"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
Menu ☰Accueil > l’Echo du Sup > Echo du Sup N° 9 - Patrimoine immobilier dans l’Enseignement Supérieur et la (…) > Pas de PPP au CNAM grâce à la mobilisation
En mars 2006, une soixantaine de personnes conduites par des organisations syndicales ont interrompu le conseil d’administration du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) qui devait examiner une solution pour la rénovation de son patrimoine immobilier. Réuni sous la présidence de Gérard Mestrallet (PDG de GDF-Suez devenu Enedis), le CA du Cnam devait notamment examiner les avantages et inconvénients de la conclusion éventuelle d’un contrat de partenariat public/privé (PPP) pour rénover et gérer ce patrimoine immobilier exceptionnel situé en plein cœur de Paris. L’établissement est installé sur le site de l’ancienne abbaye de Saint-Martin- des-Champs (XIIIe siècle) et le bâti s’est progressivement détérioré. La situation nécessitait « des études complexes » et des décisions urgentes pour trouver les moyens de rénover les bâtiments, de les mettre aux normes et de les gérer en apportant toutes les garanties de sécurité et de qualité indispensables au travail des utilisatrices et utilisateurs du Cnam et de ses personnels. Le Cnam était à cette période en « faillite », le fonds de roulement était au plus bas. Ces travaux portaient sur 115 millions d’euros selon la direction de l’époque. Mme Paye-Jeanneney (administratrice de 1998 à 2008) et le président du CA, M. Mestrallet proposaient, donc un PPP, car selon eux cela permettait une solution plus rapide pour débloquer les fonds nécessaires à cette rénovation. Selon la direction, le PPP n’était en aucun cas une privatisation des missions du Cnam. Ce projet porterait uniquement sur la rénovation des bâtiments, la gestion technique et la maintenance.
Et pourtant, il était indiqué que nous ne garderions que notre cœur de métier, c’est-à-dire l’enseignement et la recherche, laissant la possibilité aux opérateurs du privé de jouir des locaux à d’autres fins. Les syndicats du Cnam, la CGT en tête, se sont emparés emparés du sujet pour comprendre ce qui se cachait derrière ce montage et l’externalisation de certaines de nos missions. Après plusieurs assemblées des personnels, la direction voulant passer en force ce point, les personnels ont bloqué le conseil d’administration. Il a fallu attendre la nomination d’un nouvel administrateur, Christian Forestier (décédé cette année en août 2025) pour abandonner définitivement ce projet. Lors de cette mobilisation, le syndicat CGT FERC Sup du Cnam a fait appel à un conseiller confédéral pour nous aider à construire des revendications. Suite à notre demande, la confédération CGT a réuni un groupe PPP avec plusieurs fédérations pour alerter sur les risques des PPP.
Le PPP n’est jamais passé au Cnam grâce à la mobilisation des personnels. La lutte « paie » !