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mercredi 14 octobre 2026

CGT FERC Sup de l’Université Bordeaux Montaigne

Manif des 15 et 17 octobre et positionnement sur le mouvement

De nouveau, une grande partie de nos bâtiments se retrouve fermée cette semaine, sans que l’on sache précisément dans quel cadre nous nous trouvons. Il ne s’agit pas d’une fermeture administrative puisque plusieurs bâtiments restent accessibles, et des consignes variées circulent parmi les collègues. Rappelons que le télétravail et les cours en distanciel obéissent à des règlementations précises et ne peuvent pas être imposés.

Pourtant, en l’absence de consignes claires et discutées en amont avec les représentant·es du personnel, ce sont les responsables hiérarchiques qui se retrouvent à devoir arbitrer au cas par cas quant à la poursuite du travail, avec inévitablement une grande disparité entre services et composantes. Notons que les conseils prévus cette semaine (CSAE, CFVU et CA) sont tous reportés, ce qui nous empêche précisément de délibérer sur ces sujets.

La fermeture expose particulièrement les personnels les plus précaires : lorsqu’un bâtiment est inaccessible, l’absence justifiée devrait être la situation de droit commun et le télétravail une possibilité ouverte à celles et ceux qui en font la demande. Nous demandons donc que le travail à distance soit proposé et non imposé, aucun agent n’ayant à justifier de ne pas y recourir s’il n’est pas prévu par une convention individuelle. Des collègues ne doivent pas non plus se voir imposer de venir travailler dans d’autres bâtiments alors que leurs missions nécessitent l’accès à du matériel spécifique inaccessible. De même, pour un·e vacataire, un ATER ou un·e doctorant·e contractuel·le, un enseignement non assuré peut se traduire par une heure non rémunérée, ce qui crée une pression de fait à assurer son cours à distance. Nous demandons de garantir qu’aucun·e enseignant·e ne subira de perte de rémunération du fait des enseignements non assurés pendant la fermeture. Nous demandons également que le service soit réputé fait pour toustes les moniteur·rices étudiant·es dans tous les services impactés par les fermetures.

Au-delà de ces questions, nous avons aussi besoin d’une clarification politique. Cette situation pose évidemment un grand nombre de difficultés : conditions de travail dégradées, accumulation de tâches pour une partie du personnel (organisation logistique du report des cours, remise en état des bâtiments), cours à distance pour tenter de maintenir coûte que coûte un lien avec les étudiant·es, etc. Bien sûr, nous souhaiterions pouvoir retrouver un espace d’échange et un campus ouvert où pourrait notamment se tenir une assemblée générale dans de bonnes conditions. Le ministère ne s’y trompe pas et recommande d’ailleurs aux président·es de fermer les campus dès que la mobilisation y est trop conséquente, avec l’idée certaine de tenter d’étouffer le mouvement.

Mais soyons lucides : le mouvement actuel dépasse la situation de notre seule université, les blocages inédits de plusieurs établissements – dont l’Université de Bordeaux – le prouvent amplement. Une grande partie des campus du pays fait désormais l’objet d’occupations chaque semaine et tenter dans ce contexte de reprendre le travail et les cours comme si de rien n’était est illusoire. Nous ne sommes pas dans le cadre d’un mouvement habituel, avec une liste de revendications cadrée et des négociations entre personnes mobilisées et présidence de l’établissement.

Pour une partie du mouvement, ces interrogations sont hors sujet : les revendications portées sont désormais plus larges que de simples ajustements budgétaires. Le mouvement social tend à devenir insurrectionnel à bien des égards, et il faut avoir la mémoire courte pour s’en scandaliser après des années de mépris gouvernemental et de violences policières.

Localement, les conséquences de l’austérité budgétaire ont fait l’objet d’une forte contestation ces derniers mois, sans parvenir à perturber la conviction de notre présidence que seul un dialogue policé avec le rectorat nous sortirait de l’ornière. Ne feignons pas de nous étonner de voir la situation échapper à toute tentative de contrôle ou d’encadrement après avoir refusé les stratégies sortant de ce cadre restrictif. A force de fuir le rapport de force, il finit par s’imposer à nous de manière plus brutale.

Alors ne nous payons pas de mots : l’université soutient le mouvement ? Assumons-le pleinement. Nous le répétons : le mouvement actuel représente une opportunité unique d’influer fortement et durablement sur les politiques éducatives et de stopper la politique de casse sociale poursuivie depuis des années. Alors que l’extrême droite, ennemie déclarée de l’université publique, est aux portes du pouvoir, la lutte actuelle est cruciale.

Si nous voulons retrouver un campus ouvert et pouvoir échanger entre nous, assumons le choix d’impliquer pleinement notre communauté universitaire dans le mouvement. Participons aux manifestations en banalisant les journées de mobilisation, organisons des assemblées générales (de TOUTE la communauté universitaire, dans un amphi mis à disposition par l’Université), participons à l’initiative de l’Université Populaire  : ce n’est qu’avec un positionnement politique explicite de notre établissement que nous pourrons éviter des fermetures intempestives et chaotiques et prévenir la crainte de dégradations des locaux.

Nous vous appelons à la grève et à la manifestation demain jeudi 15 octobre (rendez-vous à 13h porte de Bourgogne) et samedi 17 octobre (14h place de la Bourse).