"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
Menu ☰Accueil > Les dossiers > Enseignement supérieur > Enseignement supérieur privé > Enseignement supérieur privé lucratif : l’IGESR donne raison à la FERC Sup
Dans l’actualité relative à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, il est souvent question de l’enseignement supérieur privé.
En juin dernier, l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) et l’Inspection Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (IGESR) ont publié un rapport sur le développement de l’enseignement supérieur privé lucratif. Voici quelques extraits de la synthèse de ce rapport :
Pour résumer, l’enseignement supérieur privé lucratif vit de fonds publics, a des pratiques commerciales douteuses, pour des formations aux qualités tout aussi douteuses et mal contrôlées par l’État souvent en direction d’apprenti·es dont les conditions de travail sont souvent déplorables (https://www.ferc-cgt.org/communique-les-jeunes-ne-sont-pas-de-la-main-d-oeuvre-employable-et-jetable).
Si nous partageons certaines recommandations du rapport, comme par exemple « supprimer la procédure de visa relative à la reconnaissance des titres et diplômes » [1] ou interdire les termes sources de confusion, en particulier « bachelor » et « mastère », nous ne les partageons pas toutes. Mais pour ce qui est du constat, ce rapport ressemble beaucoup à une synthèse des interventions sur ce sujet de la CGT FERC Sup au CNESER !
L’IGESR nous donne donc raison, toutefois rien n’arrête le « ruissellement » de l’argent public vers le privé lucratif. Plutôt que la gabegie du financement de ces formations aux qualités pour le moins incertaines, l’argent public serait bien mieux utilisé à financer des formations à la qualité reconnue et sérieusement contrôlée par les pair·es et par l’État, à savoir celles des établissements publics d’enseignement supérieur.
L’utilisation des fonds dévolus au privé vers le public permettrait non seulement de résoudre les difficultés budgétaires des universités, mais également de régler la question de l’augmentation des frais d’inscription et d’éviter ainsi que les étudiant·es s’endettent dans des parcours de formations pour le moins hasardeux. En effet, si l’enseignement supérieur est un service public, et donc d’une relative gratuité pour les étudiants et étudiantes grâce à la prise en charge par la collectivité, c’est que l’élévation de niveau général de qualification n’est pas seulement un service qui leur est rendu individuellement, mais aussi un bien collectif pour l’ensemble de la société.
[1] Le Ministère de l’enseignement supérieur dispose de deux possibilités de reconnaissance des diplômes privés : soit l’attribution d’un grade (licence ou master) qui reconnaît un niveau de qualification, soit la procédure de visa, qui consiste à faire signer les diplômes par le recteur.