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Blog de la CGT FERC Sup Paris3

Il y a dire et faire : communication en faux-semblants et dérive présidentialiste

jeudi 1er juillet 2021

 Les récentes communications du président nous obligent à expliquer nos prises de position et à regarder les faits un peu dans le détail, d’où le caractère inhabituellement long de ce texte. Texte intersyndical : CGT FERC Sup, FO ESR, SGEN CFDT, SNASUB-FSU

Le 29 avril 2021, Monsieur Jamil DAKHLIA, Président de notre Université, s’exprimait ainsi en direction de l’ensemble des personnels :

’Je tiens à vous exprimer mon accord le plus complet quant à votre diagnostic sur la situation de “gestion imposée de la pénurie” dont le monde universitaire français fait hélas aujourd’hui les frais. De même, je vous rejoins sur le fait que, par-delà les effets de la pandémie, à l’origine de tant de bouleversements dans nos modes de travail, la fatigue éprouvée par tou.te.s “n’est ni individuelle ni conjoncturelle” mais découle en grande partie “de politiques de l’enseignement supérieur et de la recherche menées depuis la LRU”.’

 

La réponse apportée ? La recherche d’une ’organisation optimale’ qui permettrait de ’gérer nos ressources de la manière la plus rationnelle possible, et accomplir au mieux nos missions de service public’ ; et la promesse de ’stabiliser et sécuriser la situation des personnels BIATSS’, en particulier ’en rehaussant et en refondant leur régime indemnitaire’, notoirement bas à la Sorbonne Nouvelle au point d’être aux limites de la légalité.

 

La vérité sur l’’organisation optimale

La vérité d’un discours est difficile à dissimuler. Notre Président admet que nous sommes sous-financés, suradministrés, et en souffrance. Sa réponse ? Nous adapter en ’gérant au mieux’. Mal organisés, pas assez bien gérés... C’est donc, au fond, un peu de notre faute, aussi. Mais à ce compte, cela ne donne-t-il pas raison à l’austérité qui nous est imposée ? De toute façon, rien d’autre n’est proposé ; si réorganiser ne suffit pas, nous sommes dans une impasse, et la Présidence n’a rien à dire là-dessus —littéralement car de fait elle ne dit rien là-dessus, justement.

 

Réorganiser donc, admettons —mais suivant quels principes ? Gérer nos ressources de la manière la plus rationnelle possible, comment ? La Présidence ne le dit pas, mais la Directrice des Ressources Humaines, a été plus explicite, dans le cadre certes plus restreint de la commission des locaux du 29 septembre 2020 :

Les deux piliers de notre politique depuis un an sont les suivants. D’une part, la nécessité de poursuivre le rehaussement du régime d’indemnisation des BIATSS. D’autre part, l’amélioration du pilotage budgétaire et le pilotage administratif afin d’obtenir une certification de nos comptes et de résoudre le problème d’insoutenabilité financière qui pèse sur notre établissement. [...] la priorité politique de l’équipe présidentielle est de parvenir au rehaussement du régime indemnitaire des personnels BIATSS en tenant compte à la fois de la soutenabilité budgétaire pluriannuelle de cette politique et d’un retour à l’équilibre budgétaire. [...]

C’est pourquoi, dans le cadre de la campagne d’emplois 2021, il n’y aura pas de création nette d’emploi mais des redéploiements, de la même manière que nous nous attacherons à contenir, voire à réduire, le volant d’heures complémentaires signées chaque année.’

 

Et d’ajouter :

’Le montant de masse salariale est limitatif et doit au maximum représenter 83% de notre budget (seuil d’alerte du MESRI). Aujourd’hui, notre établissement présente un taux de 84,9 %.
Nous devons donc agir afin de parvenir à une meilleure maîtrise de notre masse salariale.’

