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AMU : la communauté enseignante face la crise sanitaire

vendredi 15 mai 2020

Collectif des enseignant.es *de la CGT FERC Sup de l’Université d’Aix-Marseille

La communauté enseignante face à la crise du Covid-19 :

Tirer des leçons du printemps

Vous avez dit "continuité pédagogique" ?

Depuis le 16 mars, notre ministre de tutelle et AMU nous ont encouragés à faire des enseignements à distance au nom du principe de « continuité pédagogique ». Cette pratique ne doit pas être confondue avec du télé-enseignement dont le sens est relié à des objectifs et modalités pensés en amont, par des enseignant.es formé.es à ce type de pédagogies. Tel n’a pas été le cas dans la situation d’urgence dans laquelle nous nous sommes trouvés : cette solution d’enseignement à distance est ainsi apparue comme un pis-aller, qui a contribué à creuser les inégalités sociales déjà fortes entre étudiant.es. En effet, même si nous nous sommes efforcés de maintenir un lien pédagogique et humain avec nos étudiant.es, nous avons pu constater qu’un nombre non négligeable d’entre eux.elles n’avait pas de connexion, d’ordinateur équipé, voire d’espace de travail.

De surcroît, cette «  continuité pédagogique  » - qu’il aurait été plus approprié d’appeler lien pédagogique -, imposée de manière bureaucratique a fait peu de cas de nos situations personnelles : très nombreux.ses sont les collègues qui ont eu les plus grandes difficultés à concilier la garde de leurs enfants avec les enseignements à distance, les séminaires en visioconférence, voire le travail administratif de coordination d’un parcours ou d’une mention de licence/master. Pour beaucoup, «  télétravail  » a souvent rimé avec heures supplémentaires.

Inégalités et injustices : des précaires précarisé.es par la crise

Ces difficultés rencontrées par les enseignant.es titulaires a été très largement redoublée pour nos collègues vacataires, dont le sort reste très préoccupant. La position de beaucoup d’universités, dont la nôtre, demeure à ce jour ambiguë sur les conditions de leur rémunération. Pourtant, l’engagement de nos collègues pendant le confinement ne peut être remis en cause. Parce que faire des économies sur le dos des plus précaires est inacceptable, nous exigeons des garanties pour que tous.tes les enseignant.es vacataires soient payé.es conformément à ce qui a été prévu en début de semestre ou d’année.

Examens, du contrôle à la surveillance ?

À l’heure du déconfinement, la période des examens s’ouvre dans des conditions délétères. Il y a quelques semaines, le ministère suggérait aux universités de recourir à des sociétés privées de télésurveillance, ce qu’AMU a dans l’ensemble refusé. Si des réflexions collectives doivent être engagées sur les modalités de surveillance d’examens en période exceptionnelle, nous alertons d’ores et déjà sur le fait que la télésurveillance pourrait porter atteinte à la liberté élémentaire des étudiant.es. Par ailleurs, le recours à des sociétés privées est inacceptable.

Pour ce qui concerne les examens, les modalités d’évaluation disparates adoptées par les UFR ne doivent pas faire oublier ceci : certain.es étudiant.es, notamment celles et ceux qui n’ont pas pu suivre des cours à distance, pourraient pâtir d’une situation dont ils ne sont pourtant aucunement responsables. Nous appelons par conséquent les collègues enseignant.es à veiller à ce que les jurys de fin de semestre/d’année, qui demeurent souverains, tiennent compte de la spécificité de cette période pour limiter les inégalités qui ont été redoublées par le confinement.

Et demain : pour qu’on ne fasse pas de l’exceptionnel une règle

Au-delà de cette période des examens, la rentrée prochaine s’annonce dans la continuité (pédagogique ?) de ce printemps, à en croire les récentes déclarations de notre ministre dans la presse. Nous considérons, de façon générale, que l’enseignement en présentiel doit être la règle, et le distanciel l’exception. Conscients que les risques sanitaires n’auront toutefois sans doute pas complètement disparu en septembre, nous envisageons l’organisation d’une rentrée à distance, mais seulement de manière provisoire et sous conditions.

Nous refusons en effet que ces dispositifs deviennent pérennes hors situation de crise, et pensons nécessaire d’affirmer sans ambiguïté que, hors du télé-enseignement, nos formations s’inscrivent dans une pédagogie présentielle. Les classes virtuelles ne sauraient en effet remplacer l’indispensable socialisation estudiantine qui se noue sur les bancs d’un amphithéâtre, et plus encore dans les groupes de travaux dirigés. Il en va de même pour la relation pédagogique, incomparablement plus efficace lorsque les étudiant.es peuvent interagir directement avec leur enseignant.e. Suivre un cours à distance requiert une autonomie une discipline de travail que nous inculquons à nos étudiant.es dans nos salles de cours, mais qui est acquise de façon très inégale durant les années de licence.

En outre, pour respecter la distanciation sociale qu’impose la crise sanitaire, il faudra dédoubler les groupes de TD et de TP. Puisqu’on sait combien la question de l’allocation des salles de cours est difficile à résoudre en temps normal (après plusieurs années de travaux, AMU peine toujours à accueillir dans de bonnes conditions tous.tes ses étudiant.es), cette période de crise impose donc d’autant plus urgemment de recruter des enseignant.es et de titulariser les collègues précaires.

La crise sanitaire actuelle a révélé toute l’acuité des enjeux soulevés lors de la récente mobilisation contre la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR)  : ceux des moyens, des contrats et des ressources. De toute évidence, l’Université, déjà en souffrance, n’était pas prête à faire face à une telle situation. À l’image du service public de la santé, mais avec des conséquences bien sûr moins dramatiques, le service public de l’enseignement supérieur paie le lourd tribut de décennies de sous-financement. À l’heure où commencent à être repensées les priorités de notre société tout entière, et alors que le Président de la République affirme faire de la lutte contre les inégalités sociales l’une de ses priorités de fin de quinquennat (il a cité dans un discours récent la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789   : «  Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune  »), il convient, pour faire face à de tels enjeux, de réaffirmer l’impérieuse nécessité d’investir dans l’enseignement et la recherche publique de manière à la fois massive et pérenne.

*Le collectif des enseignant.es de la CGT FERC Sup de l’Université d’Aix-Marseille regroupe l’ensemble des syndiqué.es du corps enseignant.es, quel que soit le statut : ATER, doctorant.es chargé.es d’enseignement, docteur.es sans poste vacataires, PRAG, PRCE, PR, MCF

CGT FERC Sup - 263 rue de Paris - Case 544 - 93515 Montreuil Cédex - Tél. : +33 155 82 76 28 - Fax : +33 149 88 07 43 - Courriel : ferc-sup@ferc.cgt.fr - Édition