"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"

Menu ☰

Accueil > Syndicats > Auvergne-Rhône-Alpes > Université Lyon 2 • Lumière > Communiqués CGT Lyon 2

jeudi 2 juillet 2026

Communiqués CGT Lyon 2

Soutien à notre collègue écartée d’un poste à l’Institut catholique de Paris !

La CGT Lyon 2 souhaite exprimer son soutien plein et entier à une collègue docteure en science politique diplômée de l’Université Lyon 2, ancienne ATER de cette université, et membre associée au Laboratoire Triangle.

Notre collègue a candidaté cette année à un poste de « maîtresse de conférences » en science politique à l’Institut catholique de Paris (ICP), institution d’enseignement supérieur privée et confessionnelle. Pour ses qualités professionnelles, scientifiques et humaines, elle a été classée 1ère par un jury composé d’enseignant·es-chercheur·ses internes à l’établissement, et de membres externes, par ailleurs titulaires en poste dans des universités publiques (mais qu’allaient-iels faire dans cette galère ?!).

Mais ce classement a été cassé par le recteur de l’ICP, et notre collègue écartée du recrutement. A ce jour, aucune raison formalisée, écrite et motivée ne lui a été donnée pour expliquer cette décision, qui nous apparaît comme une grande violence. Une telle mise à l’écart est d’autant plus intolérable que son motif serait « politique », d’après un communiqué de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique (OALA) en date du 01/07/26. La CGT rappelle que la discrimination en raison d’opinions politiques est strictement prohibée, aussi bien par le Code du travail (article L1132-1) que par le Code pénal (article L225-1).

« L’esprit grand ouvert sur le monde », tel est le slogan de l’ICP : vraiment ?

Le cas de notre collègue illustre malheureusement les conséquences délétères de la privatisation de l’enseignement supérieur, privatisation qu’il n’est même plus possible de qualifier de rampante tant les vannes ont été ouvertes ces dernières années. Selon les derniers chiffres disponibles, environ 800 000 étudiant·es sont inscrit·es dans le privé (26,5% des effectifs totaux en France), contre moins de 500 000 dix ans plus tôt ! Voilà le beau bilan du Macronisme.

Cette privatisation de l’enseignement supérieur est la conséquence directe de l’absence de toute régulation du secteur privé d’une part, et de la paupérisation assumée des universités publiques résultant des politiques budgétaires austéritaires d’autre part. Cette austérité pousse les docteur·es précaires à se tourner vers des postes dans des institutions privées, non de gaîté de cœur, mais faute de postes dans le public. Elle pousse aussi les étudiant·es à se ruiner en frais d’inscription exorbitants pour enrichir ces établissements privés.

Or, le cas de notre collègue montre bien que ces institutions privées sont loin d’offrir les mêmes garanties que les universités publiques ! Certes, le privé s’échine à singer le public en utilisant les mêmes termes (« maître de conférences ») et en mettant en scène des procédures similaires (fiches de poste, jury de recrutement, membres internes et externes, classement). Mais en définitive, ce mimétisme ne semble que de façade, ou en tout cas bien peu de choses face à la liberté d’embauche du patron de l’établissement, que garantit le droit privé, a contrario de la souveraineté des jurys dans la fonction publique. Ce qui ne signifie pas que tout est parfait et irréprochable dans les recrutements publics, loin s’en faut…

Plus généralement, il faut rappeler que ces institutions privées emploient des enseignant·es-chercheur·ses sous le régime du salariat, et donc de la subordination, dont on sait qu’elle contraint fortement la liberté d’expression. Dans ce régime, la liberté académique tout comme la liberté pédagogique, soit deux principes fondamentaux de la recherche et de l’enseignement, ne sont pas garanties en droit et en fait à la même hauteur que dans le public.

Au contraire, un établissement comme l’ICP dispose d’une « charte des valeurs » qui rappelle que « les membres de la communauté universitaire de l’ICP s’engagent à adhérer au projet de l’ICP, à le respecter, à le mettre en œuvre et à le promouvoir au niveau qui leur est propre ». Ce projet n’est pas celui de la recherche absolue de la vérité scientifique, mais de participer « de manière originale à la mission d’évangélisation de l’Eglise catholique », comme l’énonce le premier paragraphe de ladite charte.

A Lyon aussi, la vigilance est de mise

Le cas de l’ICP n’est pas isolé : plus proche de nous, l’Université catholique de Lyon (Ucly) dispose d’une charte du même acabit et pose donc les mêmes problématiques de privatisation de l’enseignement supérieur et de la recherche à l’échelle du site lyonnais. Plus inquiétant encore, l’Université Lyon 2 a des partenariats avec l’Ucly concernant certains diplômes, le public faisant ainsi le lit du privé !

La CGT rappelle que son combat fondamental est celui d’une université publique, gratuite, égalitaire, émancipatrice et laïque ! Pour combattre la privatisation de l’enseignement supérieur, la CGT revendique une régulation drastique et sévère du secteur : nous défendons le monopole de la collation des grades par l’État et la fin absolue de toute subvention publique et de toute publicité publique pour les établissements privés.

Enfin, pour la CGT, l’enjeu prioritaire est bien de saper les fondements de l’attractivité du secteur privé en mettant ENFIN un terme aux politiques de destruction de l’université publique qui sévissent depuis de trop nombreuses années : il faut créer massivement des postes pour les personnels, et des places dans les formations pour les étudiant·es !

Courage à notre collègue, courage aux précaires, courage à toutes et tous !

La CGT Lyon 2