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Accueil > Syndicats > Pays de Loire > Université de Nantes > Le Conseil Social d’Adminitration ou CSA (ex-CTE) et la FSSSCT (ex-chsct)

mardi 26 mai 2026

Le Conseil Social d’Adminitration ou CSA (ex-CTE) concerne l’organisation des services, à la différences des CP (commissions paritaires) qui, elles, s’occupent des personnels. La FS-SSCT traite les questions de conditions de travail et d’étude de l’établissement (personnels, usagers).

Compte-rendu CGT du CSA de Nantes Université du 19 mai 2026

Compte-rendu CGT du CSA de Nantes Université du 19 mai 2026

La séance du CSA de Nantes Université du 19 mai 2026 a été marquée par plusieurs points importants : protection sociale complémentaire, frais différenciés pour les étudiant·es étranger·es, réorganisation de services, révision des effectifs, élections professionnelles, santé et conditions de travail, réforme de la formation des enseignant·es et liberté académique.

Protection sociale complémentaire : un déploiement inquiétant

La séance s’est ouverte sur la mise en place de la protection sociale complémentaire. Les informations données par l’administration ont fait apparaître de fortes inquiétudes quant à la rapidité du déploiement et aux difficultés rencontrées par les agent·es.

Concernant la prévoyance collective, il apparaît que peu de collègues se sont pour l’instant affilié·es. Plusieurs difficultés ont été signalées, notamment l’accès à la plateforme téléphonique : de nombreux collègues peinent simplement à obtenir un interlocuteur ou une interlocutrice.

Pour la CGT, cette situation interroge fortement les conditions concrètes de mise en œuvre du dispositif et la capacité de l’employeur à accompagner correctement les personnels.

Frais différenciés pour les étudiant·es étranger·es : poursuivre la mobilisation

La FSU a fait une déclaration contre les frais différenciés imposés aux étudiant·es étranger·es. La CGT partage pleinement cette position.

Nous appelons les personnels et les étudiant·es à poursuivre la protestation contre cette mesure discriminatoire. Nous rappelons notre attachement à un modèle universitaire humaniste et inclusif, permettant l’accès à la connaissance au-delà des appartenances nationales, et contribuant au rayonnement de la France dans le monde.

Une mobilisation nationale est prévue le 26 mai : la CGT appelle à y participer largement.

Réorganisation de la Direction du service comptable et financier

Un point a ensuite été consacré à la révision de l’organigramme de la Direction du service comptable et financier.

La CGT a souligné deux problèmes majeurs.

D’abord, le nombre très important de contractuel·les dans ce service, qui va continuer de l’être. Cela pose des questions de continuité du service public, mais aussi de droits, de statuts et de conditions de travail des agent·es.

Ensuite, nous nous interrogeons sur une nouvelle réorganisation intervenant seulement deux ans après une précédente restructuration en 2024. Que traduit ce nouveau changement d’organisation, sinon peut-être la fragilité du service et les difficultés d’adaptation d’un service public fragilisé par la précarité ?

Les réponses apportées par la direction du service et par la direction générale des services ne nous ont pas rassuré·es.

La CGT s’est donc abstenue, tout en hésitant avec un vote contre. Nous resterons attentifs aux remontées des agent·es sur leurs conditions de travail, que nous pourrons porter en CSA ou en formation spécialisée.

Révision des effectifs : la CGT vote contre

La CGT rejoint la FSU pour dénoncer le caractère confidentiel du document préparatoire. Comment échanger avec les agent·es sur la révision des effectifs si les représentant·es des personnels sont enfermé·es dans une confidentialité excessive ?

Nous rappelons que les représentant·es du personnel tiennent leur légitimité du lien avec les travailleurs et travailleuses. Il ne peut y avoir de démocratie sociale sans échanges avec les personnels, sans remontées du terrain, sans mandat construit collectivement.

Sur le fond, l’administration ne cache plus la contrainte budgétaire croissante qui pèse sur l’université. Les déficits augmentent et la révision des effectifs se traduit par une baisse des recrutements et des ouvertures de postes, tant pour les enseignant·es-chercheur·es que pour les BIATSS.

