Ce navigateur ne supporte pas CSS Grid layout !

Pour un Service public national d’Enseignement supérieur et de Recherche, laïque, démocratique et émancipateur

La CGT des établissements d'Enseignement supérieur et de Recherche

Préavis de grève pour le mois de septembre 2020

Signez nos pétitions !

Menu ☰ Je me syndique ! Éspace militant

Accueil > Syndicats > Provence-Alpes-Côte d’Azur > Université Aix-Marseille

Site web du syndicat CGT de l’université Aix-Marseille

Congés et RTT à AMU

lundi 20 avril 2020

Lettre ouverte au Président de l’Université d’Aix-Marseille

Monsieur le Président,

En date du 7 avril vous avez adressé à l’ensemble des agent·es un message intitulé :
"Spécial virus COVID-19 n°7 - Lettre d’information du Président d’Aix-Marseille Université à l’ensemble de la communauté universitaire" dans lequel vous informez la communauté des dispositions mises en avant pour les congés de Pâques. Vous y indiquez avoir fait le choix de ne pas imposer de jours de congés ni retirer de RTT pour les personnel·les en ASA (Autorisation Spéciale d’Absence). Nous avons salué ce choix.

Cependant, ce même jour, une note de la DRH à destination des responsables de structures avait pour objet : "la gestion du temps de travail et des congés des agents durant la période de confinement, liée au COVID-19."
Le point 9 de cette note semble aller à l’encontre du principe général que vous avez établi de ne pas imposer de congés :
"Une structure peut-elle fermer et mettre en congés annuels ses agents ?Oui.
La période de confinement est sans effet sur les périodes de fermeture de l’établissement et de ses structures.

Pendant cette période, si le choix est fait par une structure de fermer purement et simplement, les agents sont automatiquement placés en congés".
Cela signifie clairement que les directions des structures d’AMU pourront faire le choix unilatéral de fermer ces structures et donc d’imposer des congés aux agent·es y travaillant. C’est une brèche dans laquelle vont entrer nombre de responsables de structures, à l’image de la directrice de l’IUT.

Par ailleurs, alors que le président de la République ne cesse de rendre hommage aux fonctionnaires, la dernière ordonnance du gouvernement est en totale contradiction avec ces discours lénifiants saluant l’engagement des personnel·les de la fonction publique. Par l’ordonnance n°2020-430, relative à la prise de jours de réduction du temps de travail ou de congés dans la fonction publique de l’Etat et la fonction publique territoriale au titre de la période d’urgence sanitaire, présentée en Conseil des Ministres mercredi 15 avril (et parue au Journal Officiel de la République Française le 16 avril), le gouvernement tente d’imposer jusqu’à 10 jours de congés et/ou RTT aux agent.es qui auront été en ASA et 5 jours de congés et/ou RTT aux agent.es qui auront été en télétravail ou assimilé durant la période de confinement .

Nous rappelons ici qu’en cette période de confinement, le non travail lié à notre "assignation à résidence" ne constitue en rien « des vacances » pour les agent·es, ni « des temps de repos significatifs ». Les agent·es qui vivent difficilement le confinement et qui se disent fatigué·es de cette situation le sont pour une grande partie non pas par le travail mais par le confinement, l’isolement, l’anxiété provoquée par la situation sanitaire.

Il en va de même pour les agent·es en ASA qui n’ont pas choisi cette situation et qui subissent également les conséquences liées au confinement. Les personnels ne sont pas responsables de leur situation de fragilité de santé, de garde d’enfants, d’exercer des tâches qui ne sont pas considérées comme "télétravaillables" ou de ne pas posséder le matériel informatique indispensable que l’administration aurait dû leur fournir obligatoirement. Encore une fois les plus nombreux à en faire les frais seront les femmes, et notamment celles employées sur des fonctions d’exécution.

Quant aux agent·es en télétravail, on estime qu’ils ne sont pas assez productifs, en transformant des jours télétravaillés en RTT. C’est encore une fois la preuve du mépris qu’a ce gouvernement pour les fonctionnaires, qui continuent à télétravailler le plus souvent dans des conditions difficiles et avec les moyens du bord.

C’est en cela que la CGT FERC Sup de l’Université d’Aix-Marseille refuse catégoriquement les mécanismes d’imposition de jours de congés ou RTT. Les salarié·es et les agent·es n’ont pas à payer les conséquences de cette crise dont elles et ils ne sont pas responsables.

Aussi Monsieur le président, nous souhaitons qu’un avenant à votre lettre informe les responsables de composantes qu’en cas de fermeture de leur structure durant la période de Pâques, en aucun cas des jours de congés ne pourraient être imposés aux agent·es. Nous vous demandons également de vous positionner quant à cette ordonnance gouvernementale puisque que vous en avez le pouvoir en tant que président d’université. Il ne serait pas acceptable de prôner la bienveillance d’un côté, et de faire payer aux agent·es les conséquences d’une crise sanitaire sans précédent de l’autre.

Bien cordialement,

Le bureau syndical CGT FERC Sup de l’Université d’Aix-Marseille

CGT FERC Sup - 263 rue de Paris - Case 544 - 93515 Montreuil Cédex - Tél. : +33 155 82 76 28 - Fax : +33 149 88 07 43 - Courriel : ferc-sup@ferc.cgt.fr - Édition