"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
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Un·e ATER occupe un poste de recherche et d’enseignement : à temps complet, il ou elle assure 192 h/TD d’enseignement annuel, à mi-temps 96 h/TD. Le premier a une rémunération nette d’environ 1800 euros/mois et le second de 1527 euros. Si l’ATER est un·e fonctionnaire détaché, il faut retirer jusqu’à 150 euros de ce salaire. L’ATER est recruté pour un an renouvelable une fois, trois fois s’il ou elle est fonctionnaire. C’est donc un poste précaire et mal rémunéré, que les jeunes chercheur·ses sont encouragés à prendre pour terminer leur doctorat après un contrat doctoral (rémunéré aujourd’hui 1900 euros nets sans charges de cours), cela en dépit de l’éloignement géographique des postes de leur lieu de résidence.
Il n’est pas rare en effet de prendre un·e ATER à Mulhouse en vivant à Paris, à Montpellier en vivant à Lyon. Souvent, le transport et l’hébergement ne sont pas ou peu défrayés : on ne prend parfois en charge que les abonnements, mais pas les billets achetés avec. L’ATER se retrouve donc souvent dans la situation suivante : il ou elle travaille d’avantage, son salaire baisse, il ou elle doit débourser 500 euros de transports et d’hébergement d’appoint par mois et ne se voit rembourser que 45 euros annuels sur sa Carte Avantages SNCF. Dans ce contexte, faire une année d’ATER, c’est travailler à perte dans le seul but d’améliorer son CV. Cela n’est possible que quand on est favorisé financièrement ou que l’on se rend dépendant·e d’un·e conjoint·e.
À cela s’ajoute une procédure de recrutement complexe et opaque. La campagne annuelle dure presque huit mois. Théoriquement centralisées sur la plateforme Galaxie, les candidatures nécessitent en fait de passer par les plateformes individuelles de chaque université. En fonction des disciplines, un·e aspirant·e ATER peut être amené à candidater à une soixantaine de postes dans une quarantaine d’établissements ; il ou elle doit alors à chaque fois s’inscrire sur une nouvelle plateforme et fournir des pièces tout à fait variables pour accompagner sa candidature. Ceci fait, le ou la candidat·e n’aura aucune information sur le déroulement des procédures de recrutement, aucune garantie sur leur transparence, et ne sera souvent pas notifié du refus qui lui est opposé.
Les conditions de travail et de recrutement décrites ci-dessus sont scandaleuses au regard de la qualification du poste et de l’exigence du travail demandé, mais aussi car elles correspondent à une baisse de salaire en cours de carrière pour de nombreux jeunes chercheur·ses. Elles ne sont possibles et acceptées que dans le contexte d’une dégradation générale des conditions de travail dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), du renforcement des logiques concurrentielles qui individualisent les salarié·es, et de la raréfaction des postes stables en son sein, en particulier à la suite de la Loi de Programmation de la Recherche de 2020. Aussi nos revendications s’inscrivent-elles dans un refus partagé par nombre de jeunes chercheur·ses de l’avenir qui leur est offert au sein de l’ESR. C’est pourquoi nous revendiquons, avec une amélioration de la rémunération des ATER et de leurs conditions de travail, l’ouverture en masse de postes d’ATER comme de titulaires. Les postes d’ATER remplacent souvent des postes de maître·sse de conférence, les mettant ainsi en concurrence lors de l’ouverture des postes : ceci ne saurait être toléré quand l’université manque cruellement d’enseignant·es, à la fois titulaires et pour effectuer les heures non remplies par leurs seuls services, et qu’il est si difficile pour les doctorant·es et les jeunes chercheur·ses de trouver des postes plus stables que les vacations. Pour améliorer les conditions de travail des ATER, voici nos revendications :
Le mouvement a émergé en janvier 2025 quand des doctorant·es de l’Université Sorbonne Nouvelle ont contacté le collectif doctorant·es local de la CGT : leurs revenus sont trop bas, et il est incompréhensible qu’on ne les ait pas augmentés comme ceux des doctorant·es contractuels. L’augmentation du revenu des doctorant·es contractuels à la suite de l’inflation qui a frappé l’ensemble des travailleur·ses après le COVID a été le fruit d’une lutte victorieuse qui a conduit à son augmentation de près de 500 euros depuis 2020. Il s’agissait cette fois d’obtenir une victoire non pas sur un type de poste dont le ministère cherche à défendre l’attractivité, mais sur un emploi auquel il veut substituer l’embauche massive de vacataires extrêmement précaires.
Pour obtenir cette victoire, nous avons organisé plusieurs assemblées générales à la Sorbonne Nouvelle qui ont démontré l’inquiétude profonde des doctorant·es vis-à-vis de leurs conditions de travail et de l’évolution de l’université vers un modèle individualisant toujours plus les travailleur·ses en les mettant en concurrence. Face à cela, nous avons vu s’exprimer au contraire le désire d’obtenir des améliorations par des démarches collectives.
Les assemblées s’élargissant au public de plusieurs universités ont permis de rassembler des non-syndiqués, des membres de l’ANCMSP, de Sud, qui participent à la lutte et la relaient, mais aussi des syndicats étudiants, comme la FSE et le Poing levé qui la soutiennent. À la suite de cela, le collectif Doctorant·es national de la CGT a pu constituer une équipe visant à coordonner la lutte. Des motions ont été proposées dans plusieurs universités, comme au Conseil d’Administration de l’Université de Rouen en mars 2025. Un avis présenté au CSA ministériel le 1er avril 2025 réclamant la revalorisation a même été voté à l’unanimité par l’ensemble des syndicats. Ce vote démontre un consensus qui, s’il ne touche pas le ministère, est néanmoins très net chez les travailleur·ses de l’ESR. Parmi les moyens à notre disposition (campagnes de communication et d’affichage, motions dans les assemblées, défense du statut en luttant contre l’irrégularité de certains contrats et les abus parfois pratiqués), s’appuyer sur le nombre s’est donc rapidement imposé comme le moyen le plus sûr de faire entendre notre cause.
Aussi avons-nous lancé le 1er novembre 2025 une pétition pour réclamer la revalorisation des ATER en présentant l’ensemble des revendications évoquées ci-dessus. Elle rassemble à ce jour plus de 1700 signatures. Nous appelons l’ensemble des salarié·es du supérieur à signer cette pétition, à la partager et à échanger avec leurs collègues au sujet des conditions de travail des ATER, mal connues d’une partie du corps enseignant.
Pour signer la pétition, rendez-vous ici : https://www.openpetition.eu/fr/petition/online/obtenons-la-revalorisation-des-ater