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Hier soir à 20h, la présidence de l’université annonçait la fermeture pour la semaine des campus aux étudiant.es et personnels.
Sur le fond, cette énième fermeture, cette fois prolongée, constitue une nouvelle rétorsion à l’encontre du mouvement social. Comment en effet croire que la "sécurité des personnes et des biens" constitue la motivation première de cette décision ?
Hier, les étudiant·es qui occupaient le campus de Rachais pacifiquement ont été expulsé·es par la force, via l’appel à la police. Pourtant, comme le rapporte Sud Éducation, personne n’était menacé et aucune dégradation n’a été commise. Seule la police était menaçante.
Au final, avec cette fermeture prolongée, la victime est bel et bien le droit des étudiant·es et personnels de se réunir, de débattre et de s’exprimer sur les campus. De même, les AG prévues cette semaine par la CGT et Sud n’auront pas lieu en présentiel : nous avions pourtant déposé une heure d’information syndicale et réservé l’amphi Aubrac, l’atteinte aux libertés d’aller et venir et aux libertés syndicales est ici flagrante !
Au vu de ces deux dernières semaines, on peut donc douter que l’"attachement à maintenir les campus les plus ouverts possibles" revendiqué par la présidence soit autre chose que des larmes de crocodile bien peu sincères. En clair : "Courage, fermons !".
Sur la temporalité, cette fermeture prolongée est désastreuse puisqu’elle survient le même jour que l’envoi d’une lettre du ministre de l’enseignement supérieur aux présidences d’université. Entre les lignes, cette lettre (en PJ) les enjoint à éteindre la mobilisation en fermant les campus et en recourant au distanciel. La lettre est une piètre tentative, qui plus est mal argumentée, de légitimer juridiquement de telles pratiques autoritaires. Rappelons de nouveau que la mise en place de cours en distanciel est strictement encadrée, tout comme le télétravail.
C’est peu dire que l’application zélée de ces directives par la direction de Lyon 2 ne s’est pas faite attendre ! Celle-ci espère sans doute quémander quelques bouts de chandelle supplémentaires dans le COMP de l’établissement en cours de discussion.
On ne doute pas en outre que la direction de l’établissement soit branchée au canal préfectoral et que des "consignes" du même acabit soient aussi données par ce biais. Il y a fort à parier aussi que les membres de France Université s’incitent mutuellement à la docilité à l’égard des différentes consignes gouvernementales, tout en répétant jusqu’à l’écœurement : "autonomie des universités, autonomie !". On leur suggère de renommer leur lobby patronal en "France Université fermée", pour plus de cohérence avec la réalité !
Sur la forme enfin, la CGT dénonce une fermeture administrative annoncée sans aucun respect des formes du droit : on cherchera en vain en effet un arrêté de la présidence sur l’intranet, il faudra donc se contenter d’une simple missive princière. Nous le redisons : cette fermeture est la déclinaison de la politique autoritaire du gouvernement en matière de réponse aux mouvement sociaux ces dernières années. Que restera-t-il à faire au Rassemblement National s’il accède à l’Elysée dès lors que sa politique aura déjà été mise en place par d’autres ? Il est minuit moins une face à de tels Irresponsables.
En définitive, la stratégie est claire : faire pourrir le mouvement en fermant les campus, mettre tout le monde derrière la visio au mépris des conditions de travail, d’enseignement et d’apprentissage, et espérer que les vacances universitaires mettent un coup d’arrêt à la contestation en cours.
On ne lâchera rien ! Nous demandons à l’Université de rendre disponible l’amphithéâtre Aubrac pour l’AG des personnels tel qu’envisagé initialement aujourd’hui de 12h à 14h. Rappelons qu’aujourd’hui la MILC est ouverte pour les Assises de l’Université, on ne voit pas pourquoi Aubrac ne pourrait pas être ouvert aussi ! Nous déposerons les recours nécessaires.
La CGT Lyon 2