 

Insoutenabilité financière : nous dépenserions trop, et le Ministère nous dit que nous dépenserions trop surtout en salaires et traitements. L’indicateur’ de 83%, inexistant avant le passage aux ’responsabilités et compétences élargies’ (RCE), est parfaitement arbitraire et fantaisiste, un ratio annoncé de façon subjective entre investissement/fonctionnement et masse salariale qui ne prend pas en compte les spécificités des établissements ou des disciplines (il est pourtant évident que les besoins et coûts d’investissement/fonctionnement sont différents selon les domaines). Pas de création d’emplois, il faudrait même réduire la masse salariale et donc supprimer des emplois puisqu’il est impossible de réduire les salaires et traitements, et quant aux nobles ambitions exprimées par la Présidence (essentiellement la hausse des primes pour les BIATSS), elles ne seront réalisées que dans la mesure où les économies imposées par ailleurs permettront de distribuer ces primes à coûts constants. Bref, les BIATSS vont payer par un surcroît de travail (et la mise au chômage des collègues en CDD —il s’agit de réduire la masse salariale, rappelons-le) le financement de leur propre prime. La situation est d’autant plus ubuesque que le chômage est de toute façon à la charge de la Sorbonne Nouvelle, donc pris sur la masse salariale..

 

Un bonneteau budgétaire dans une Université richissime... par ses économies !

Essayons une fois de plus de démonter une ’fake news’ récurrente dans la bouche de nos administrateurs : il n’y a pas, il n’y a jamais eu depuis au moins dix ans de déséquilibre budgétaire, encore moins d’insoutenabilité budgétaire, à la Sorbonne Nouvelle. Nous dégageons un résultat positif (un bénéfice, en langage de profane) chaque année depuis au moins six ans. Nous avons même mis de côté à force d’économies un colossal fonds de roulement (une réserve) de 26.642.840 euros (d’après le dernier compte financier), qui financera facilement les quelque 9,4 millions d’euros que coûtera le déménagement à Nation en 2022, et devrait aussi permettre de créer le fonds d’amortissement nécessaire à nos nouveaux locaux (de l’ordre de 11 millions d’euros semble-t-il). Toutes dépenses, d’ailleurs, que nous n’aurions jamais dû accepter de financer sur des fonds propres déjà calculés au plus juste, et nullement destinés à cela ; c’est pourtant ce que l’université a fait, en abondant chaque année le fonds de roulement grâce à cette sauvage politique d’austérité —ce fonds de roulement qui est passé de 17,9 millions en 2015 à 26,6 millions en 2020, soit l’équivalent de 8 mois de fonctionnement économisés en 5 ans !

 

Les ’nécessités budgétaires’ invoquées par la Présidence incluent par ailleurs (mais ce n’est jamais précisé en public !) des prévisions de dépenses supplémentaires (Nation coûtera 400.000 euros plus cher à entretenir que Censier chaque année, ce qui est certainement vrai mais devrait donner lieu à demande d’augmentation de la dotation État ; l’inflation, de 1,5% par an, ne serait pas compensée par des augmentations de la dotation État ; des fonds devraient être mis de côté pour les gros travaux à hauteur de 400.000 euros par an, sans que l’on comprenne bien pourquoi d’ailleurs ; le GVT ne sera jamais compensé non plus ; etc.). Autant d’excuses plus ou moins bonnes pour maintenir la tradition bien établie à Censier de prévisions pessimistes et d’économies exagérées. Répétons-le : nos réserves dépassent aujourd’hui de 5 à 10 millions les prévisions les plus pessimistes de besoins de financement pour l’installation à Nation, mais le discours reste le même. Cachons cet argent que nous ne saurions voir... et qui est pourtant le nôtre, car il a été mis de côté depuis dix ans en comprimant nos dépenses de fonctionnement. Ce système dysfonctionnel génère du travail supplémentaire et des souffrances pour toute notre communauté universitaire, BIATSS et Enseignants et ou Chercheurs confondus.

