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mardi 3 mars 2026

CGT FERC Sup de l’Université Bordeaux Montaigne

Une nouvelle étape dans la mobilisation contre les coupes budgétaires à l’Université Bordeaux Montaigne

Environ 150 personnes se sont rassemblées devant le rectorat de Bordeaux le 26 février 2026 pour protester contre les coupes budgétaires à l’Université Bordeaux Montaigne. Voici le texte lu par la CGT à cette occasion.

On a l’impression dans les échanges qu’on a eu avec la présidence jusqu’à présent qu’on est devant le fait accompli et que maintenant que le budget initial a été voté nous n’aurions plus d’autre choix que de mettre en place les coupes budgétaires qu’il implique, alors qu’une position de refus ferme n’est pas illégitime ou irresponsable.
L’acceptation de coupes budgétaires est dangereuse à court et moyen terme :

  • A court terme : le budget initial a été accueilli avec de fortes réserves par le rectorat, et de nouvelles économies sont à prévoir à la suite du budget rectificatif. A partir de quel montant de coupes on estime que ça devient inacceptable ? Ne rentrons pas dans ce jeu-là !
  • Et à moyen terme : quand bien même nous parviendrions à revenir à l’équilibre au prix d’économies massives, nous deviendrions juste une université de plus petite taille, pouvant accueillir moins d’étudiants, avec moins de personnels et dont la politique de recherche serait plus restreinte. Et rappelons le contexte national : la droite actuellement au pouvoir méprise l’enseignement supérieur public, c’est entendu, mais l’extrême droite en embuscade veut carrément l’abattre car on représente tout ce qu’elle déteste, notamment dans nos disciplines. Est-ce une bonne idée d’accepter de s’affaiblir avec une telle menace à l’horizon ?

Il faut rappeler que notre situation n’est pas due à une mauvaise gestion ou au fait que nous serions trop nombreux pour effectuer nos missions, mais au fait que le ministère ne nous donne pas les moyens d’effectuer notre travail dans de bonnes conditions. L’idée derrière ces coupes n’est pas de retrouver une gestion financière saine mais de nous forcer à diminuer durablement nos dépenses. Nous avons le droit d’être dans une position de refus face à une stratégie politique délibérée d’affaiblissement de l’enseignement supérieur public.

Alors, le risque est la mise sous tutelle par le rectorat : il faudrait donc accepter de faire nous-mêmes ce qu’aurait fait le rectorat à notre place, sous prétexte que les mesures imposées seraient plus dures. On nous dit : supprimez un quart de vos CDD, sinon ce sera davantage. C’est un chantage inacceptable, nous ne sommes pas de mauvais gestionnaires et la question de fond est politique, pas d’un simple et nécessaire ajustement administratif.

Ce qu’on nous propose c’est de faire le sale boulot nous-mêmes et à la fin on remerciera le rectorat de ne pas nous avoir mis sous tutelle. Jusqu’à quand va-t-on accepter de se faire piétiner de la sorte ? Nous sommes déjà sous une tutelle qui ne dit pas son nom !

France Universités et plusieurs présidents ont pris la parole dans la presse et ont tenté de mettre la pression pendant les débats budgétaires au Parlement. C’est très bien, mais soyons clairs, c’est visiblement insuffisant : nous devons prendre le relais par notre mobilisation dans les établissements. D’autant que notre situation n’est pas exceptionnelle : la totalité des universités ont voté des budgets déficitaires et des coupes budgétaires plus ou moins massives ont lieu un peu partout. Le 10 mars prochain une journée de mobilisation nationale aura lieu dans l’enseignement supérieur, c’est une prochaine étape !

Ce que nous dit la présidence, c’est que le budget initial a été voté et qu’on doit passer à la mise en place des économies qu’il implique. Pas si vite !

Au-delà des actions qui ont été votées en AG, on peut suivre deux principes simples :

  • Orienter nos revendications en direction du ministère et de l’acteur qui en est le représentant localement, le rectorat, qui nous abreuve de discours lénifiants dans le contexte du nouveau Contrat d’objectifs, de moyens et de performance (le fameux COMP à 100% qui donne plus de poids au rectorat pour déterminer nos moyens budgétaires). Son avis est très réservé sur le budget initial ? Ça tombe bien, le nôtre aussi. Le budget rectificatif va arriver très vite, mettons la pression pour obtenir les moyens dont nous avons besoin.
  • Ensuite, à l’échelle de l’établissement, la priorité est de refuser la baisse de la masse salariale, d’abord par solidarité avec les collègues menacés, ensuite parce qu’elle va fracturer la communauté et de manière pragmatique parce que chaque poste perdu sera très compliqué à récupérer à l’avenir.

Ne fuyons pas le rapport de force et assumons ensemble le conflit que l’on nous impose. Prochaine étape le 10 mars !