"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
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Depuis plusieurs jours, l’Université Lyon 2, ses personnels et ses étudiant.es font l’objet d’une campagne intolérable de dénigrement, menée de façon délibérée par l’extrême droite au niveau national et local.
L’université a été accusée « d’islamo-gauchisme » suite à plusieurs événements : 1. L’occupation, pacifique et autorisée, d’une salle par des étudiant-es ; 2. L’interdiction par la présidence d’une soirée de rupture du jeûne ouverte à tous-tes ; 3. L’interruption du cours d’un enseignant mis en cause pour ses positions politiques et opposé à la mobilisation étudiante. Les tensions ont été attisées par cet enseignant qui est intervenu dans des médias ou dans des émissions d’extrême droite, ce qui a déclenché une polémique nationale.
Cette polémique permet à l’extrême droite d’avancer son agenda raciste et islamophobe à travers l’idée que les universités, et en particulier celles de sciences humaines et sociales, seraient le terreau d’un "islamo-gauchisme". On sait qu’à l’instar du "wokisme", de telles catégories n’existent que dans les fantasmes obscurantistes de la fachosphère. Ces éléments de langage ont ensuite été repris par des syndicats d’extrême-droite et des enseignant.es d’extrême-droite sur Cnews et Europe 1.
Au sein des universités, aujourd’hui, ce sont nos missions fondamentales qui sont en danger : une recherche libre, un enseignement ouvert à toutes et tous et la construction de savoirs critiques insolubles dans une logique de marché.
La polémique ne saurait nous faire oublier que la difficulté majeure de Lyon 2 aujourd’hui, c’est le manque de moyens, comme les gels de postes, le non-renouvellements de CDD, la baisse du nombre de contrats et de postes mis au concours. Un plan de retour à l’équilibre est en cours d’élaboration par la présidence, la menace d’une mise sous tutelle du rectorat pointe à l’horizon, et le budget 2026 de notre établissement relève à ce stade d’une équation impossible. Nos réserves financières ne permettent plus de couvrir notre déficit chronique.
L’Université ne doit pas devenir le lieu de diffusion des idées et des pratiques de censure par l’extrême droite. Le problème à l’université n’est pas l"islamogauchisme", mais les offensives racistes et les coupes budgétaires.
Les syndicats CGT, FSU et Solidaires de Lyon 2