"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
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Le 18 décembre marque la journée internationale pour la dignité et les droits des migrant·es. La CGT, dont l’histoire est jalonnée par les luttes des immigrations, au travail et en dehors, s’associe à plus de 230 organisations du champ des solidarités pour donner la plus grande visibilité à la semaine de mobilisation tenue du 14 au 18 décembre.
La CGT Paris Nanterre se saisit de cette occasion pour attirer l’attention de notre communauté universitaire sur les enjeux spécifiques rencontrés par les migrant•es dans l’enseignement supérieur.
Les doctorants étrangers doivent, en plus des difficultés qu’ils partagent avec l’ensemble des doctorants et des personnels non-titulaires de l’enseignement supérieur, s’acquitter de contraintes particulièrement lourdes. Leur parcours doctoral, en effet, est conditionné à la conclusion d’une convention d’accueil avec un organisme de recherche puis à l’obtention d’un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS). Ce visa, suivant sa catégorie, interdit au doctorant de travailler plus de 60% de la durée légale annuelle de travail, ou prohibe l’exercice d’un emploi hors du secteur d’activité professionnelle de recrutement ; quel que soit le cas de figure, ces collègues se trouvent confrontés à la difficulté voire à l’impossibilité de financer leur parcours doctoral hors des financements de l’enseignement supérieur, dont nul n’ignore la pénurie.
La fragilité de ces situations, conditionnées à des renouvellements jamais garantis, et soumises à des changements de titres de séjour à chaque étape du parcours (contrat doctoral, ATER, chômage) crée une inégalité flagrante, et condamne largement ces collègues à des démarches incessantes et anxiogènes.
Le cadre proposé par l’institution universitaire est largement inadapté aux situations des étudiants exilés de premier et second cycle. Les demandeurs d’asile ne sont pas éligibles aux dispositifs d’aide (exonérations de frais d’inscription, bourses et logements) du CROUS, exception faite d’une aide ponctuelle ; plus généralement, le cursus universitaire de ces étudiants est soumis à la menace constante de l’intrusion des préfectures, même lorsqu’ils parviennent à régulariser leurs situation (là encore de façon très précaire, compte tenu de la durée très limitée des titres de séjours étudiants). La régularisation par les études, telle que définie par la loi, est en outre extrêmement restrictive.
Ce n’est pas tout. Le recours croissant, dans l’enseignement supérieur, à des formes précaires d’emploi (par la sous-traitance ou le travail à la tâche, notamment à travers les vacations), représente un recul terrible pour les travailleurs souhaitant engager une procédure de régularisation par le travail. Passant sous les radars de la responsabilité sociale de l’employeur, et de l’accompagnement que la loi l’autorise à octroyer pour obtenir un titre de séjour pérenne, ces travailleurs se trouvent isolés et démunis.
Ces difficultés sont bien connues de celles et ceux d’entre nous qui, chargés de missions d’enseignement ou d’accompagnement pédagogiques, s’y confrontent régulièrement à travers la détresse de ceux que nous ne pouvons, bien souvent, aider qu’au moyen de bricolages. C’est bien cette solidarité qui nous rappelle aujourd’hui ce que nous devons être, au nom de la république mondiale des sciences qu’est l’université. L’appauvrissement de nos établissements, le mépris constant dont ils font l’objet de la part des pouvoirs publics, n’ont pas uniquement des conséquences sur l’exercice de nos missions ; c’est aussi un obstacle majeur pour notre capacité collective à être à la hauteur de l’une des traditions universitaires les plus essentielles : l’accueil et l’entraide, par-delà les frontières.
En ce sens, la CGT Paris Nanterre appelle à :