"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
Menu ☰Accueil > Les dossiers > Les instances > La FS-SSCT du CSA-MESR > FS-SSCT MESR - 21 septembre 2026 - Déclaration Liminaire FERC CGT
Vous le savez, nous le savons, cette rentrée dans l’ESR se fait sous le signe de l’austérité et de la précarité.
L’austérité budgétaire imposée par le désengagement de l’Etat depuis des années conduit à des restructurations et des réformes qui se sont multipliées à marche forcée, sans moyens ni évaluation des conséquences, et qui sont en train de devenir dramatiques et délétères pour les personnels.
- précarité des rémunérations : le gel du point d’indice est quasi systématique depuis 2000, il n’a pas suivi l’inflation, les salaires des personnels de l’ESR ont décroché avec une perte de pouvoir d’achat de plus de 30 % en 25 ans. Comment peut-on s’en sortir avec des carrières totalement tassées, et des salaires qui restent autour du SMIC pendant des années ?
- Précarité de l’emploi : la précarité gangrène l’ESR. Elle nuit à l’accomplissement des missions, elle fragilise de plus en plus de services administratifs et techniques dans les établissements, elle dégrade les conditions de travail et les carrières de toutes et tous. 36% de contractuels tous statuts, près de 40% chez les personnels BIATSS, près de 160 000 vacataires enseignants là où on devrait recruter 27 000 EC.
- Précarité des conditions de travail enfin : au-delà de la précarité systématique voire systémique qui pèse sur les collectifs de travail, l’alourdissement des procédures, la multiplication des plateformes et des outils numériques sans cesse renouvelés sans consultation des utilisateurs·rices et pas toujours fonctionnels – les pratiques managériales inadaptées et désormais l’IA souvent imposée sans recul ni précaution – complexifient voire détruisent l’organisation du travail. Les réformes permanentes, menées sans concertation et sans jamais de bilan, les fermetures de formations, de laboratoires, les fusions d’établissements, de laboratoires, désorganisent le travail. L’exemple de la réforme de la formation des enseignant·es en est une illustration malheureuse : une réforme menée dans l’urgence, sans concertation, et à moyens constants, qui mène fatalement à la perte de sens au travail et au mal-être des personnels et à la détresse des étudiant·es.
Les collègues exposent leur santé physique et mentale au quotidien pour continuer à faire fonctionner tant bien que mal un service public à l’abandon.
La question des bâtiments universitaires et de ceux des EPST est également un enjeu de taille, particulièrement frappant alors que nous sortons d’un été caniculaire éprouvant avec des fermetures d’établissements pour cause des conditions de travail insupportables.
Nous l’avons vu lors du dernier GT, la somme des alertes que nos organisations vous demandent d’intégrer dans les OSM 2027 montre à quel point la situation est grave. Et nous l’avons vu tout au long de ce mandat, le nombre d’avis portés à l’unanimité par nos organisations sur l’état de nos établissements et surtout de nos collègues, devrait imposer au Ministère une réaction à la hauteur (nous avons alerté sur les CROUS, la question du prion, les cellules d’alerte, les comités médicaux, les bilans SST, ATMP, Handicap, les OSM…). Où allons-nous ?
Nous allons en parler en séance, mais prenons l’exemple du document préparatoire que nous avons reçu sur le point à l’OJ "bilan sur les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur et la recherche" : il est symptomatique de l’inaction dans laquelle nous nous trouvons, dans laquelle vous vous trouvez : nous avons voté pourtant plusieurs avis sur la souffrance et l’état d’épuisement professionnel des personnels des missions égalité des établissements de l’ESR, alerte également relayée via une motion votée à l’unanimité par le CNESER, "STOP à la politique d’affichage du MESR en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles !". Notre dernier avis date de mars dernier (Avis 5.1). D’ailleurs, quelle a été votre réponse à cet avis ? Nous ne l’avons pas reçu.
Un doublement du budget du plan VSS était prévu dès 2023, mais fin 2025 aucun établissement n’avait perçu le moindre centime du MESR pour mettre en place sur le terrain les nouveaux dispositifs réglementaires, alors même qu’on demandait aux personnels des missions égalité, déjà à bout et débordés, de prendre en charge, sans aucun moyen supplémentaire, de nouveaux domaines d’actions.
Le document transmis aujourd’hui ne mentionne pas une seule fois les personnels travaillant dans ces dispositifs, combien sont-ils, sont-elles, combien de postes de titulaires a-t-on créés, combien de collègues en burn out ? En arrêt maladie, combien ont démissionné ? Quel budget le ministère a réellement mis sur cette question ? On vous laisse relire nos avis de mars, juillet 2025 et mars 2026.
Ce n’est pas un bilan, c’est indécent. Et c’est faire l’autruche en produisant des camemberts sans se soucier du réel du travail et de la souffrance de nos collègues, camemberts par ailleurs inutilisables, tant les limites méthodologiques y sont réelles.
Nous avons longuement réfléchi à la question de siéger ou pas aujourd’hui : quand la situation est si catastrophique pour nos collègues, que le ministère ne respecte même pas ses obligations réglementaires en termes de délai de transmission des documents, rien ne va plus. Nous n’avons cessé d’alerter là-dessus pendant tout ce mandat, en décembre 2023, en décembre 2024, en juillet 2025 par des avis, et à chaque séance également, sur les dysfonctionnements de l’instance : le temps y tourne toujours au ralenti. Vous devez aux personnels de notre ministère de faire changer cela, la loi vous l’impose.