"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
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Réformes, vie pédagogique,...
Les IUT, le MEDEF, et Nantes Université : Canossa dans l’Enseignement Supérieur public ? Nous avons appris il y a peu, de manière sûre, que l’IUT de La Roche/Yon avait récemment adhéré au MEDEF. C’est en tout cas le propos qui a été tenu par la direction, de manière officielle, lors de l’Assemblée Générale de rentrée de cet établissement.
D’après nos informations, il en serait de même de l’IUT de Nantes.
Nous n’osons presque pas nous enquérir de ce qui se passe à Saint-Nazaire...
Ce n’était pas trop de favoriser partout la « concurrence libre et non faussée » (les gouvernements successifs ont ouvert le marché de l’enseignement supérieur comme un gigantesque terrain de jeu de tous les appétits privés qui grignotent le service public), on y rajoute maintenant le ver dans le fruit, la confusion des valeurs, l’IUT dans le MEDEF. Pas à côté, dedans...
On remarquera d’ailleurs que ces chers établissements publics ne poussent pas leur bienveillance jusqu’à adhérer à la CGT aussi (un peu de provocation pour rire un peu...), non, ils adhèrent seulement au MEDEF, comme s’ils n’étaient pas des entités publiques de l’état, indépendantes, neutres. Non, maintenant, l’enseignement supérieur est une entreprise comme une autre ! Une petite entreprise qui connaît la crise (combien d’agent·es en burn out, en souffrance au travail ?).
Il nous vient assurément une image, celle de l’empereur allemand faisant pénitence devant l’autorité papale, à Canossa, avançant à genoux dans la neige (quelle image !). Oui, nous sommes bien à Canossa. En tout cas, nos genoux sont bien écorchés au point d’être sanglants.
Il fut un temps où l’enseignement (qu’il fût supérieur, ou secondaire, ou primaire) avait des valeurs (O tempora, O mores !). Il fut un temps où l’on n’aurait pas confondu le service commun et celui des entreprises, où l’on avait un certain sens de l’État, de son rôle, des personnes qu’on formait non pas pour être des braves petits soldats du MEDEF, ni de quelle qu’obédience que ce soit, mais des citoyens libres, des travailleurs émancipés.
Mais c’est bien fini, ce temps-là !
Aux orties, le code de l’éducation, en son article L. 141.6, qui dispose que « Le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique » ! On fait bien mieux de nos jours, on syndique l’établissement, en toute emprise, à un syndicat patronal (et pas n’importe lequel…) !
Où en sommes-nous arrivés ! Et pardonnez-nous, mais comment se fait-il que les personnels de ces établissements ne soient pas pris d’une « sainte colère » ? Peut-être ne savaient-ils pas ce que nous venons d’apprendre.
Photo prise par la CGT FERC Sup NU