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vendredi 10 décembre 2021

Blog de la CGT FERC Sup Paris3

Les Shadoks et l’université française (histoire vraie)

Assis face à des enseignants et des membres de l’administration, le président de l’université est entouré de sa garde rapprochée. Il a lancé une réorganisation de son institution : moins de personnel, moins d’offre de cours, plus d’économies (en gros).

Son Directeur Général des Services a tout détaillé dans une note très claire qu’il a bêtement laissée traîner. Et qui a été lue. Tout est y déjà décidé et calculé. Les détails ont circulé. Les gens ont dit : on ne va pas y arriver, c’est déjà dur, ce sera impossible.

La présidence, alors, a embauché un cabinet de conseil privé (payé plus du salaire annuel d’un maître de conférences) pour lancer une « consultation » sur la fameuse réorganisation (au diable l’avarice). Sauf qu’il y avait eu la note, les gens savaient bien que tout était déjà décidé.

La « grogne » ne s’est pas éteinte.

Ni une ni deux, l’équipe présidentielle elle-même décide alors de se déplacer. Pour mener une nouvelle « consultation  » («  le dialogue, c’est important  »). Et c’est ainsi qu’elle se retrouve face à des enseignants et des administratifs mécontents.

Vous suivez ?

  • Étape 1 : on décide de tout sans consulter personne.
  • Étape 2 : on fait venir un cabinet privé extérieur pour papoter avec la base (« le dialogue, c’est important  »).
  • Étape 3 : on fait ce qu’on aurait dû commencer par faire, à savoir discuter en interne sur ce qui va et ne va pas et sur ce qu’il serait bon de faire (sauf que tout est déjà décidé).

Après cela, personne n’est content : ni les décideurs (les gens qui grognent ça commence à bien faire, on perd du temps en palabres inutiles), ni celles et ceux qui seront touchés par la fameuse-réorganisation-pas-encore-définie-mais-en-fait-si (et se retrouveront soit sans emploi, soit réduits à travailler dans des conditions dégradées avec des étudiants qui, en bout de chaîne, seront de moins en moins bien accueillis).

Mais arrêtons là.

Un haut responsable de cette même université, lors d’une récente réunion, a cru bon d’asséner : « Le fonctionnaire est un être de silence ; il sert, il travaille, il se tait » (citation de Michel Debré). Dont acte.

Pendant ce temps les Shadoks de l’université, entre deux sessions de « concertation  » (sous-traitée au privé ou pas), pompent, pompent, ne cessent de pomper.
Ils savent, bien sûr, que « le dialogue, c’est important  ».

Mais ils servent, et travaillent, et sont fermement invités à fermer leur gueule.

Et à pomper, bien sûr.