Cette baisse est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte déjà marqué par un recours massif aux heures complémentaires, aux vacataires et à la précarité.

Pour la CGT, cette logique budgétaire et managériale conduit à une dégradation du service public universitaire. Elle attaque les conditions de travail des personnels et affaiblit Nantes Université, pendant que l’enseignement supérieur privé bénéficie de dispositions réglementaires favorables et d’une reconnaissance croissante.

La CGT a donc voté contre cette révision des effectifs. Il n’est pas dans le rôle des organisations syndicales de donner leur accord à des projets contraires aux intérêts des travailleurs et travailleuses qui font vivre le service public.

Élections professionnelles 2026 : désaccord majeur sur le CSA

Plusieurs points concernaient les élections professionnelles de décembre 2026.

Sur le périmètre et l’organisation du futur CSA, la CGT a voté contre. Nous avons dénoncé le refus persistant de l’administration de tirer le bilan de la suppression des CHSCT de site en 2022.

Depuis quatre ans, la CGT demande la réinstallation de formations spécialisées de site, notamment à La Roche-sur-Yon, Saint-Nazaire et sur différents campus nantais. Ces instances permettraient d’analyser les conditions de travail au plus près du terrain.

À la place, l’employeur a mis en place des commissions santé-sécurité sans véritable cadre réglementaire, qui n’ont pas démontré leur efficacité. Elles fonctionnent comme des boîtes noires plus que comme de véritables outils de prévention. La CGT a donc fait la déclaration suivante :

La CGT constate que l’exposé des motifs présenté au CSA se limite à une approche strictement formelle de la mise en place du futur CSA et de sa formation spécialisée, sans tirer aucun bilan réel sur le fonctionnement des instances de santé, sécurité et conditions de travail depuis la suppression des anciens CHSCT de site en 2022.

Pourtant, durant tout le mandat, les représentant·es des personnels ont alerté à plusieurs reprises sur les limites d’une unique formation spécialisée centralisée pour un établissement multi-sites et éclaté géographiquement comme Nantes Université.

Les commissions santé sécurité mises en place en substitution, en dehors du cadre réglementaire des formations spécialisées, n’ont pas permis d’assurer une vraie analyse des risques professionnels sur le terrain ni un traitement réel des problématiques locales de santé et de conditions de travail. Elles ont été des coquilles vides.

En refusant de rouvrir le débat sur la cartographie des formations spécialisées malgré les engagements antérieurs de réévaluation, l’administration donne le sentiment d’entériner un recul durable de la représentation de proximité des personnels sur les questions de santé, sécurité et conditions de travail. C’est non seulement un recul, mais un manquement de l’employeur à nos yeux.

La CGT a en revanche voté pour les dispositions concernant la CPE et la CCP ANT.

Réforme de la formation des enseignant·es : des inquiétudes persistantes

Un point portait sur l’impact de la réforme de la formation des enseignant·es sur le fonctionnement et l’organisation des services, à l’INSPE mais aussi dans les composantes et services concernés.

La FSU a relayé les inquiétudes exprimées par les personnels et les étudiant·es. La réponse de la présidence s’est voulue rassurante, mais la CGT a partagé les doutes exprimés.

La FSU a lu un avis demandant une nouvelle réunion du groupe de travail dédié à cette réforme, afin d’analyser ses effets concrets et de rassurer la communauté INSPE.

La CGT a voté pour cet avis.

Liberté académique

Enfin, la présidence a présenté un texte en cours d’élaboration sur la liberté académique, visant à en exposer les principes et le cadrage.

La CGT sera attentive à ce que ce texte ne se limite pas à une déclaration de principe, mais permette réellement de garantir les libertés académiques, la liberté d’expression des personnels et la possibilité de débattre collectivement des orientations de l’université.

Conclusion

Ce CSA confirme les inquiétudes de la CGT sur l’évolution de Nantes Université : austérité budgétaire, précarisation des personnels, affaiblissement des instances de proximité, recul du dialogue social réel.

Face à ces choix, la CGT continuera à défendre les personnels, leurs conditions de travail, leurs droits statutaires et le service public universitaire.