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Site web du syndicat CGT de l’université Aix-Marseille
L’organisation syndicale CGT FERC Sup de l’Université d’Aix-Marseille vous présente le dernier numéro de La Cégète.
| La Cégète de mars 2026 |
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L’université Aix-Marseille refuse d’accueillir l’économiste Gabriel Zucman sur le principe de la « neutralité » alors que cette lecture restrictive de la neutralité a déjà été désavouée juridiquement fin 2024 lorsque le juge des référés du Tribunal administratif de Marseille conclut qu’aborder des enjeux politiques, économiques ou internationaux ne sort pas du cadre des missions de l’université et que ce type de refus porte une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont les libertés d’expression et de réunion. Pourtant, dans le même temps, AMU a accueilli en octobre Rodolphe Saadé, PDG de CMA-CGM, acteur central du capitalisme mondialisé et proche du pouvoir exécutif, notamment d’Emmanuel Macron.
G. Zucman continue d’être accueilli dans plusieurs universités :
Nous transmettons les informations telles qu’elles nous ont été données :
La protection sociale complémentaire (PSC) se met en place au 1er mai 2026, avec la mutuelle santé, obligatoire et financée à 50 % par l’employeur, et la prévoyance collective et facultative, financée seulement à hauteur de 7€/mois (!) par l’employeur. Dans les deux cas, c’est la MGEN qui a remporté les deux marchés (pour une durée de 4 à 6 ans).
Mais la FERC CGT alerte sur 2 risques : la non‐couverture en prévoyance (qui peut avoir des conséquences dramatiques, cf. passage à 50 % de rémunération après 90 jours d’arrêt…), et le déséquilibre du régime (si seuls les plus âgé∙es ou les personnes à risque adhèrent).
En bref :
Au cours du mois de mars (pour l’ESR, c’est entre le 26 mars et le 31 mars), vous allez recevoir un mail pour la prévoyance collective, puis vous pourrez appeler la plateforme (09 72 72 16 17), pour ensuite recevoir un devis en ligne et adhérer à la prévoyance. Vous aurez 6 mois (jusqu’au 31 octobre) pour adhérer à la prévoyance collective sans questionnaire médical. Ce délai sera d’un an si vous possédez déjà une prévoyance chez un autre assureur : le temps d’arriver à l’échéance du contrat. Il n’y a pas de délai de carence lors de l’adhésion à la prévoyance collective. Et dans le même temps, comme c’est facultatif, la MGEN maintient ses offres individuelles de prévoyance et fait sa promotion…
Les transformations de l’université ne cessent de nous étonner et même de nous consterner.
Le croirez-vous ? Notre université récompense d’un bonus de 0,5 point, imputé à la moyenne de chaque BCC d’un semestre, les étudiant·es qui assisteront à au moins 14 de 16 conférences données à AMU par l’armée, sous la coupe d’un lieutenant-colonel "coordinateur et responsable zonal des relations avec l’enseignement supérieur au sein de la Cellule rayonnement de l’état-major de la Zone de Défense et de sécurité Sud à Marseille" (https://www.univ-amu.fr/fr/public/bonus-defense).
Il s’agit du bonus "Esprit de défense".
La publicité qui lui est donnée sur le site d’AMU est édifiante :
La publicité que reçoivent les étudiants laisse sans voix : "Vous recherchez activement un Bonus pour ce 2ème semestre universitaire ? Alors sans hésitation, choisissez le Bonus « esprit de défense », … Ce Bonus « esprit de défense » vous donnera des clefs de compréhension indispensables qui vous seront nécessaires pour aborder vos futurs responsabilités en qualité de citoyens éclairés. Par ailleurs, la participation à ce Bonus pourra vous permettre d’accéder à de possibles stages et alternances au sein des Armées."
De nombreux éléments montrent la volonté de nos gouvernements de préparer la jeunesse à une logique de guerre. À l’heure où l’université doit être un lieu d’émancipation, de réflexion critique, d’ouverture intellectuelle, le dispositif dit de « Bonus Esprit de Défense », introduit à Aix-Marseille Université, soulève de graves inquiétudes. Ce type de dispositif peut facilement se transformer en un levier de recrutement vers les forces armées et en une forme de pression au conformisme idéologique.
Dans un contexte marqué par des tensions autour de la liberté d’expression et de la neutralité académique, et dans des conditions de travail de plus en plus intenables dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, il est paradoxal que l’université promeuve une forme d’enseignement valorisant l’appareil militaire tout en restreignant le débat politique sur d’autres sujets sensibles. L’université publique doit être un espace de débat pluraliste et non un relais institutionnel de politiques d’armement ou de stratégies militaires.
Pour toutes ces raisons, la CGT FERC Sup demande l’abandon du « Bonus Esprit de Défense » à Aix-Marseille Université. A la place, plutôt que de former nos étudiant·es à la guerre, formons les à la paix. Faisons de notre université la première à passer une convention avec le Mouvement de la Paix et à créer un bonus "Esprit de Paix".
