"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
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En 2025, alors que les universités devraient être un levier de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ne déploie toujours pas les moyens nécessaires pour combattre durablement les inégalités de genre dont les agent·es et les étudiantes sont victimes.
Nos organisations appellent à faire du 8 mars une grande journée de grève et de mobilisation féministe dans le secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche par une mobilisation qui peut aller jusqu’à la grève. Nos organisations syndicales sont solidaires de toutes celles et tous ceux qui à travers le monde luttent contre le patriarcat. Face à la montée constante de l’extrême droite, il est également crucial de se mobiliser contre la progression des idéologies masculinistes qui menacent nos droits ainsi que contre le fémonationalisme qui détourne nos luttes à des fins xénophobes, racistes et LGBTlphobes instrumentalisant notamment les débats sur le port du voile à l’université pour criminaliser encore le corps des femmes.
Mettre fin aux inégalités de recrutement, de promotion et de salaires
Dans la fonction publique, les inégalités de recrutement, de promotion et salariales sont encore très importantes. Alors que les femmes représentent 60% des étudiant·es en Licence/Master, elles ne représentent plus que 46% des maîtres et maîtresses de conférence et 30% de professeur·es. Cette ségrégation entraîne des inégalités salariales importantes sur une carrière. Parmi les personnels assurant des fonctions de personnels des bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniques et sociaux et de santé (BIATSS), les femmes représentent plus des 2/3 des catégories B et C et sont sur-représentées parmi les personnels travaillant à temps partiel. Et que
dire des métiers externalisés tels que le nettoyage ! Elles sont aussi toujours les plus précaires et contractuelles. On retrouve des discriminations similaires au sein des organismes de recherche.
La part grandissante de primes dans la rémunération (régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel et régime indemnitaire pour les personnels enseignants et chercheurs) ne cesse de renforcer les inégalités salariales de genre et de précariser davantage les femmes.
Réforme des retraites : un pas en arrière dans l’autonomie financière des femmes !
La réforme des retraites a largement pénalisé les femmes car celles-ci ont des carrières plus hachées, des salaires plus bas et travaillent davantage à temps partiel, les écarts de pension sont de 38% en moyenne entre les hommes et les femmes. La forte mobilisation sociale a contraint le gouvernement à réouvrir le dossier des retraites : nos organisations syndicales dénoncent les injustices envers les femmes constitutives des réformes de 2003 et de 2023.
Garantir le droit à la santé des femmes
La santé des femmes reste un sujet encore trop ignoré. Il est temps pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de mettre en place un congé menstruel : 1 femme sur 10 souffre d’endométriose, près d’une femme sur deux dit souffrir de dysménorrhée (règles douloureuses) et 65% des femmes salariées ont rencontré des difficultés liées à leurs règles au travail ou aux conséquences de la ménopause. Pourtant l’invisibilisation de ces questions au travail conduit à la normalisation des douleurs menstruelles, et à perpétuer le tabou des règles. Le jour de carence appliqué aux personnes menstruées qui ne peuvent aller travailler amplifie également les inégalités salariales. 47% des étudiant·es ont déjà manqué les cours à cause de leurs règles : il est urgent et crucial de de garantir à chaque étudiante un accès à des soins adaptés et abordables.
Lutter encore et toujours contre les violences sexistes et sexuelles au sein du ministère
Une femme sur trois est victime de harcèlement sexuel sur son lieu de travail au cours de sa vie. Et c’est 10% des étudiant·es qui déclarent avoir été victimes de violence sexuelle depuis leur arrivée dans l’enseignement supérieur. Les procédures prévues par la circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la fonction publique ne sont pas ou peu appliquées par le ministère. L’accord “Égalité entre les femmes et les hommes” dans la fonction publique explicite pourtant que les employeurs publics ont un devoir d’exemplarité en la matière. Les dispositifs de signalement et d’accompagnement de nos universités et des organismes de recherche manquent cruellement de moyens pour accompagner véritablement les victimes. Les personnes mises en cause pour violences sexistes et sexuelles doivent systématiquement être suspendues et les victimes doivent automatiquement bénéficier de la protection fonctionnelle.
Nos organisations revendiquent :