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Menu ☰Accueil > l’Echo du Sup > Echo du Sup - Numéro 11 - Juin 2026 - L’IA dans l’ESR ou l’ESR dans l’IA ? > Revendiquer l’approche travail-santé avant l’installation de l’IA dans son (…)
La quasi-totalité des camarades s’exprimant sur le fil cite l’approche travail-santé comme une base indispensable et précieuse pour traiter de tout projet d’introduction de l’IA. Celui-ci doit être obligatoirement soumis à l’avis de la formation spécialisée en matière de Santé, de Sécurité et de Conditions de travail (FS-SSCT) qui doit exiger que son déploiement, au même titre que toute autre nouvelle technologie, fasse l’objet d’une évaluation des risques et figure dans le DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels) de l’établissement. Qu’on soit d’accord ou pas avec ce nouvel outil qui envahit notre quotidien via nos smartphones et nos postes de travail, son usage en contexte professionnel doit respecter de nombreuses règles. Liberté pédagogique, évaluation des impacts sur les conditions de travail, la santé et la sécurité des agent·es, respect de leur droit de réserve, arguments éthiques, coûts énergétiques et écologiques visibilisés, politique RH et masse salariale, plan de formation des agent·es, diversité des contextes et cadre des usages (de l’administration, de la recherche et de l’enseignement), protection des données, etc., les FS-SSCT et les syndicats CGT doivent faire preuve d’une clarté revendicative sur ces sujets, sans être dans l’évitement ni le simple rejet, et rappeler au chef·fe d’établissement qu’apporter protection et sécurité des agent·es est une obligation légale [1].
Suite aux échanges sur le fil, la CGT de l’EHESS a rédigé un avis qui a été adopté au CSA (Comité social d’administration) à l’unanimité [2]. Nous reportons ici cet avis “Au sujet de la politique de l’EHESS sur les questions d’intelligence artificielle générative (IAGen) ” :
« Les représentant·es du personnel ont souhaité disposer d’une note sur la mise en œuvre des systèmes-experts avancés appelés « intelligence artificielle générative » (dont Large Language Models LLM) à l’EHESS. Faute de disposer de ce document avant l’instance, les représentant·es du personnel souhaitent recevoir les informations suivantes :
Plus généralement, les représentant·es du personnel demandent une harmonisation des normes au sein de l’établissement, notamment pour assurer la convergence entre le recueil des modalités de contrôle des connaissances et des compétences, d’un côté, et les textes régissant les mentions de masters et les formations doctorales, de l’autre ».
Cet avis peut servir d’appui aux camarades CGT pour demander aux mandaté·es des instances sociales (CSA et FS-SSCT) une évaluation globale des risques professionnels - y compris RPS - liés à l’introduction de ce nouvel outil à la fois sur le fonctionnement de l’établissement et sur tous les personnels concernés. Dans le contexte actuel de tension extrême des finances de nos établissements, il est à craindre que la généralisation de l’IA dans notre secteur résonne avec tous les plans de réduction d’effectifs, réalisés ces derniers mois, liés à l’essor de cette technologie dans le monde [4]. A voir la frénésie actuelle de nos tutelles autour des « gains de productivité » offerts par l’IA, nous devons demander de la transparence lorsqu’on nous parle de « réorganisation », de « plan de performance » ou d’« innovation » : autant de pratiques de gradation des exigences associée à l’évaluation et à la notation imposée pour augmenter le niveau de stress, et pousser au départ, à l’arrêt maladie ou à la démission…
[2] [Nous remercions Christelle Rabier qui nous a donné son accord pour reproduire cet avis]
[4] [A l’heure actuelle, 3,8 % de l’emploi est fragilisé par le déploiement de l’IA générative, selon une étude de la compagnie d’assurance-crédit Coface et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents (OEM) parue le 1er avril]