 Enfin, nous notons que rien n’est dit sur les revalorisations indemnitaires prévues dans le cadre de la récente loi Recherche : pourquoi cette revalorisation n’est-elle pas mise en œuvre de manière rapide et volontaire si l’université a reçu les fonds pour le 1er volet de la revalorisation ? Celle-ci porte sur les primes des enseignants et EC, mais aussi sur la remontée de l’IFSE des Biatss. Nous demandons à connaître ce qui est fait de ces crédits. Nous demandons également à connaître comment et quand la présidence va appliquer le plan de revalorisation pluriannuel.

Le chef décide, un nouveau modèle de gouvernance universitaire

L’injonction ministérielle étant ainsi prise en compte avec un zèle qu’elle ne mérite certes pas, abordons les deux dernières communications présidentielles, des 31 mai et 9 juin 2021. Passons rapidement sur le début de la première, qui consiste surtout à accuser les syndicats de répandre des faux bruits (alors que tout ce que nous disons est toujours étayé soit par des documents écrits, soit par des témoignages de première main de collègues directement récipiendaires des décisions présidentielles... et il en reste souvent des traces !), et à annoncer que les finances de la Sorbonne Nouvelle sont mal présentées et que la chaîne budgétaire et comptable est défaillante —on remarquera que là encore que la faute ultime tombe sur les personnes qui exécutent, tandis que les chefs remettent de l’ordre, comme toujours... Cette communication décrit la façon dont la Présidence conçoit ses rapports avec ceux qui devraient être les contre-pouvoirs autonomes dans l’université, représentants des personnels d’une part, conseils centraux de l’autre.

 

Les premiers sont vite expédiés : il s’agit d’’examiner’ avec eux les dossiers, sans aucune garantie que leur avis sera pris en compte —et de fait, il ne l’est plus depuis longtemps, quel que soit le temps passé à nous ’écouter’. Il est rare de voir une intersyndicale aussi unie dans son rejet des méthodes de gouvernance d’une université. Le démantèlement du service prévention et sécurité, dont le périmètre est réduit a été réalisé contre l’avis unanime des représentants des personnels. C’est pourtant cet exemple que la Présidence invoque pour illustrer son dialogue social, qui apparemment se réduit à informer CT (Comité technique) et CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de décisions déjà prises, et à ne tenir aucun compte de leurs avis, peut-être longuement écoutés, mais nous serions curieux de connaître la source qui permet à la Présidence dans son message du 31 mai de s’attribuer la médaille d’or du championnat de France de la durée passée à écouter les organisations syndicales. Quoi qu’il en soit entre ’écouter’ et ’entendre’, il y a une marge, transformée en abîme ces derniers mois, au point que cette durée paraît effectivement largement excessive compte tenu de ses résultats.

 

De plus, le message du 31 mai ajoute un nouvel objectif, au détour d’une phrase : ’le débat et le vote dans les instances, dans le respect des prérogatives de chacune d’entre elles’. Ces prérogatives sont définies par la loi (Code de l’éducation) et les statuts et le règlement intérieur de notre Université. Seraient-elle non respectées ? Le message du 9 juin précise qu’il s’agit de ’la ré-intronisation, dans leurs prérogatives spécifiques, des différents conseils et commissions’. La phrase est légèrement plus claire, puisqu’elle suppose que les conseils avaient ’débordé’ leurs prérogatives, qui n’étaient plus ’spécifiques’... Rappelons que deux conseils seulement ont voix délibérative, c’est-à-dire décident : le Conseil d’administration surtout, et sur certains points de recrutements le Conseil académique. Tous les autres conseils sont consultatifs, ce qui convient fort bien à notre Président, qui aime beaucoup consulter, mais ne semble pas très attiré par le rôle d’exécutant mandaté. C’est pourtant ce qu’il est, un exécutif, terme qui dit bien ce qu’il veut dire —les grandes décisions devraient être prises par le CA ou le CAC, et appliquées par le Président. Voilà les conseils priés de débattre et voter sur des décisions proposées clés en main par l’Administration. Loin de préparer ces décisions et de les cadrer en amont, comme c’est le rôle d’un pouvoir législatif, les conseils sont réduits à une fonction plébiscitaire : oui ou non, sur des projets déjà ficelés, dont ils peuvent débattre, mais qu’ils ne peuvent évidemment modifier en profondeur au stade final de la décision, et sur lesquels ils n’ont pas eu leur mot à dire au préalable. Conception très Ve République de la distinction entre exécutif (qui fait tout) et législatif (qui dit oui ou —très rarement— non)... Mais conception en tout point opposée à la collégialité universitaire censée fonder notre gouvernance. 

