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mardi 12 juillet 2022

Blog de la CGT FERC Sup Paris3

Rentrée : un échec de la présidence, et toujours pas de salles

Après le rejet de toutes les propositions de la présidence soumises au vote de la CFVU le lundi 11 juillet, le président de notre université se fend d’un courrier envoyé à tout le personnel (message du 11 juillet à 17h20).

Et il s’excuse… de la longueur de son message.

Prenons cela pour de l’humour. Bien malvenu en cette période dramatique pour notre université. Mais soit, amusez-vous donc, si vous y tenez, mais occupez-vous, vraiment, enfin, de notre problème crucial : le manque de salles (ce que le message présidentiel nomme pudiquement « les difficultés actuelles », en réalité discutées depuis presque une dizaine d’années mais jamais considérées et donc traitées par nos dirigeant.es, d’où l’impasse où les personnels se retrouvent aujourd’hui).

« L’équipe présidentielle prend sa part de responsabilité dans cet échec »

Voici ce qui tout de même ressemble à un mea culpa (« prend sa part » est un peu faible, passons… surtout dans un contexte où toutes les décisions prises à ce jour ne sont pas le fruit d’une réflexion collégiale et démocratique, mais bien le seul fait d’une présidence sourde à sa communauté).

« Elle a réuni les composantes et pris l’avis du CA. Devant le refus massif des acteurs consultés de passer a priori un certain nombre de cours en distanciel pour répartir la charge de façon équitable entre les différents départements et le BET et permettre d’assurer à coup sûr une rentrée dans les temps, une session extraordinaire de la CFVU a été convoquée. »

Décryptage : le CA réuni le vendredi 8 juillet a refusé ne serait-ce que de soumettre au vote la motion qui allait tout de même être votée trois jours plus tard en CFVU. La CFVU, qui était déjà convoquée, avait pour but de faire voter ces mesures, et c’est bien ce qui a été tenté, dans un premier temps. Ces mesures ont été rejetées une par une par les élu.es (voir les résultats des votes).

N’écoutant que son opportunisme, l’équipe présidentielle a alors voté comme un seul homme la motion qui posait fermement le refus de toutes les mesures qu’elle-même avait pourtant essayé de faire passer.
 
Ce qui n’empêche pas le président d’écrire, toute honte bue : « l’équipe présidentielle partageant avec les membres de la CFVU leur attachement à l’enseignement présentiel pour son offre de formation ». Probablement encore de l’humour ? Ou de la manipulation ?

« Cette motion nous conforte dans la démarche entreprise depuis des années… » : double salto, pirouette, rétablissement. Et ahurissement dans la salle : le rejet brutal et unanime des propositions présidentielles était donc en fait une marque de soutien au Président…

« En somme, il n’est nullement demandé de déroger à notre offre de formation en supprimant de nos maquettes, telles qu’elles ont été accréditées, certains cours, voire certaines de nos formations. Il n’est pas non plus demandé de revoir les emplois du temps déjà réalisés »

Ce qu’une mobilisation massive et immédiate de toute la communauté universitaire ces derniers jours a obtenu est maintenant revendiqué… par la présidence, celle-là même qui a essayé d’imposer une rentrée au rabais et qui a été désavouée. Là encore, on admirera le toupet avec lequel la défaite est mystérieusement convertie en victoire.

« Avec le sens du collectif, nous avons surmonté ensemble bien des épreuves… »

Si seulement ! Le sens du collectif est depuis quelques années bien malmené à Paris 3 (voir le récent rapport de l’inspection générale), la démocratie n’est plus qu’un vain mot, et les épreuves sont loin d’être surmontées.

L’AG appelée hier lundi 11 juillet par les syndicats après la CFVU, et qui a réuni une centaine de personnes, a voté la motion en fin de message.

Que l’équipe présidentielle cesse donc de se gargariser de bons mots et se mette au travail, enfin : il faut trouver des salles pour la rentrée, et ce qui aurait dû être réglé depuis des mois voire des années doit être fait maintenant de toute urgence.

Nous avons refusé le distanciel.
C’est probablement une surprise pour la présidence, quelles que soient ses déclarations. Eh bien maintenant, il faut VRAIMENT chercher des salles. Faire VRAIMENT les démarches nécessaires. Auprès de nos tutelles et auprès des bailleurs de salles eux-mêmes. VRAIMENT.

Nous ne céderons pas. La présidence aura beau multiplier les pirouettes rhétoriques, la communauté universitaire continuera d’exiger le droit d’effectuer une rentrée normale : avec assez de salles de cours pour pouvoir accueillir nos étudiant·es en présence, à des horaires décents, dans des groupes de TD raisonnables, et avec une offre de formation préservée.

Nous proposons de nous retrouver en assemblée générale le mardi 6 septembre pour faire le point et envisager la suite. Il semblerait que la présidence envisage d’ores et déjà de passer outre, en septembre, les décisions de la CFVU du 11 juillet… Nous restons vigilant.es…


Motion votée à l’ag du 11 juillet 2022

L’assemblée générale réunie sur le campus Nation de la Sorbonne Nouvelle le lundi 11 juillet 2022 se félicite du rejet par la CFVU des mesures proposées dans l’urgence par l’équipe présidentielle. La rentrée 2022 doit se faire avec des enseignements en présence, les étudiant.es doivent pouvoir assister physiquement aux cours. L’offre de cours ne doit pas être réduite et ces derniers ne doivent pas être placés à des horaires qui en rendraient l’accès difficile aux étudiant.es. La dégradation des conditions d’étude et de travail ne peut être justifiée par l‘étroitesse des locaux, résultat d’un pilotage erratique coupé des personnels comme des étudiant.es.

Nous voulons pouvoir proposer un enseignement varié et de qualité à nos étudiant.es et exercer nos métiers dans des conditions normales.

Nous demandons que les salles qui ont été enlevées à l’université de la Sorbonne nouvelle (monde anglophone, Sorbonne, etc.) nous soient restituées ou que leur perte soit compensée.

Le site Nation est sous-dimensionné. Nous voulons des salles de cours en nombre suffisant pour la rentrée en septembre.

A ce jour notre direction se trouve dans l’incapacité de faire des propositions dans l’intérêt des étudiant.es, des personnels et du service public. 

Les collègues réunis aujourd’hui en assemblée générale demandent à être reçus au plus vite par le rectorat et le ministère pour évoquer la situation générale à l’université et pour trouver des solutions en urgence. 

 

Une prochaine assemblée générale aura lieu le mardi 6 septembre 2022