"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"

Menu ☰

Accueil > Syndicats > Provence-Alpes-Côte d’Azur > Université Aix-Marseille

lundi 8 décembre 2025

Site web du syndicat CGT de l’université Aix-Marseille

Demande du retrait de la "grande enquête étudiante" lancée par le président de l’université d’Aix Marseille

L’intersyndicale d’AMU demande le retrait de la "grande enquête étudiante" lancée par le président de l’université d’Aix Marseille

Lundi 24 novembre, tous·tes les enseignant·es et étudiant·es d’AMU ont reçu un mail du président d’AMU annonçant le lancement d’une "grande campagne" pour inciter les étudiant·es à voter et répondre à une "grande enquête pour connaître leur aspiration". Les résultats de cette enquête doivent être dévoilés dans « un grand forum-débat à Aix et à Marseille avec les candidat.es aux élections municipales », têtes de listes qui finalement auront la primeur de ces résultats !

Nous souhaitons ici exprimer notre très grande inquiétude et demander le retrait de cette enquête et campagne de communication à l’initiative du Président d’AMU et de sa gouvernance. En effet, cette annonce n’a donné lieu à aucune discussion préalable au sein de la communauté universitaire, ni auprès des élu.es dans les conseils centraux. Au-delà de ce contournement peu démocratique des instances universitaires, nous souhaiterions souligner les différents points problématiques autour de ce qui n’est pas une enquête sociologique, mais bien un sondage d’opinion dont l’objectif général et l’intérêt pour AMU au regard de ses missions de service public restent très flous :

  • Dans son mail envoyé aux enseignant.es, le président d’AMU leur demande de faire la promotion de cette enquête pendant leurs cours. Cette tâche ne fait pas partie des fonctions des enseignant·es et contrevient à leur liberté académique. Promouvoir une citoyenneté électoraliste est un choix de la présidence, et non un engagement de la communauté universitaire. Il est d’autant plus étonnant que le président d’AMU promeuve aujourd’hui la "citoyenneté électoraliste" alors qu’il a fait voter par sa majorité écrasante au Conseil d’Administration, l’interdiction d’examen de toute motion d’ordre "politique" par le CA d’AMU.
  • Sous couvert d’un message consensuel d’encouragement à la vie démocratique, l’initiative de ce sondage intervient dans la même temporalité que celui très controversé sur l’antisémitisme qui a été refusé par France Université et une large majorité de la communauté universitaire, et d’ailleurs stoppé le 28 novembre. De façon analogue, on retrouve une même méthodologie problématique (par exemple, positionnement politique entre 0 pour l’extrême gauche et 7 pour l’extrême droite) par le même institut de sondage (IFOP), et le recueil d’informations individuelles concernant la commune de résidence, la nationalité mais aussi d’autres informations sensibles sur le positionnement politique, la participation à des actions de désobéissance civile non violente. Au-delà des atteintes possibles à la vie privée, quelle est la justification pour AMU d’obtenir ce type d’information ?
  • L’objectif affiché de ce sondage est de faire part aux candidat.es aux municipales des attentes des étudiant.es pour qu’ils l’intègrent dans leur programme. Si l’Université est par vocation un espace d’expression et de débats politiques, elle n’a jamais été le lieu d’une valorisation des « programmes » partisans.

L’intersyndicale d’AMU demande l’arrêt de cette enquête, l’effacement des données déjà collectées, et donc l’annulation du forum prévu en février pour dévoiler les résultats de l’enquête à des candidat.es aux municipales.

Signataires : CFDT amU, CGT FERC Sup AMU, CNT 13, FO ESR, SNCS FSU, SNESUP FSU, Sud Education 13, Sud Recherche, Union Etudiante Aix-Marseille.