Et ces ’prérogatives’ déjà restreintes sont parfois encore rognées ; ainsi, au sujet de la campagne d’emplois, le Président a expliqué le 18 décembre au C.A. que ’dans un souci de respect des prérogatives de chacune des instances, la carte des emplois n’a pas été transmise aux conseillers, car c’est au CT de se prononcer sur cet aspect [...] Le CA est quant à lui spécifiquement chargé de veiller au respect du plafond d’emplois et de délibérer sur la répartition, par catégorie, des emplois fournis par l’État’. Notons ici que le CT est consultatif... Le C.A., lui, est censé décider, mais il a dû se prononcer à l’aveugle, nous maintenons le terme, sur des ’mesures RH’ dont voici le contenu exhaustif, tel qu’il a été présenté le 18 décembre —c’est la ’répartition par catégorie’ annoncée :

 

 ’- transformation d’un poste de PRAG en 2 PAST ; 

 - redéploiement d’un poste de LLD vers A&M ; 

 - 21 atérisations.

 [et pour les BIATSS]

 - fermeture de 13 postes, dont 7 dédiés au renfort Nation (4 étaient pourvus sur 7) dont les contrats prendront fin à leur terme, à savoir le 31 août 2021 ;

 - redéployer 6 supports d’emplois au sein de l’établissement ; 

 - 2 transformations (quotité à 100 % ; passage d’un corps IGE à un corps ASI).’

 

Les syndicats envisagent sérieusement d’attaquer cette étrange façon de court-circuiter le C.A. devant le Tribunal administratif, qui dira si ces 7 lignes suffisent, comme l’affirme la Présidence, pour que le C.A. ’détermine la politique de l’établissement’ et ’fixe, sur proposition du président et dans le respect des priorités nationales, la répartition des emplois qui lui sont alloués par les ministres compétents’ (Code de l’éducation). Notons au passage que le C.A. se prononce pourtant bien sur les recrutements individuels, poste par poste, lorsqu’il valide les décisions des comités de sélection —c’est une obligation légale : ’aucune affectation d’un candidat à un emploi d’enseignant-chercheur ne peut être prononcée si le conseil d’administration, en formation restreinte aux enseignants-chercheurs et personnels assimilés, émet un avis défavorable motivé’ (Code de l’éducation aussi).

 

Le résultat : réduire la masse salariale par tous les moyens

Un Président qui décide seul, sans prendre d’orientations préalables des conseils centraux (c’est ce qu’explique de manière très claire le courriel du 31 mai...) ; une politique centrée sur la réduction de la masse salariale et les économies à faire pour dégager les marges de manœuvre permettant —en bout de course— de rehausser les primes. 

C’est bien ce que la communication présidentielle nous confirme, si l’on prend le temps d’en faire une analyse détaillée.

Une fois campé le décor, penchons-nous sur quelques réponses détaillées contenues dans le courriel du 9 juin aux élu.es du comité technique et voyons comment elles s’insèrent dans ce contexte.

 

> Infirmière de prévention, spécialisée en santé au travail 

Pourquoi mettre fin à son détachement alors qu’elle est fonctionnaire ? Elle pourrait être affectée sur le poste de la filière santé du ministère. Il n’y a aucune raison pour qu’elle ne reste pas travailler à l’université.

