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vendredi 13 février 2026

SPURCA-CGT
Université de Reims Champagne-Ardenne

La CGT déchiffre #1 — Frais d’inscription différenciés à l’URCA : les non-dits d’une politique de tri

Un verrou a sauté à l’URCA

Le 4 février 2026, l’ensemble de la communauté universitaire a été destinataire d’un mail « Flash INFO : Politique d’exonération des frais différenciés » annonçant, à demi-mots, que pour la première fois depuis 2019 et l’instauration du programme cyniquement nommé « Bienvenue en France », l’URCA appliquera les frais différenciés pour les étudiants dits extracommunautaires. Pour ces derniers, et uniquement pour ces derniers, les frais s’établiront désormais à 2 895 euros pour une année en cycle de Licence et 3 941 euros pour une année en cycle Master !

Cette décision politique, hautement préjudiciable aux étudiants concernés, est justifiée par un chiffre : 12 % des étudiants de l’URCA (hors boursiers) sont aujourd’hui exonérés du paiement des frais d’inscription, totalement ou partiellement, alors que le cadre réglementaire impose de ne pas dépasser un seuil de 10 % d’exonérations accordées.

Une précision s’impose d’emblée : le seuil a été dépassé à l’URCA au moins depuis l’année universitaire 2022-2023.

Ce qui n’est pas dit dans le Flash Info

Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’argumentaire de la direction, l’URCA n’exonère pas 12 % d’étudiants étrangers extracommunautaires (voir OpenData du ministère de l’ESR). En réalité, le taux d’exonération de ces étudiants se situe à moins de 8 %, soit en dessous du seuil de 10 % imposé par la réglementation. Les 4 % restants sont des exonérations accordées à des étudiants non internationaux et non boursiers. (Ces autres exonérations relèvent notamment des orientations stratégiques de l’établissement. Aucune information n’est disponible à l’URCA.)

Pourtant, dans le Flash Info, tout semble être l’affaire des étudiants extracommunautaires ! Ils sont implicitement présentés comme les seuls responsables du dépassement du seuil et de ce fait sont les seuls visés par la décision du CA !

Pire encore, par ce choix, l’URCA cible les étudiants qui paient les frais les plus élevés (plus de dix fois supérieurs à ceux acquittés par les autres étudiants de notre université).

La communauté peut désormais apprécier, en connaissance de cause, l’étrange conception de la justice sociale et de l’équité dont se réclame la direction de l’URCA !

La double peine des étudiants étrangers pour la rentrée 2026

La décision du CA arrive à un moment particulièrement délétère pour les étudiants étrangers extra européens. En plus de s’acquitter à l’URCA de frais exorbitants, ces étudiants vont subir de plein fouet la suppression des aides personnelles au logement ainsi que l’augmentation du coût du titre de séjour étudiant (+ 75 euros), deux mesures prévues dans le projet de loi de finances 2026.

Ces mesures ciblent une nouvelle fois exclusivement les étudiants étrangers non européens, dans un acharnement organisé à l’échelle nationale. Loin d’être isolées, elles s’inscrivent dans un agenda politique déjà à l’œuvre, faisant de ces étudiants un laboratoire de politiques dont demain l’ensemble de la communauté universitaire fera les frais.

La situation financière et sociale de nos étudiants va inexorablement se détériorer. En se retranchant derrière des impératifs gestionnaires, l’URCA ne fait qu’ajouter sa pierre à l’édifice d’un ensemble de mesures nationales visant systématiquement certaines populations étrangères.

Le SPURCA-CGT :

  • n’a pas participé au groupe de travail dont l’objet était, de fait, d’organiser le tri parmi les étudiants étrangers non-européens ;
  • refuse une université qui sélectionne par l’argent et par l’origine ;
  • demande au Président de renoncer à l’application des frais différenciés pour TOUS les étudiants extracommunautaires, comme il s’y était engagé en tant que candidat (cf. programme 2024 de la liste « Ensemble et en Confiance »).