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mardi 29 septembre 2026

Sciences Po Bordeaux

Lettre ouverte au ministere enseignement superieur et de la recherche

Lettre ouverte au ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche

Monsieur le Ministre,
Nous vous demandons solennellement de mettre fin à une situation qui n’a que trop duré.
Le 26 juin 2026, le conseil d’administration de Sciences Po Bordeaux a proposé Gilles Pinson à la direction de l’établissement, à l’issue d’une procédure de sélection et d’un vote particulièrement clair : 20 voix pour et un vote blanc.
Pourtant, près de trois mois plus tard, l’arrêté ministériel de nomination du nouveau directeur de Sciences Po Bordeaux n’a toujours pas été publié. Gilles Pinson n’a donc toujours pas pu prendre ses fonctions, tandis que la direction sortante assure l’intérim.
Cette situation est profondément préoccupante.
La nomination d’un directeur d’un établissement d’enseignement supérieur ne peut devenir l’objet d’un interminable processus politique opaque. Une procédure démocratique a eu lieu au sein de l’établissement. Une majorité très nette s’est dégagée. Le candidat retenu est un universitaire dont la candidature a été examinée dans le cadre institutionnel prévu à cet effet.
Dès lors, une question simple se pose : pourquoi l’arrêté n’est-il toujours pas publié ?
Le ministère a indiqué avoir saisi le collège de déontologie de l’enseignement supérieur. Cette démarche mérite naturellement d’être explicitée, d’autant que les raisons de cette saisine n’ont, à ce jour, pas été rendues publiques.
Mais elle ne saurait justifier que l’on laisse s’installer durablement le soupçon d’une décision dictée par des considérations étrangères aux règles normales de l’enseignement supérieur.
Car ce qui est aujourd’hui en jeu dépasse la seule personne de Gilles Pinson.
C’est l’autonomie des établissements universitaires, la liberté de leurs communautés académiques et la capacité de leurs instances à choisir leur direction qui sont concernées.
Nous refusons qu’une nomination universitaire puisse être bloquée, retardée ou fragilisée en raison de prises de position politiques supposées, de campagnes de pression ou d’interventions extérieures au processus institutionnel.
Nous refusons surtout que des pressions idéologiques, quelle qu’en soit l’origine, puissent peser sur une décision qui doit relever du droit, des compétences universitaires et des règles de gouvernance de l’établissement.
La République ne peut accepter que la menace d’une polémique politique suffise à faire hésiter l’administration lorsqu’il s’agit de respecter une procédure universitaire régulière.
L’université n’a pas vocation à être placée sous surveillance politique.
Elle doit être un lieu où l’on débat, où l’on conteste, où l’on argumente, où l’on peut défendre des positions différentes — mais où les nominations se décident conformément aux règles établies et non sous la pression de campagnes politiques.
Monsieur le Ministre, nous vous demandons donc :
• de rendre publiques les raisons précises du retard pris dans la publication de l’arrêté ;
• de préciser la nature et la portée de la saisine du collège de déontologie ;
• et de permettre que la procédure engagée par Sciences Po Bordeaux aboutisse dans le respect du choix exprimé par son conseil d’administration.
Le silence et l’attente prolongée nourrissent inévitablement les interrogations.
Vous avez aujourd’hui la possibilité de les dissiper.
Nous vous demandons donc de garantir la transparence de cette procédure et de faire respecter l’autonomie de Sciences Po Bordeaux.
Monsieur le Ministre, nous vous demandons de publier l’arrêté ou d’expliquer publiquement, précisément et juridiquement, pourquoi vous ne pouvez pas encore le faire.