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Malgré des signalements multiples, cinq de nos collègues travaillant à l’UMS28 à la Pitié Salpêtrière subissent depuis 4 mois une succession de décisions brutales et incompréhensibles de la part de leur direction et des Ressources Humaines de Sorbonne Université et de l’INSERM.
La situation actuelle découle de la fermeture précipitée et non concertée de la Nouvelle Animalerie Commune (NAC) de l’UMS 28 en Novembre 2024. Cette décision, qualifiée d’urgente par la hiérarchie, a été prise de manière unilatérale, sans consultation préalable des agents et des utilisateurs. Aucune réunion collective n’a été organisée pour permettre un échange ou une réflexion commune. Les convocations individuelles des 5 agents, limitées à de simples rendez-vous informatifs, ne leur ont laissé aucune possibilité d’exprimer leurs points de vue ou de proposer des alternatives.
La direction a d’abord justifié a posteriori cette fermeture par des absences trop nombreuses des agents de la NAC. Or, il est rapidement apparu, à l’analyse des faits, que les absences étaient parfaitement justifiées, liées notamment aux situations de handicap de plusieurs des agents en RQTH et n’avaient gênées en rien le fonctionnement de la NAC. En effet ces agents, depuis presque 20 ans, font tourner leur animalerie en professionnels aguerris dont le travail était reconnu. Pendant la période Covid, en l’absence du directeur qui était en Roumanie où il est officiellement professeur, ils ont assuré seuls la gestion de crise, l’animalerie fournissant les équipes travaillant localement sur la Covid.
La direction a ensuite essayé de justifier la fermeture par la nécessite de procéder à des travaux de rénovation. Or, ces travaux ne commenceront pas avant au moins un an et demi. Il n’y avait donc aucune urgence à fermer brutalement, sans organisation ni anticipation des conséquences sur le sort des agents.
Nos collègues sont depuis cette annonce ballottés entre les différentes animaleries de la Pitié Salpêtrière et de l’Hôpital Charles Foix à Ivry (site éloigné des transports en commun).
En effet, il apparaît que la direction de l’unité, épaulée par les ressources humaines, font des pressions redoublées, usant de méthodes extrêmement critiquables et de propos inacceptables, pour que les agents qui ont statut de fonctionnaire quittent le site.
Avec cette fermeture brutale, la direction de l’UMS28 et les RH de la Faculté de Santé et de l’INSERM envoient un signal clair : les agents fonctionnaires n’ont plus leur place, surtout quand ils sont en situation de handicap, et doivent être remplacés par des agents en CDD – qui sont majoritaires à l’UMS28 – ou encore mieux, faire appel à des entreprises privées qui assureront le service clef en main.
Et cela tombe bien car le directeur de l’UMS28 a fondé avec des collègues de l’INSERM et de Sorbonne Université sa propre société privée de gestion d’animalerie – Uniivo. Cette entreprise a déjà obtenu plus d’une vingtaine de marchés publics avec l’INSERM, le CNRS ou les Universités pour gérer leurs animaleries.
Comme quoi les logiques du Trumpisme sont déjà à l’œuvre sur nos territoires avec la même violence.
Un signalement des risques psychosociaux ignoré et transformé en sanction
Face à ce traitement inacceptable, les agents ont signalé un risque psychosocial (RPS), dénonçant la détresse provoquée par cette fermeture brutale et désorganisée. Suite à leur audition par les RH de Sorbonne Université et de l’INSERM, il n’y a eu :
👉 Aucune remise en question des décisions prises par la direction.
👉 Aucune protection des agents, alors même que la loi les oblige à protéger leurs agents des risques psychologiques et physiques.
👉 Aucune organisation mise en place pour gérer leur situation pendant cette période.
👉 Aucune anticipation sur leur redéploiement.
👉Aucune prise en compte de leur avenir professionnel.
Pire encore, plutôt que d’apporter des solutions, la direction a transformé ce signalement en sanction. Les agents ont été dispersés sans ménagement, sans réel plan d’accompagnement, et sans prise en compte de leur vie familiale.
Des agents dévoués jetés comme de simples pions.
Ces zootechniciens, dévoués et invisibilisés, ont tenu l’animalerie à bout de bras pendant près de 20 ans, malgré des conditions difficiles :
✔ Le décès d’une collègue de longue date
✔ le changement de poste pour une autre fonction au sein de l’UMS, par la responsable en 2023 (ce qui ne posait apparemment pas de problème pour la continuité de service aux yeux de la hiérarchie)
✔ Un manque chronique de personnel, auquel ils ont toujours su pallier, malgré leurs propres difficultés de santé.
Et quelle est leur récompense ?
👉 Être ballottés sans ménagement entre les différentes animaleries de la Pitié Salpêtrière et de l’Hôpital Charles Foix, au gré des décisions arbitraires de la direction.
👉 Se voir privés de toute possibilité d’évolution professionnelle, alors qu’ils travaillaient ensemble depuis près de 20 ans sans jamais avoir changé de site.
👉 Être traités comme de simples variables d’ajustement, soumis à une pression insidieuse pour briser leur cohésion et, à terme, les pousser à quitter l’unité voire la fonction publique.