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Menu ☰Accueil > l’Echo du Sup > Echo du Sup - Numéro 10 - Février 2026 - Précarités dans l’ESR > Externalisation du personnel de ménage – une lutte quotidienne, des (…)
Dans l’ESR, l’externalisation du ménage est la règle. Les personnels, invisibilisé.es, sont souvent victimes de conditions de travail indignes et de maltraitance de la part de leur employeur. Les établissements sont souvent complices en sous-dimensionnant les marchés. La bataille syndicale est nécessaire pour défendre ces personnels et gagner.
À l’ENS de Lyon, nous rapportons une lutte quotidienne aux côtés de ces collègues invisibles dont les missions sont essentielles, une victoire contre un licenciement et des élu·es FSSSCT prêts à dégainer des DGI pour dénoncer leurs conditions de travail très dégradées.
Le « marché » de l’entretien est un marché très lucratif, précarisant, et source de très mauvaises conditions de travail [1]. A l’ENS de Lyon, deux nouveaux prestataires privés se sont partagés le gâteau depuis 2024, et mènent une politique visant, sans surprise, à augmenter leurs marges et bénéfices. Depuis 2024, on compte au moins sept femmes de ménage qui sont parties. La charge de travail de celles qui restent augmente considérablement, sans aucune compensation. Les cadences deviennent infernales et cela se ressent à la fois sur leurs conditions de travail et sur la qualité du ménage.
Pourtant l’administration de l’ENS, jure que le budget alloué au nettoyage n’a pas diminué. Alors on se rejette la balle, l’administration de l’ENS jugeant que l’organisation du travail ne relève pas de sa responsabilité et les boites de ménage affirment que l’ENS a demandé moins d’heures et donc moins de prestations…
Une pétition de soutien et de solidarité à ces travailleur et travailleuses organisée par la CGT a rassemblé plus de 1568 signataires dès l’arrivée de ces deux sociétés privées, car les collègues et étudiant.es ont pu se rendre compte du mauvais traitement subi par ces travailleuses ultra-précaires.
Des situations concrètes sont apparues :
Autres situations :
Voilà comment sont traités nos collègues complètement déshumanisés qui ont pourtant des missions essentielles dans notre établissement. Suite à nos interventions syndicales régulières et souvent victorieuses, tous les agents du ménage des deux sociétés privées se sont syndiqués à la CGT, comme le service sécurité, externalisé lui aussi.
Oui nous avons à faire à des patrons « voyous », avides de faire des bénéfices et nous devons sans cesse, requestionner nos employeurs, mettre le nez dans les contrats signés, échanger avec ces collègues que nous croisons tous les jours, et remettre sur la table la question de la réinternalisation.
Contre l’avis des personnels, des élu·es du CSA et des étudiant·es, la directrice décide en 2024 d’externaliser le ménage. Malgré de fortes mobilisations des étudiant·es, malgré une grève des personnels en Mars 2024, l’externalisation est actée en novembre 2024. Le géant Atalian gagne le marché.
Au menu pour les personnels qui sont restés : dégradation des conditions de travail, contrats de travail moins avantageux, perte d’ancienneté, clauses illégales constatées par l’inspection du travail en décembre 2024, paiement aléatoire des salaires, cadences impossibles à tenir. Non sans effets sur la santé mentale et physique des personnels de ménage, ni sur la qualité du service rendu : le marché a été largement sous-calibré.
En février 2025, après des années de relations très tendues entre la direction de l’école et ses étudiant·es et personnels, un nouveau directeur est nommé. Alors que celui-ci c’était engagé à rouvrir le dossier du ménage, Atalian décide de se retirer au bout d’un an du premier contrat. La mobilisation des étudiant·es et du personnel reprend pour la réinternalisation.
Après des négociations avec la direction, les élu·es du CSA obtiennent la réinternalisation partielle : trois postes (1 CDI et 2 CDD) sont ouverts, sur un statut de droit privé, et des « renforts » privés interviennent pour le nettoyage en soirée, les remises en état et les périodes de forte activité.
Mais, à l’approche de la fin du marché détenu par Atalian, la question de la situation des trois anciens agents restés n’est pas assurée. Une nouvelle mobilisation des étudiant·es en septembre 2025 permet d’arracher une nouvelle victoire : le directeur annonce par courriel à tout l’établissement que les trois agents seront repris avec un contrat de droit public.