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vendredi 3 octobre 2025

Monuments historiques, monuments classés au sein de l’ESR

Le patrimoine immobilier de l’ESR, en dehors de certains monstres construits à la va-vite dans les années 70, contient aussi des pépites, qu’il s’agit de découvrir et de préserver dans le domaine public...
Christel Poher, Syndicat CGT FERC Sup du CNAM

Dans l’Enseignement supérieur et la recherche, il existe plus de 300 sites classés ou inscrits au registre des monuments historiques. 191 sont classés, 124 sont inscrits et 4 sont indiqués comme « classés et inscrits ». Ce patrimoine protégé représente une surface de 16,2 millions de m2.

Qui peut demander le classement d’un monument historique ? La demande de protection peut émaner du propriétaire du bien, de son affectataire ou de toute personne y ayant intérêt (collectivité territoriale, association de défense du patrimoine...). L’initiative de la protection peut aussi être prise par les services de l’État. Une des contraintes est que les travaux de restauration et d’entretien doivent respecter des normes strictes imposées par l’État et les Architectes des Bâtiments de France (ABF).

Quelle est la différence entre un bien inscrit et un monument classé ? Un bien inscrit ne peut être désinscrit, tandis qu’un monument classé peut être déclassé par décret du Conseil d’État, cela restant cependant très rare.

Selon la définition du ministère de la Culture, un monument historique est « un immeuble ou un objet mobilier, protégé (classé ou inscrit) pour son intérêt historique, artistique, architectural mais aussi technique ou scientifique, afin d’en assurer la conservation, la restauration et la mise en valeur ».

L’État est propriétaire de 65,8 % des bâtiments protégés contre 16,6 % qui appartiennent en propre à un établissement d’enseignement supérieur. Les 13,4 % restants sont détenus par des tiers.

Le propriétaire d’un monument historique bénéficie d’obligations mais aussi d’avantages, notamment financiers. Il peut recevoir des subventions pour des projets liés à l’étude, à l’entretien, à la réparation et à la restauration d’immeubles, ainsi que bénéficier de dispositifs fiscaux. La rénovation et le maintien de bâtiments classés entraînent des surcoûts sachant que 42 % sont dans un état « peu satisfaisant » et que l’État prévoit la dévolution des bâtiments, combien d’établissements d’enseignement supérieur auront les moyens de maintenir leurs bâtiments ?

L’état de santé des bâtiments rend compte de leur degré de vétusté. Il tient compte des éléments suivants : structure, façade, menuiseries extérieures, occultations, couverture, charpente, chauffage, climatisation, ventilation, plomberie, sanitaires, électricité (courants faibles et forts), équipements de sécurité, de sûreté, ascenseurs, voirie, réseaux divers... Tous les gros travaux sur monuments historiques sont soumis à autorisation. Le maître d’ouvrage des travaux est le propriétaire du monument. En fonction de la nature de ceux-ci, il doit confier la maîtrise d’œuvre de ces travaux à un architecte en chef des monuments historiques.

La région d’Île-de-France compte le plus de bâtiments classés aux monuments historiques soit 98 bâtiments. À Paris, une grande majorité est située dans le Ve arrondissement (le quartier latin), comme l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le Jardin des Plantes et sa ménagerie, le campus Buffon, l’ENS rue d’Ulm, et, dans d’autres arrondissements, le musée des Arts et Métiers et le réfectoire (bibliothèque centrale) du Cnam dans le 3e, le Couvent des Cordeliers (Université Paris Cité), l’École Polytechnique, la cité universitaire de Gentilly...

Progressivement anéantie entre 1791 et 1793, l’Université de Paris a disparu et avec elle quasiment tous les collèges qui en étaient la composante la plus visible dans le paysage de la capitale. Nombres d’entre eux avaient déjà été supprimés au cours du XVIIIe siècle, à la faveur de réformes et de regroupements. Il n’en reste quasiment plus rien à l’heure actuelle. Ce qui reste d’ancien à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, classée comme monument historique : la chapelle de la Sorbonne (1627-1642), construite sous Richelieu, avec son dôme baroque : c’est le plus ancien vestige majeur encore intact. Richelieu y est d’ailleurs enterré. Quelques murs et structures médiévales subsistent du collège fondé par Robert de Sorbon au XIIIᵉ siècle, même si la grande majorité a été reconstruite au XIXᵉ siècle.

En dehors de Paris, il y a l’ancienne université de Perpignan (Occitanie), l’université de Caen (Normandie), le palais Universitaire de Strasbourg, la faculté des Sciences Jean Perrin (Université d’Artois)...

En 2024, 53 biens français sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco : 44 biens culturels, 7 biens naturels et 2 biens mixtes. En France, aucun site ou bien universitaire ou scientifique n’en fait partie.

Profitez des journées du patrimoine en septembre pour visiter ces sites.