 

> Maintien du poste au Service de Prévention  :

 Un service prévention et sécurité réduit à un préventeur ne peut répondre à l’ensemble des demandes réglementaires. Réduire les effectifs au service de prévention et sécurité est par ailleurs un geste politique fort, qui confirme notre analyse et révèle la hiérarchie des priorités de la Présidence. Voir l’avis unanime du CHSCT sur ce point en fin de message.

 

> Reprographie :
sous sommes heureux que la présidence soit revenue sur sa décision de suppression de ce service. On comprend que le collègue titulaire reste à la repro et que le cdd du collègue est renouvelé pour un an mais le collègue parti à la retraite sera-t-il remplacé ? Qu’en est-il des effectifs ’futurs’ après l’an prochain ? Pour l’instant, le principe d’un démantèlement de la reprographie semble rester à l’ordre du jour, la réponse de la présidence ne suffit donc pas.

 

> Bibliothèque Sainte Barbe

Les besoins en postes sont immédiats. La vague de départs que connaît cette bibliothèque met en évidence les problématiques de mauvaises conditions de travail liées au manque chronique de postes. La direction promet des postes pour le futur, non seulement, les promesses n’engagent que celles et ceux qui y croient mais en plus le besoin est immédiat.

> Renouvellement des CDDs dit ’renforts nation’. 

On demande leurs prolongations pour un an pour permettre aux opérations de déménagement et post-déménagement de se dérouler. dans les meilleures conditions. D’une façon générale, les moyens mis dans l’accompagnement du déménagement à Nation sont très insuffisants, et la masse salariale ne devrait pas constituer une objection ici, ce ne sont pas des missions pérennes.

 

> Cellule administrative de la DNUM 

Les postes RH et finances vont être redéployés. Cette situation, que l’on retrouve un peu partout dans l’université, pose problème : qui va reprendre les missions autres que DAF de la collègue qui part vers ce service ? Ce départ va être synonyme de surcharge de travail pour les collègues qui restent. Le problème est semblable pour les correspondants RH. Il s’agit bien d’une politique destinée à comprimer la masse salariale en augmentant la charge de travail, merci de l’avoir ainsi confirmé.

 

> Le remplacement des congés maternité. 

Tous les collègues savent que l’augmentation de charge de travail, conséquence d’un congé maternité non remplacé, pose problème. De façon générale, le CHSCT a mis en évidence que les congés maternité non remplacés tout comme les vacances de postes trop longues provoquent de la souffrance au travail. Là encore, il semble bien que les nécessités de compression de la masse salariale priment sur les besoins des personnels et les conditions de travail.

 

> Le poste d’assistant.e social.e.

On nous annonce l’arrivée d’un titulaire en septembre. —mais là encore nous nous inquiétons du turnover excessif sur une fonction vitale pour l’université... Pourquoi avoir laissé partir le précédent assistant social ?

 

> La transformation automatique en CDI des CDD sur fonctions pérennes ou l’ouverture de postes de fonctionnaires 

Nous sommes bien d’accord que la priorité doit être donnée au recrutement de fonctionnaires. Nous avons toujours argué, et depuis de nombreuses années, qu’un CDI n’est qu’un stade transitoire, avant une pleine entrée dans la fonction publique. Le plafond d’emploi est un faux problème. L’université a besoin de collègues contractuel.les pour fonctionner ; attendre des postes de fonctionnaires et ne pas renouveler les CDD revient surtout à institutionnaliser la précarité pour ce groupe de collègues. Supprimer des postes et des missions, ne pas renouveler au-delà de deux ans génère la désorganisation des services, la nécessité de formation des personnels récemment recrutés, le paiement par l’université du chômage, la précarisation des agents, le déplacement des charges administratives sur les enseignant.e.s – chercheur.e.s. Là encore, cette réponse n’a de sens que si la priorité absolue est de réduire la masse salariale.

 

> Le débat sur les restructurations programmées et sur la stratégie de l’université. 

