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Blog de la CGT FERC Sup Paris3

Compte financier : non, monsieur le Président, le solde positif de notre activité pour l’année 2020 n’est pas imaginaire.

mardi 16 mars 2021

 Dans une communication envoyée à l’ensemble de la communauté universitaire vendredi après-midi, le Président de notre université annonce un compte financier bénéficiaire de 4,7 millions d’euros tout en expliquant que cet excédent est artificiel.

 La CGT affirme qu’il s’agit d’une présentation incorrecte de la situation réelle et que le bilan est effectivement excédentaire, sans doute pas de 4,7 millions d’euros, mais certainement d’au moins plusieurs millions d’euros. D’ailleurs, tous les bilans depuis 2016 ont été excédentaires..

Notre analyse du compte financier 2020 diffère de celle de la présidence sur plusieurs points.

 Le plus important est que, même si l’on accepte les chiffres de la présidence, le solde de l’exercice 2020 reste positif.

Les recettes exceptionnelles

La présidence annonce 2,4 millions de recettes exceptionnelles suite à un meilleur suivi des contrats pluriannuels. Elle annonce aussi 3,2 millions de charges encourues en 2020 et reportées sur l’an prochain —mais admet dans la même phrase qu’il a fallu payer 2,9 millions de charges encourues en 2019 et reportées sur cette année. En d’autres termes, un tel report se produit chaque année et ne constitue en rien une raison de craindre un déficit. La présentation du compte financier est biaisée et compte en 2020 à la fois les charges payées pour 2019 et celles à payer en 2021. C’est uniquement la différence entre les deux (charges reportées sur 2021 - charges reportées sur 2020) qu’il faut compter, soit 0,3 million d’euros. Le raisonnement de l’ordonnateur n’aurait un sens que si aucune charge n’était reportée sur 2022, ce qui est tout simplement impossible —en matière comptable, il y a toujours des reports.

Les vacances de poste

 Les vacances de postes existent également tous les ans et constituent bien une économie ; ’l’intégrer dans le budget’ ne change rien à son montant, les 1,7 millions sont économisés et une somme peut-être inférieure, mais certainement pas nulle, sera également économisée chaque année du fait que de telles vacances sont inévitables. Au passage, la CGT, qui demande depuis plusieurs années à l’université de pourvoir les postes et d’utiliser toute la masse salariale budgétée, se félicite de la volonté affichée par la Présidence de réduire ces vacances au minimum. Mais elle constate que cet argent non dépensé aurait dû servir, entre autres, à l’augmentation des primes, et non pas à abonder une fois encore le fonds de roulement —et bien sûr, l’objectif “zéro vacances de postes” est irréaliste.

La crise sanitaire

 Le point le plus convaincant du rapport qui accompagne le compte financier concerne l’évaluation des effets de la crise sanitaire sur nos dépenses de fonctionnement... le Covid a fait économiser 200 000 euros à l’université, ce qui peut effectivement être considéré comme un ’gain exceptionnel’ de l’exercice 2020.

En conclusion

 Enfin, Le compte financier annonce 1,5 millions de dépenses pour l’équipement de Nation. Ces sommes ne devraient pas être prises sur le budget mais sur le fond de roulement colossal (plus de 24 millions fin 2019 !) accumulé pour faire face aux dépenses de Nation. Or, les recettes n’indiquent aucun tirage sur ce fond de roulement.

Au total, même en tenant compte des éléments que la présidence invoque, on peut estimer que le solde structurel est positif de 1 à 2 millions d’euros, peut-être plus. Or, la présidence, loin de se féliciter de cette situation et d’en conclure à la possibilité de changer de politique vis-à-vis des personnels, impose au contraire de nouveau l’idée d’un péril budgétaire imminent que ses propres chiffres démentent, comme chaque année d’ailleurs !

Et, contrairement aux discours des tutelles qui avaient été repris par notre direction, notre université n’est pas surencadrée administrativement. Avec 39% de BIATSS (hors bibliothèques inter-universitaires), elle est en dessous de la moyenne nationale pour des établissements comme le nôtre.

Pourquoi cette présentation biaisée : pour imposer de futures économies ?

 La Présidence s’obstine à vouloir appliquer les injonctions de plus en plus irréalistes des tutelles. Après le financement du déménagement et des équipements sur des fonds propres qui n’ont à peu près pas augmenté depuis 5 ans, il s’agit maintenant de financer l’amortissement et l’entretien de l’ensemble du projet —autant dire mettre de côté de quoi le remplacer, au moins en partie. La CGT considère que cette stratégie est suicidaire : les exigences financières des tutelles n’auront jamais de limites, les appliquer finira par détruire notre université.

  •  La CGT demande à la présidence d’acter clairement l’impossibilité de satisfaire les exigences des tutelles en matière d’amortissement et d’entretien. Il en va de notre survie comme établissement.
  •  La CGT demande une présentation du budget claire et sans biais pour informer la communauté universitaire de notre situation financière réelle, qui est celle d’une institution saignée à blanc par dix années d’austérité, assise sur environ 10M de réserves hors fonds de roulement normal, et à qui les tutelles demandent pourtant des efforts supplémentaires injustifiables.
  •  Enfin, la CGT demande que les conseils centraux soient rendus à leur vraie fonction de direction et de contrôle, et ne soient plus soumis à des opérations de communication qui ne profitent à personne et sèment confusion et discorde. Le budget a produit un solde positif, et il n’y a pas d’explosion de la masse salariale depuis cinq ans. 

 C’est à partir des faits que les politiques à suivre doivent être choisies. Ces politiques ne seront pas forcément celles souhaitées par notre syndicat, mais elles auront au moins l’avantage de partir d’une base factuelle collectivement acceptée, et connue de tous. La présentation du budget vendredi ne répond pas à cette exigence

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