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Retour du CA du 13 mars 2026LE gros sujet du CA : la dynamique déficitaire et la définition d’une stratégie d’adaptation. Dynamique déficitaire (le terme est de nous), c’est quoi ?
Une baisse tendancielle de subvention (SCSP) d’année en année, avec une baisse en cours d’année 2025 qui accroit les difficultés, aboutissant à un déficit structurel de plus d’un million1.
Une ponction croissante dans le fonds de roulement qui assèche notre trésorerie : fin 2026, la trésorerie se réduirait à 2,5 mois de fonctionnement et en 2027 on arrive au plancher du seuil prudentiel d’un mois de fonctionnement.
Merci qui ? Les politiques d’austérité et les dépenses militaires d’un côté, les dizaines de milliards d’euros aux entreprises et à leurs actionnaires de l’autre… On nous répète d’ailleurs bien qu’il ne faut évidemment pas s’attendre à une remontée des subventions. Quelle est la stratégie préconisée d’en haut pour sortir de l’impasse ?
Réduire les dépenses, réduire les dépenses, réduire les dépenses et augmenter les ressources propres, augmenter les ressources propres, augmenter les ressources propres…
Ce qu’on entend aussi en CA - de la part du Ministère des Phynances, c’est qu’il y a un million à récupérer et qu’il faut externaliser les fonctions support qui coutent cher et cela sans engager la partie la plus « prioritaire » des missions (dans le jargon).
On a surtout aucune garantie que la baisse de SCSP n’aille pas jusqu’à épuisement de trésorerie. Et quelle serait donc la qualité de prestations externalisées dans le cadre d’une réduction des dépenses, quand on sait que, la plupart du temps, ça se dégrade !
Lorsqu’on entre dans les détails, on se rend compte de nombreuses insuffisances de cette stratégie d’adaptation, sur le plan immobilier notamment :
Des charges venant des anciens locaux des Docks continuent à peser sur nos comptes (entre 15 et 16 K€ sur 2026) alors que la vente du 1er étage n’est toujours pas réalisée alors qu’elle pourrait rapporter un gros bifton (pouvant avoisiner les 750 K€ si on a bonne mémoire).
Ô surprise, on entend en plus parler d’un éventuel transfert de propriété pour que l’Etat puisse envisager la location de l’ensemble des étages après travaux (à sa charge, suppose t-on). Adieu gros bifton ? Nous allons faire clarifier ce point en Comité social d’établissement aujourd’hui même en demandant l’accélération de la vente du 1er étage des Docks.
On pourrait louer le 1er étage dont le Céreq est propriétaire mais il faudrait des travaux (à la charge de qui ? devinez) car c’est l’étage le moins attractif d’après la direction.
Année blanche en 2025 sur les coûts de notre hébergement sur le campus de l’ECM, sans qu’on nous donne un ordre de grandeur de ce qu’elle pourrait coûter en 2026. Le projet de convention, qui n’avait pas été validé dans un premier temps et qui a été rectifié sur la répartition des charges, n’est toujours revenu de l’ECM, malgré l’intervention des tutelles et l’aide du Rectorat. On ne sait d’ailleurs pas si les charges de 2025 seront imputées rétroactivement. Effet kiss cool ?
L’habillage gestionnaire de notre avenir est présenté dans une « cartographie des risques ». Certains risques financiers sont questionnés par les organisations syndicales et la minoration du risque de baisse de subvention, compte tenu de la volatilité de la subvention, justifie pour la CGT, la FSU et l’UNSA un vote contre. Le SPC CGT questionne les mesures prises pour que - en matière de « dépassement des crédits de l’enveloppe "personnel », l’impossibilité de verser certains éléments de salaire » ne se traduise pas en impossibilité pour les agents de percevoir les dits éléments de salaires. A la suite du débat précédent, la question est celle de l’existence d’un macro risque sur les rémunérations, mais « ce risque stratégique dépasse l’exercice », bien entendu. On est soulagé d’apprendre que le risque sur la soutenabilité budgétaire sera ajouté à la cartographie pour l’année 2027…
Il est enfin question du prochain COP 2027-2030 qui devra apporter des réponses sur la stratégie et l’aspect opérationnel des choix proposés et qui fera l’objet d’une séance dédiée avant sa signature. Le SPC CGT se félicite d’avoir impulsé une mise aux normes du fonctionnement du CA en rappelant l’obligation de constituer une délégation permanente de 11 membres dont 3 représentant·es du personnel. Des discussions plus rapprochées nous impliquant avec présidente et directeur, d’une part, et tutelles d’autre part pourraient s’avérer utiles. Pour la CGT, il s’agira de contribuer à la construction des scenarios de résilience et de soutenabilité budgétaire tenant compte des intérêts des personnels et de la qualité des missions de service public reposant sur l’emploi et les qualifications.
Notre position : refus du statu-quo consistant à anticiper les réductions de budget, et ce faisant, donner un accord implicite à des diminutions de subvention. Nous savons qu’une structure contrainte à se replier sur elle-même en réduisant ses dépenses sur le long terme n’assure pas en réalité les conditions de sa survie. C’est pourquoi la CGT lutte pour une soutenabilité du travail qui passe par des effectifs et des moyens à la hauteur des exigences de fonctionnement d’un établissement doté d’une relative indépendance vis-à-vis d’autres structures.
Vos représentants SPC CGT
Sylvain Marcangeli, Fred Séchaud
spc-cgt@cereq.fr