La direction annonce un débat sur les orientations budgétaires et emplois au CA du 18 juin 2021 en vue de la campagne 2022. L’adoption de la LOB (Lettre d’Orientation Budgétaire) 2022 ferait ensuite l’objet d’une délibération au CA du 9 juillet 2021. Dès que les conditions sanitaires le permettront, des réunions publiques ouvertes à tous les personnels seraient organisées au sujet de la stratégie de la Sorbonne Nouvelle.

Cette annonce confirme le processus de marginalisation des conseils centraux, cf. nos commentaires plus haut. La discussion a lieu dans 8 jours, les membres du CA se trouveront face à un projet bouclé, sans avoir le temps d’élaborer leurs propres lignes directrices. Les trois semaines entre le débat et le vote permettront peut-être des aménagements à la marge, mais certainement pas sur le fond. Et bien sûr il n’est pas question de moratoire, au contraire puisque le calendrier est accéléré. Le budget est pourtant censé faire l’objet en amont d’un cadrage de politique générale du CA, dont nous vous rappelons que vous n’êtes que l’exécutant. C’est après seulement que l’administration peut appliquer ce cadrage et le préciser le cas échéant pour aboutir en fin de compte à une proposition de LOB, validée par le CA. La méthode que vous proposez ici rompt entièrement avec la collégialité universitaire.

 

> Restructuration UFR / Département / DEVU 

Vous expliquez que ce point, avec les autres restructurations, doit faire l’objet d’un dialogue social et que pour y parvenir, il est nécessaire que les dossiers correspondants soient préparés par l’administration, afin de poser les bases des discussions en instances. Pour commencer, le ’dialogue social’ que vous invoquez suppose une possibilité de négociation. Pour autant que nous puissions nous en rendre compte, cette possibilité n’existe pas, cf. nos remarques plus haut sur ce point. Ensuite, la lettre d’orientation budgétaire pour 2021 précisait que l’enquête-fonction qui sera effectuée au cours de l’automne et de l’hiver 2020-2021 permettra de déterminer les besoins en termes d’effectifs et de travailler à une meilleure organisation des missions des personnels BIATSS au sein de l’université. Elle guidera les redéploiements intra- et inter-services qui sont à envisager’. Cette enquête est parfois invoquée oralement, mais apparemment elle a tout de l’Arlésienne. La préparation invoquée, qui s’en tient au même processus présidentialiste de préparation en amont puis plébiscite (consultatif de surcroît, ici), n’existe donc pas, il s’agit de décision qui ’ne nécessitent pas’ d’enquêter sur la situation réelle. Belle certitude tranquille, qui s’affranchit cette fois de la nécessité même de s’informer en profondeur... Et surtout, et sur ce point nous ne pouvons que nous répéter : là encore la discussion sur ces dossiers doit faire l’objet d’un cadrage politique général des conseils centraux, dont vous êtes l’exécutant, et c’est après seulement que l’administration peut appliquer ce cadrage. La méthode que vous proposez ici rompt entièrement là encore avec la collégialité universitaire.

 

> politique de contractualisation à la Sorbonne nouvelle

Vous expliquez que l’université est tenue de respecter la réglementation en matière de recrutement et de gestion des contrats des personnels contractuels dans la fonction publique…

. Il faut certes favoriser l’emploi fonctionnaire mais en ayant une politique respectueuse des CDD présents ; mettre les collègues CDD au chômage n’est pas la solution au problème. La précédente présidence avait fini par changer d’avis sur ce point et par mettre en place un processus de cdisation, insuffisant aux yeux de certaines organisations syndicales, mais positif tout de même. Nous ne nous attendions pas à ce que la présidence actuelle, qui avait soutenu le mouvement à l’époque, remette ce protocole en cause. Nous sommes donc contraints de rouvrir ce débat, et de recommencer à lutter pour obtenir le renouvellement des CDD et la cdisation, étapes vers l’emploi fonctionnaire. Le CDI doit devenir la norme, et le CDD l’exception. En particulier, les collègues contractuels sur fonction pérenne devraient être systématiquement renouvelés en CDI puisque c’est maintenant autorisé par la loi quelle que soit la catégorie d’emploi. Remarquons enfin que supprimer des CDD sans garantie de créations de postes revient surtout à réduire la masse salariale et alourdir la charge des collègues restants. Curieuse façon de stabiliser et sécuriser la situation des personnels BIATSS !