« Les membres du CA d’aujourd’hui sont appelés à approuver le compte financier de l’université d’Aix-Marseille, alors que le Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER) se tient pour étudier le budget de l’ESR et que l’intersyndicale de l’ESR appelle à une journée de mobilisation pour dénoncer l’insuffisance du budget alloué aux établissements publics. Même si on note que, contrairement aux deux dernières années, le résultat comptable 2025 d’AMU est très légèrement positif (0,18 M€ sur un budget de 785 M€), cela est au prix d’une politique d’austérité menée par l’université, comme la ponction de 60% de la masse salariale libérée, qui conduit à réduire drastiquement le nombre de personnels titulaires au profit des contractuels (lorsqu’il est possible de recruter), ou la suppression partielle de l’exonération des frais d’inscription pour certains étudiants étrangers, pour ne citer que ces deux mesures. Ces efforts pour pallier les difficultés budgétaires rencontrées par l’université en 2023 et 2024, sont le résultat du désengagement de l’État dans le financement des universités. Ce désengagement est un choix politique. En effet, le ministère préfère financer les formations privées, notamment via l’apprentissage (20 milliards d’euros), dont le ministère publie lui-même qu’il est à 80% porté par des formations privées et dont la presse relaie régulièrement les insuffisances en termes d’accueil des jeunes, et de la qualité des formations parfois inexistante. Or 8 milliards suffiraient pour donner la capacité à l’ESR d’accueillir l’ensemble des bacheliers et bachelières, tout en réduisant les inégalités entre établissement en ce qui concerne le financement par étudiants. On le voit donc, développer les formations privées au détriment de l’ESR public est un choix politique.
Pour nos organisations syndicales, le ministère doit financer les universités à la hauteur de leurs besoins en formation et en recherche. Ainsi, il doit prévoir le financement de toutes les mesures dites Fonction Publique qui représentent des avancées sociales, ainsi que le Glissement Vieillesse Technicité dont les universités ont hérité lors du passage aux RCE (Responsabilités et Compétences Elargies), mais dont elles ne sont pas responsables. Nous pensons qu’au moins sur ce point le CA pourrait s’accorder et aurait pu voter une motion allant dans ce sens… Nous regrettons une nouvelle fois qu’une des premières mesures votées par ce CA ait été de ne pas accepter de mettre au vote une motion sur des sujets de politiques nationales. Parce que l’insuffisance de la subvention pour charge de service public est une volonté politique et que le message adressé à notre ministre, au gouvernement, serait plus puissant s’il émanait d’une motion du CA dénonçant cette insuffisance.
En dernier point, nous souhaitons dire que les nouveaux COMP non seulement seront un levier important pour accélérer la mise au pas de l’université pour qu’elle se plie aux besoins immédiats de l’économie locale, au détriment de la création de connaissances fondamentales à long termes pour ce qui est de la recherche et au détriment de la qualité des formations pour les étudiants. Mais ils ouvriront aussi la porte aux collectivités territoriales locales et aux politiques locaux dans l’orientation des choix stratégiques de formation et de recherche. Nos organisations syndicales sont inquiètes de cet entrisme, particulièrement dans le contexte actuel de la montée des extrêmes droites dans le monde et en France. »
« Nous retrouvons dans ce rapport d’activité et de perspectives de nombreux éléments qui ne correspondent pas à ce que devrait être, à nos yeux, le service publique de l’enseignement supérieur et de la recherche : la précarité de nombreux personnels, l’adaptation de l’université aux besoins du patronat local, la mise en compétition permanente, la bataille continue pour obtenir de quoi travailler, le développement d’indicateurs de performance, bref beaucoup d’éléments que l’on retrouve dans la logique du COMP100%.
A cela s’ajoute la mise à l’honneur pour une "chaire santé" de la CMA-CGM, entreprise qui bénéficie d’un régime dérogatoire à l’impôt sur les sociétés, la niche fiscale des armateurs. Cette niche fiscale fait qu’en 2023 la CMA-CGM a payé 180 millions d’€ d’impôts au lieu des 5,61 milliards qu’elle aurait dû payer si elle était soumise à l’impôt sur les sociétés. Cette niche a privé l’Etat de plus de 13 milliards d’€ sur 2022 et 2023, et ça continue depuis, de quoi redonner un sacré souffle à l’ESR et répondre à la revendication intersyndicale de ce jour : 8 milliards supplémentaires pour l’enseignement supérieur et 8 pour la recherche.
Nous voterons donc contre ce rapport d’activité et de perspectives. »
En janvier et février 2026, notre syndicat a traité :
Section Campus Marseille Centre : stcharles‐amu@listes.fercsup‐cgt.org
Section Campus Aix‐en‐provence : aix‐amu@listes.fercsup‐cgt.org
Section Campus Luminy : luminy‐amu@listes.fercsup‐cgt.org
Section Campus Etoile : stjerome‐amu@listes.fercsup‐cgt.org
Section Campus Timone : timone‐amu@listes.fercsup‐cgt.org
Contact du syndicat : syndicat‐cgt‐bureau@univ‐amu.fr
Site internet : https://cgt.fercsup.net/syndicats/provence‐alpes‐cote‐d‐azur/universite‐aix‐marseille/