Ce navigateur ne supporte pas CSS Grid layout !

Pour un Service public national d’Enseignement supérieur et de Recherche, laïque, démocratique et émancipateur

La CGT des établissements d'Enseignement supérieur et de Recherche

Préavis de grève du 23 mars au 19 avril 2020

Signez nos pétitions !

Menu ☰ Je me syndique ! Éspace militant

Accueil > Les dossiers > Statuts & Carrières > Traitements > Notation - Évaluation - Primes > Évaluation des enseignants-chercheurs

Évaluation des enseignants-chercheurs

samedi 10 septembre 2011

La lutte sur le statut des Enseignants-chercheurs continue

La nouvelle mission du CNU : derrière l’évaluation, la masse salariale

Le CNU est l’instance administrative qui, dans le cas spécifique des enseignants-chercheurs, se prononce “sur les mesures individuelles relatives à la qualification, au recrutement et à la carrière” (Décret n°92-70 du 16 janvier 1992 modifié, art.1). Jusqu’à ce jour, les élections du CNU pouvaient peut-être nous sembler, à nous les enseignants-chercheurs, relever d’un enjeu principalement
scientifique : il s’agissait de constituer une commission composée de collègues que nous estimions prêts à prendre le temps de lire et d’analyser les dossiers scientifiques des docteurs et des titulaires
de l’HDR (Habilitation à diriger les recherches) susceptibles de se présenter à un concours de recrutement, ainsi que ceux des collègues sollicitant une promotion ou un congé pour recherche.

Depuis la dernière élection du CNU, cependant, le paysage universitaire a été à ce point transformé par les réformes gouvernementales que le sens et l’action de cette instance en sont profondément transformés. En particulier, le CNU est en charge d’une nouvelle mission : il “procède à l’évaluation de l’ensemble des activités et de leur évolution éventuelle des enseignants-chercheurs” (sic),
évaluation devant désormais être “prise en compte pour les mesures relatives à la carrière des professeurs des universités et maîtres de conférences et à l’attribution de certaines primes et indemnités” (art 1). Nos élus seront dès lors sommés de procéder à l’évaluation de l’ensemble des collègues en poste, sur la base de l’obligation faite aux enseignants-chercheurs par le nouvel article 7-1 du décret de 1984 (modifié en avril 2009) de produire “au moins tous les quatre ans, et à chaque fois qu’il est candidat à une promotion, un rapport mentionnant l’ensemble de ses activités et leurs évolutions éventuelles”. Lors du mouvement historique de 2009, parmi les rares concessions arrachées, la communauté universitaire a en effet obtenu que cette nouvelle procédure d’évaluation soit au moins soumise à l’avis scientifique compétent des pairs et réalisée par une instance nationale élue. Ainsi évitait-on au moins que les présidents d’Université ne décident seuls, c’est-à-dire sans aptitude reconnue à juger du contenu scientifique, d’un classement sur lequel pourrait s’appuyer la modulation individuelle du service des enseignants-chercheurs. Le projet de fiche d’avis de l’actuelle commission permanente du CNU adopté en mars 2011 manifeste la volonté de faire
aboutir cette évaluation à un classement A / B / C de tous les enseignants-chercheurs : nos pairs seraient ainsi appelés, au sein des sections CNU, à accomplir eux-mêmes le travail de hiérarchisation de l’ensemble de la communauté des enseignants-chercheurs, offrant ainsi aux présidents des Universités autonomes une base - d’autant plus légitime qu’elle émanera de la profession elle-même - pour déterminer à qui des modulations de service pourront être proposées.

Ce qui, dans les établissements, permettra d’“inviter” celles et ceux qui auront été classés défavorablement à accepter une révision à la hausse de leur service d’enseignement pour optimiser la masse salariale et, à terme, la comprimer. La préoccupation alléguée de l’évaluation scientifique révèle son véritable motif : la hiérarchisation des personnels en vue de la compression de coûts.

- Lire et télécharger le document complet

CGT FERC Sup - 263 rue de Paris - Case 544 - 93515 Montreuil Cédex - Tél. : +33 155 82 76 28 - Fax : +33 149 88 07 43 - Courriel : ferc-sup@ferc.cgt.fr - Édition