Nous laissons le lecteur calculer lui-même la part des réponses qui viennent à l’appui de nos analyses du discours présidentiel actuel. Analyses que nous ne modifions pas d’un iota, évidemment, une fois cette petite expérience de commentaire de texte menée à son terme...

 

La carotte des primes : il pleut toujours où c’est mouillé

Abordons pour terminer les fameuses primes, censées justifier (et compenser au moins en partie) toutes ces économies, au moins pour les titulaires BIATSS. Rappelons que ces primes ne sont pas une faveur, mais un droit, de même que l’autre mesure phare —restée à l’état de promesse à ce jour d’ailleurs, la promesse de payer les personnes chargées de cours en temps et heure, n’est ni plus ni moins qu’une promesse de fonctionner normalement et suivant les règles en vigueur. En somme, en échange de cette innovante réorganisation qui consiste à réduire la masse salariale et à faire travailler plus ceux qui restent pour compenser la mise au chômage des contractuels, la compensation consiste à ’accorder’ aux titulaires BIATSS ce à quoi elles et ils avaient droit de toute façon : des primes dans la moyenne de ce qui se fait ailleurs. Le tout en oubliant les non titulaires… et en augmentant, à terme, ceux qui ont déjà les plus grosses primes.

Conclusion : imposer l’austérité, imposer le pouvoir présidentiel

Tout ceci, nous dit le Président dans son courriel, n’est que malveillance syndicale. il suffit pourtant de lire... la prose présidentielle, sans doute plus claire que son auteur ne le souhaiterait sur bien des points. 

Fondamentalement, notre Présidence se croit obligée d’imposer à la communauté universitaire ces directives ministérielles, et, pour atteindre cet objectif, se croit autorisée à s’affranchir du contrôle de cette communauté, exercée par les conseils centraux via leur fonctionnement démocratique (et non plébiscitaire, ce n’est pas la même chose...). Il y a là une vraie incompréhension, peut-être même un rejet plus ou moins conscient, de ce qu’est un fonctionnement véritablement collectif, qui impliquerait que la Présidence se pense comme le mandataire de la communauté, son exécutant, son serviteur en somme, chargé de rechercher les moyens d’appliquer les décisions collectives, et avant tout d’accoucher celles-ci en accompagnant le débat non comme guide, mais comme catalyseur d’une décision commune prise par principe en-dehors de lui, après expression de ses préférences personnelles certes, mais sans privilégier celles-ci. Renoncer à ce fonctionnement, c’est se condamner au sort de toutes les bureaucraties centralisées modernes où des chefs décident sans système de contrepoids et de négociation, c’est se garantir une combinaison de chaos et d’échec comme seul résultat. 

 Nous exigeons de la présidence :

  • l’arrêt de la politique mise en place ces derniers mois de non renouvellement des CDD
  • la transformation en CDI des CDD sur fonctions pérennes ou l’ouverture de postes de fonctionnaires
  • un moratoire sur les restructurations en cours ou programmées et un débat public sur la stratégie de l’université.
  • la mise en place d’un réel dialogue social sur la politique de contractualisation à la Sorbonne nouvelle
  • l’arrêt des suppressions de postes de titulaires (dont Aterisations etc.)

CGT FERC Sup, FO ESR, SGEN CFDT, SNASUB-FSU

 

CGT FERC Sup - 263 rue de Paris - Case 544 - 93515 Montreuil Cédex - Tél. : +33 155 82 76 28 - Fax : +33 149 88 07 43 - Courriel : ferc-sup@ferc.cgt.fr - Édition