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lundi 2 février 2026

Réformes, vie pédagogique,...

Semaine de la Précarité

CDD, CDI, la précarité à Nantes Université, ça suffit !

La CGT FERC Sup Nantes Université s’associe à l’action décidée par la CGT educ’action 44 rejointe par SUD-Education et la FSU : une semaine d’action, de mobilisation contre la précarité au sein du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche !

9 au 13 mars 2026

 Tractages, actions diverses, conférence de presse ! Nous vous tiendrons au courant !

Sous-payé·es, préssuré·es, jeté·es en fin de contrat ou avant, unissons-nous !

Solidarité fonctionnaires, contractuel·les ! Toutes et tous ensemble !

Quelques éléments d’information sur la précarité à l’université de Nantes !

La précarité à Nantes Université (Analyse RSU 2024)


1. État des lieux quantitatif : une université "hors-statut"

L’analyse des effectifs révèle que Nantes Université ne pourrait plus assurer ses missions de service public sans un recours massif et structurel à la précarité.

A. Les BIATSS (appui à la recherche et formation)

Les chiffres : 1 009 contractuels pour 1 108 titulaires.
Le constat : le taux de précarité frise les 48 %. L’université crée quasiment autant d’emplois précaires que d’emplois statutaires.
Analyse : cette situation fragilise la mémoire administrative et technique des services. Le turn-over incessant oblige les titulaires à une formation permanente des nouveaux arrivants, alourdissant leur charge de travail mentale.

B. Les Enseignants et Enseignants-Chercheurs

Les chiffres : 535 contractuels (LRU, postes vacants) pour 1 353 titulaires.
Le constat : près de 30 % du corps enseignant est en situation de précarité.
Analyse : derrière ces contrats se cachent souvent des chercheurs qui assurent l’intégralité des missions (enseignement, recherche, administration) sans la protection du statut et avec une incertitude de renouvellement qui bride la liberté académique.

C. Les doctorants : Les "oubliés" de la statistique enseignante

Les chiffres : 387 doctorant·es et post-doctorant·es contractuel·les.
Le constat : bien qu’ils ne soient pas inclus dans les 535 contractuels enseignants, ils sont le moteur de la recherche.
Analyse : leur précarité est triplement marquée : par la durée limitée de leur financement (3 ans), par la dépendance aux financements sur projets (ANR, Europe) et par le flou entourant leurs missions d’enseignement souvent payées en heures complémentaires.

D. La vacation : Le "Lumpenproletariat" académique

Les chiffres : 3 141 vacataires pour 173 541 heures de cours.
Le constat : ils assurent 65 % des heures complémentaires de l’établissement.
Analyse : C’est la gestion "au clic". L’université économise sur les cotisations sociales et les structures de carrière en payant des intervenants à l’acte, souvent avec des mois de retard. Ces 173 541 heures représentent mathématiquement 1 400 postes de titulaires qui manquent à l’appel.

2. Analyse qualitative : le mirage de la déprécarisation

L’administration communique sur la "déprécarisation", mais les données du RSU montrent une réalité bien plus sombre.

Le blocage du CDI : seuls 12 passages en CDI ont été actés en deux ans. Pour 1 009 contractuels BIATSS, cela signifie qu’un agent a moins de 1 % de chance d’être cédéisé chaque année. En plus, un CDI de la fonction publique, ce n’est pas un CDI de droit privé : licenciement facilité, pas de carrière, pas de traitement égal aux fonctionnaires,...
La santé sacrifiée : le RSU montre que les jours d’absence pour maladie ordinaire chez les contractuels ont doublé depuis 2020. L’insécurité de l’emploi est un facteur de risque psychosocial (RPS) majeur, pourtant absent des analyses de la présidence.
L’inégalité salariale : à Nantes Université, l’écart de rémunération nette entre les femmes et les hommes (BIATSS) est de 298 €/mois. La précarité étant majoritairement féminine dans les catégories B et C, elle alimente directement ces inégalités de genre.

3. Synthèse de la précarité globale

Si l’on additionne les forces vives sous contrat (hors vacataires) :

1 009 (BIATSS) + 535 (Enseignants) + 263 (Doctorants) = 1 807 agents. Sur un effectif total d’environ 4 500 agents, cela signifie que plus de 40 % des personnels de Nantes Université sont précaires.

Les repères revendicatifs de l’union CGT FERC Sup

Pour appliquer réellement et renforcer à nouveau le principe : « à toute mission permanente, un emploi de fonctionnaire », et son application scrupuleuse dans nos établissements, la CGT FERC Sup revendique :

• L’ouverture de postes statutaires pour répondre aux besoins ;
• L’arrêt des recrutements de personnels contractuels avec maintien dans l’emploi public de toutes et tous, dans les meilleures conditions jusqu’à leur titularisation ;
• Un plan de titularisation immédiat de tous les contractuel·les (CDD et CDI) occupant des fonctions pérennes sur un contingent de postes dédiés et avec reprise d’ancienneté en intégralité au moment de la titularisation ;
• En attendant leur titularisation, des garanties collectives pour les agent·es contractuels comme pour tous les salarié·es en termes d’évolution salariale, d’indemnités, de carrière et de reconnaissance de leurs qualifications ;
• L’obligation de contractualiser les vacataires qui le souhaitent avec des niveaux de rémunération conformes au niveau de qualifications ;
• L’alignement des obligations de service et des rémunérations des non-titulaires sur celles des titulaires ;
• Globalement, les mêmes droits sociaux, à congés et à protection que pour les titulaires ;
• La mise en place d’une procédure nationale et transparente de recrutement des ATER et des enseignant·es contractuels, avec, par exemple, deux ou trois sessions de recrutement chaque année et une possibilité d’émettre des vœux préférentiels comme dans les campagnes MCF ;
• L’aide à l’installation des enseignant·es et chercheur·ses étrangers, notamment les plus jeunes et les lecteur·rices et maîtres de langue ;

Concernant les doctorant·es, la CGT FERC Sup revendique :

• La revalorisation des salaires des contrats doctoraux et l’augmentation du nombre de financements publics ;
• La réécriture complète de l’arrêté doctorat, avec en particulier la suppression du « serment » que doit prêter le thésard·e au moment de la soutenance ;
• La contractualisation des agent·es temporaires vacataires (vacataires préparant une thèse), avec des niveaux de rémunération conformes au niveau de qualifications (bac +5 ou bac +8) ;
• En attendant la contractualisation des agent·es vacataires, la mensualisation effective du paiement des vacations, conformément à l’article L952-1 du Code de l’Éducation, inégalement mise en œuvre par les établissements ;
• Pour les chargé·es d’enseignement vacataires (autres vacataires ayant un emploi principal), la réévaluation des heures de vacation au niveau de leur qualification ;
• Le financement de tous les doctorant·es pendant la durée de leur thèse avec un contrat de travail obligatoire dès lors que la thèse est l’emploi principal ;
• L’exonération des frais d’inscription pour tous les doctorant·es ;
• la prolongation des contrats doctoraux et de contractuel·les de la recherche pour les élu·es dans les instances des établissements, instances nationales et/ou en décharge syndicale ;
• L’autorisation de droit de la réinscription en doctorat, sans nécessité d’aval du comité de suivi individuel ;

Concernant les enseignant·es contractuels, la CGT FERC Sup revendique :

La rémunération des ATER au premier échelon des professeur·es agrégés ;

La suppression du statut de lecteur de langue et son alignement sur le statut de maître de langue ;
La revalorisation de la rémunération des maîtres de langue ainsi que de l’ensemble des enseignant·es contractuels.