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jeudi 18 décembre 2025

CGT FERC Sup de l’Université Bordeaux Montaigne

Proposition de budget 2026 : nous refusons de creuser notre propre tombe

Face à une situation budgétaire déjà difficile l’an dernier, la présidence avait publié un communiqué indiquant les lignes politiques suivantes :

"Malgré ces perspectives budgétaires, j’ai décidé de maintenir un budget prévisionnel qui assume une campagne d’emplois courageuse car le gel des postes ne peut être la variable d’ajustement des dépenses nouvelles imposées par l’État [...] Nous nous engageons à améliorer notre fonctionnement et à accroître nos ressources propres. Mais ces efforts doivent servir à développer notre Université, à diversifier notre offre de formation et non à compenser la baisse des ressources que l’État se doit d’affecter à nos missions de service public".

Les mots qui étaient valables l’an dernier ne le sont visiblement plus cette année. La proposition de budget initial 2026 comprend une série de mesures que l’on ne peut pas valider : absence de campagne d’emploi, "moratoire" sur la CDIsation anticipée, non-remplacement des enseignants-chercheurs partant à la retraite, baisse de la masse salariale, menaces de non-renouvellement de contrats pour les personnels en CDD et baisse massive des budgets de fonctionnement des services et composantes.

L’argument massue est qu’il faut à tout prix éviter la mise sous tutelle effective de l’université par le rectorat, alors que nous sommes de fait d’ores et déjà placés sous une tutelle qui ne dit pas son nom. Les collègues dont le contrat ne sera pas renouvelé ou CDIsé se consoleront en se disant que cela aura permis des coupes plus ciselées que si elles avaient été dictées par le rectorat... Rappelons le : la situation dans laquelle nous nous trouvons résulte de choix politiques répétés menant à l’affaiblissement délibéré de l’enseignement supérieur public, dont l’objectif assumé est la casse du service public, pendant que les établissements privés se développent avec la bienveillance du ministère.

La stratégie poursuivie jusqu’à présent par l’établissement est un échec cuisant, tirons-en les enseignements qui s’imposent. Notre situation est partagée par un nombre important d’universités et certaines ont fait le choix de résister, tâchons d’enclencher une dynamique politique collective pour inverser le rapport de force ! Alors qu’une partie du champ politique méprise ouvertement l’enseignement supérieur public, voire le désigne comme un ennemi à abattre, il serait périlleux de jouer le jeu de l’austérité en espérant des jours meilleurs dans les années qui viennent. Nous refusons de gérer la pénurie de moyens en devant arbitrer entre les postes que l’on devrait sacrifier, les formations que l’on fermerait et les services que l’on arrêterait.

Jusqu’à présent les universités ont été de "bons petits soldats" suivant les injonctions du rectorat en restreignant sagement les dépenses ; montrons au gouvernement que cette période est terminée. Seule la mobilisation de la communauté universitaire dans son ensemble permettra de stopper ces politiques qui tuent à petit feu l’enseignement supérieur public.

La CGT votera contre la proposition de budget lors du conseil d’administration de demain et proposera la tenue d’une assemblée générale intersyndicale à la rentrée.