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Le 29 janvier dernier, la présidence de l’Université Lyon 2 a envoyé un message au sujet des dégradations du campus commises à PDA. Si nous déplorons les menaces proférées à l’encontre de personnes, la CGT Lyon 2 estime que derrière une condamnation des dégradations du campus de Bron envoyée à l’ensemble des personnels et des étudiant·es, la présidence de l’université construit un discours de division et opère des confusions dangereuses sur la responsabilité des coupes budgétaires.
Nous pouvons lire dans cet envoi que "Le nettoyage mobilise par ailleurs nos personnels techniques qui doivent faire face à cette violence verbale dans l’exécution de leurs missions". Cette formulation entretient une ambiguïté malsaine : on pourrait croire que ces personnels ont été agressés verbalement par des étudiants et étudiantes, nourrissant une opposition entre les uns et les autres. En réalité, le propos est que les personnels chargés du nettoyage lisent des propos violents. La nuance n’est pourtant pas mince !
S’il faut parler de violence connue par le personnel technique, la CGT Lyon 2 préfère donc rappeler que le nettoyage de ces tags constitue une tâche supplémentaire alors que ces agent·es font déjà partie des personnels les plus précarisés à l’université : salaires au plus bas, enchaînement de contrats à durée déterminée, invisibilisation dans les politiques d’établissement et dans les instances, conditions de travail physiquement éprouvantes, etc. Cette violence et cette dégradation quotidiennes, ce sont celles du travail. Pourtant, la présidence ne semble entendre et souligner la difficulté de leurs conditions que lorsque cela lui est utile ! Pour ces personnels techniques qui doivent prendre en charge ces dégradations, comme pour tous les autres personnels précarisés de l’université, la CGT Lyon 2 revendique en premier lieu des contrats stables et des augmentations de salaire. Nous réaffirmons que nous ne sommes pas simplement un argument pratique à ressortir dans toute conflictualité politique, comme ce fut le cas lors des dernières interventions policières sur nos campus, une mesure qui était et reste proprement choquante et inacceptable.
La présidence chiffre par ailleurs le coût de ces nettoyages de tags et parle "de sommes très conséquentes alors même que notre établissement connaît aujourd’hui des restrictions budgétaires majeures". Effectivement, ces sommes sont conséquentes, cependant nous alertons sur ces restrictions budgétaires majeures depuis des années, et nous en faisons directement les frais. Pour nous comme pour les étudiants et étudiantes, ce ne sont pas que des tags sur les murs et les sols, ce sont des taux d’encadrement trop faibles, des salles bondées, des locaux pour certains dégradés, un SSE en sous-effectif qui ne peut plus accueillir d’étudiants et étudiantes, des licenciements collectifs au COSIE, des postes refusés, des postes non-renouvelés, des contrats précaires qui portent une large partie des activités de l’établissement, et à terme des personnels qui ne comptent plus leurs heures pour éponger les urgences quitte à y laisser leur santé.
Nos revendications n’ont jamais été reçues que par le déni, le silence ou, dans le cas des mobilisations étudiantes de l’année passées, la matraque. Peut-être est-ce parce que ces coupes budgétaires ne concernent pas la prime annuelle de la présidence, votée en octobre dernier pour un montant total de 106 667 euros, soit entre 4400 et 8800 euros par VP ? En voilà des sommes très conséquentes alors même que notre établissement connaît aujourd’hui des restrictions budgétaires majeures ! À l’heure où 690 millions d’euros ont été retirés à l’enseignement supérieur, nous réaffirmons notre attachement à une université dotée de moyens à la hauteur des besoins, où le travail gratuit n’est plus le seul élément qui lui permette de tenir debout.
La CGT Lyon 2 réaffirme son souhait d’une université libre, émancipatrice, ouverte à toutes et tous. Nous ne nous laisserons pas avoir par le piège de la division entre nous et toutes celles et ceux qui luttent dans cette optique.
La CGT Lyon 2