable pour faire valoir les droits des agent·es lorsqu’une pathologie se déclare de façon différée, suite à un dysfonctionnement ou un incident. De nombreuses études scientifiques établissent d’ailleurs un lien direct entre ces atteintes à la santé et les organisations du travail pathogènes.
Une mise sous silence organisée
Le choix de cet outil opaque et le manque de transparence de la direction participent activement au mal-être général :
1. Les agent·es sont mis·es sous silence, privé·es de moyens pour se défendre.
2. Les chefs de service sont mis en difficulté, laissés seuls, sans retours ni propositions de solutions, face à des responsabilités qui relèvent pourtant de la responsabilité pénale de la présidence.
Une refonte de l’outil est prévue par la gouvernance, mais quand ? Malgré nos demandes répétées, la direction nous oppose un refus catégorique d’y associer les représentant·es du personnel.
Nous alertons solennellement !
Nous n’acceptons pas de subir la dégradation de nos vies et de notre santé au nom du travail. Nous ne voulons pas perdre notre vie à la gagner, ni être condamné·es à la simple survie.
Nous revendiquons une société laïque et émancipatrice, où la solidarité et l’entraide priment sur le chacun-pour-soi et la mise en concurrence. Chaque personnel doit avoir les moyens de vivre et de travailler dignement.
Ce bilan RPS est inacceptable : il ne permet pas de protéger nos collègues car il refuse de remettre en cause l’organisation du travail en place et la désorganisation programmée du service public d’enseignement supérieur.
La CGT de SU a constaté un nombre croissant d’accidents de service ou de trajet transmis au conseil médical ministériel.
À notre sens, cela démontre la volonté de l’établissement de ne pas prendre ses responsabilités sur le traitement des dossiers et de vouloir faire des économies sur le dos des personnels. Il est en effet plus facile de justifier une réponse négative quand cette dernière est imputée à un tiers.
Pour rappel, la décision du conseil médical est consultative. Au final, c’est bien l’établissement qui est le seul décisionnaire.
Par ailleurs, l’établissement ne va pas à contre-pied du conseil médical ministériel quand la réponse l’arrange.
Nous avons pu constater dernièrement sur un dossier qui a été voté à l’unanimité comme relevant du fait accidentel que l’établissement remet en question le jugement du conseil ministériel. L’ensemble des personnes présente lors de ce conseil s’est étonné que ce dossier soit envoyé au conseil médical ministériel, jugeant que celui-ci ne pouvait pas être remis en cause.
Le conseil médical n’est pas une instance qui a pour vocation de légitimer les refus de traitement des établissements. Par ailleurs, au sens des représentants syndicaux de cette instance, le conseil médical ministériel a pour vocation de permettre un recours aux agents et un traitement plus équitable et plus humain de leurs dossiers.
Le traitement de ces dossiers ne peut pas se faire d’un point de vue purement budgétaire.
D’où tout l’intérêt de cette instance composée en partie de médecins. Il serait donc appréciable que cette instance soit consultée pour son équité dans le traitement médical des dossiers et non dans l’espoir qu’elle soit partiale au bénéfice des établissements.
Nous rappelons que les accidents de travail et de trajet sont entièrement pris en charge par l’employeur pour tous les frais médicaux engagés. Aucunes journées de carences ne sont retenues, l’agent perçois son traitement à 100%. La suppression de 10% du traitement n’est pas applicable dans ce cadre.
En cette fin d ‘année universitaire les arbitrages sur les dotations d‘heures pour les emplois étudiants sont rendus. Le verdict est clair comme tout, ceux-ci sont mangés à la sauce de l‘austérité.
Mais qu‘est-ce qu’un emploi étudiant ?
C ‘est un dispositif qui contribue à la lutte contre la précarité étudiante et à la réussite étudiante. Un emploi étudiant est un emploi à temps partiel proposé à un étudiant et dont les missions concourent à l ‘aide à la réussite étudiante.
C ‘est donc un dispositif par exemple, la tenue des salles proposant en libre-service des ordinateurs disposant de logiciels dont les licences coûtent chères et dont les étudiants ont besoin.
Compte tenu des diminutions drastiques l ‘ouverture de ces salles sera fera sur certains site 3 jours par semaine au lieu de 5 et 6 heures par jours au lieu de 8.
Pour les étudiants c ‘est la double peine : moins d’aide à la réussite et moins de soutien aux étudiants qui ont besoin de ces emplois pour survivre et pouvoir suivre leurs études.
Ces choix ne sont pas acceptables d’autant plus que notre présidente explique qu‘elle est pour un revenu universel pour les étudiants. Nous voulons des actes qui aillent dans ce sens et non une langue de bois.
La FSI par la voix du directeur de la DFIPVE demande au chefs de service d’assurer la gestion RH des emplois étudiants et leur suggère pour se faciliter la tâche d‘éviter d’attribuer les emplois étudiants aux étudiants étrangers ayant des problèmes avec leur titre de séjour. Est-ce la stratégie officielle de Sorbonne Université ?
Il est vrai que nous n‘avons pas de texte clair de la présidence sur l‘augmentation des droits d‘inscription pour les étudiants extracommunautaires comme l’a fait le président de Paris Cité.
Plutôt que ces suggestions honteuses, nous demandons que Sorbonne Université, comme l‘a fait l‘université de Caen Normandie, passe des accords avec les préfectures de Paris et d‘Ile de France pour que les titres de séjour soient délivrés pour la durée des études et que les délais de renouvellement ne mettent pas en péril la poursuite des études des étudiants extracommunautaires.
Assez de langue de bois, du courage !
L’université nous offre une fête un après-midi par an pour, disait l‘invitation rencontrer autrement nos collègues.
Nous aimerions pendant les 364 autres jours que la présidente vienne nous rencontrer « autrement » c ‘est à dire que vous veniez voir la réalité de nos conditions de travail ; voir les effets des managements qui méconnaissent de plus en plus la réalité de notre travail et donc n‘est pas bien traitant.
Nous aimerions que la convivialité de la fête n‘occulte pas le manque de démocratie dans notre université :
– les nouveaux statuts des facultés proposé par les assemblées provisoires des facultés ne règlent aucun des problèmes des facultés et les différents projets proposés n‘ont pas été soumis aux votes
– le manque de transparence autour des promotions des personnels
– l ‘absence de vraies discussions dans les instances sur la stratégie de notre université et sa mise en œuvre au quotidien dans un contexte d’austérité et de menaces grandissantes sur le service public de l ‘enseignement supérieur public.