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mardi 3 mars 2026

Réformes, vie pédagogique,...

Laïcité foulée aux pieds, l’argent public alloué en 2026 à l’institut catholique de De Villiers.

Comme chaque année, la CGT FERC Sup Nantes Université fait un travail d’analyse des subventions et autres facilités accordées à l’Institut Catholique fondé par Philippe De Villiers (qui incarne l’extrême droite vendéenne). Nous recensons donc les lignes budgétaires qui apparaissent dans les budgets primitifs des collectivités territoriales : à savoir la Région des Pays de la Loire, le département de Vendée, l’agglomération de La Roche-sur-Yon.
Les pages mentionnées dans cet article font donc référence aux budgets primitifs en question, que l’on peut retrouver en ligne sur les sites de la Région, du département.

1. Les subventions directes (le "cash" versé)

C’est l’argent qui sort réellement des caisses publiques pour entrer dans celles de l’institut. Le Département est le premier contributeur.
• Département de la Vendée : 2 200 000 € (Page 537)
• Région Pays de la Loire : 300 000 € (Page 173)
• Agglomération de La Roche/Yon : l’année dernière, c’était 195 000 euros. Nous sommes en attente de la publication des documents du budget primitif.
• Total des dons directs : 2 700 000 € environ.

2. Les garanties d’emprunt (l’aide indirecte)

Les collectivités ne versent pas ces sommes, mais elles permettent à l’ICES d’emprunter à des taux "publics" (très bas) au lieu de taux "privés" (plus élevés) car la collectivité porte le risque à la place de l’établissement.
Collectivité Montant garanti (capital restant dû) Source
Région Pays de la Loire 2 821 673 € Page 268
Département de la Vendée 1 463 563 € Page 170
TOTAL GARANTI 4 285 236 €

3. Estimatif du gain annuel (économie d’intérêts)

Sans ces garanties, l’ICES subirait un surcoût lié à la "prime de risque" bancaire (l’écart de taux entre un établissement privé et une collectivité publique). On estime généralement cet écart entre 0,7 % et 1,2 % selon les conditions de marché.
Sur la base du total garanti de 4 285 236 €, voici l’économie réalisée par l’ICES en 2026 :

  1. Hypothèse prudente (0,7 % de gain) : 29 996 € d’intérêts économisés.
  2. Hypothèse haute (1,2 % de gain) : 51 422 € d’intérêts économisés.
  3. Moyenne estimée du gain annuel : 40 700 €.

Synthèse finale : ce que l’ICES reçoit en 2026

En cumulant les deux collectivités (Région et Département) :

  1. Soutien direct (subventions de fonctionnement) : 2 700 000 € environ.
  2. Soutien indirect (économie d’intérêts estimée) : 40 700 €
  3. Total de l’avantage financier net : 2 740 700 € environ.

En résumé : l’effort public est massif, porté à 86 % par le Département de la Vendée. Les garanties d’emprunt (4,2 M€) représentent un engagement de sécurité crucial pour les banques, mais en termes de bénéfice annuel "sonnant et trébuchant", c’est la subvention de 2,2 millions d’euros du Département qui constitue le moteur principal du budget de l’ICES. A ce pactole se rajoutent donc les 300 000 euros de la région, et les 200 000 euros de l’agglomération de La Roche-sur-Yon.
Sans compter les sommes allouées à l’ICAM et à l’ISFEC.

A la fin de l’envoi, je touche !

Ces collectivités marquées à droite insultent donc la laïcité en organisant un transfert de fonds vers l’enseignement privé, alors que le Centre Universitaire Départemental de la Vendée, l’IUT et l’INSPE de La Roche-sur-Yon, auraient bien besoin de l’appui des collectivités pour continuer à assurer des missions de service public basées sur le libre accès à l’enseignement supérieur.

L’ICES sélectionne ses étudiant·es sur l’argent, sur un habitus social et politique : pour rappel, c’est un fief de la droite réactionnaire, voire de l’extrême droite. Un certain nombre de ces étudiant·es s’illustrent régulièrement par leur présence dans des actions coup de poing de groupuscules identitaires et extrémistes.

Voici quelques exemples de ces hauts faits :
1. Sur l’agression du stand LGBT (2019)
C’est l’affaire la plus documentée, marquant un tournant dans la perception publique de l’institut.
• Le Monde : Douze personnes jugées pour l’agression de militants LGBT à La Roche-sur-Yon
• France 3 Pays de la Loire : La Roche-sur-Yon : des étudiants de l’ICES condamnés pour l’agression de militants homosexuels
• Ouest-France : Agression homophobe à La Roche-sur-Yon : l’ICES exclut deux étudiants
2. Sur la présence de groupuscules identitaires (Alvarium, Academia Christiana)
Plusieurs enquêtes de fond analysent comment l’ICES est devenu un point d’ancrage pour certains militants radicaux.
• Mediapart : À l’ICES, l’école des cadres de la droite ultra (Article payant détaillant la porosité avec les mouvements identitaires).
• StreetPress : Academia Christiana, l’organisation catholique de jeunesse qui forme à la « reconquête » (Mentionne les liens avec les étudiants de l’ICES).
• Libération : L’ICES, une école au cœur de la mouvance identitaire ?
3. Sur les actions contre Annie Ernaux et actions "coup de poing" (2022-2023)
Actions plus récentes de collages et d’intimidation politique à La Roche-sur-Yon.
• Le Journal du Pays Yonnais : Vandalisme à La Roche-sur-Yon : Annie Ernaux visée par des tags d’extrême droite
• Ouest-France : Activisme d’extrême droite à La Roche-sur-Yon : ce que l’on sait des groupes qui agissent dans l’ombre
4. Rapports et synthèses sur le climat politique à l’ICES
• Slate : L’ICES, l’université catholique qui attire les radicaux
• Basta ! : Enquête sur ces universités privées qui forment les futurs cadres de la droite radicale

La CGT FERC Sup Nantes Université revendique

  • l’interdiction des subventions ou garanties bancaires de la part des collectivités territoriales à destination des établissements de l’enseignement supérieur privé ! A enseignement privé, fonds privés !
  • La fin de la possibilité de collation de grades pour l’enseignement supérieur privé.
  • La fin de la politique austéritaire dans l’enseignement supérieur public : des budgets et des créations de postes de titulaires à hauteur des besoins et d’une vraie politique de démocratie universitaire.
  • La fin de la collusion entre monde entrepreneurial et universités : arrêt de la logique partenariale entre MEDEF et IUT, de la participation du monde économique aux contenus pédagogiques, fin de l’alternance comme mode dominant de construction des parcours du BUT. La logique universitaire doit l’emporter sur celle d’un financement sur fonds propres qui conforte la logique austéritaire de l’État et qui dégrade le principe d’indépendance des universités.