"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
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Le 2 décembre toutes et tous mobilisé·es contre l’austérité et pour nos salaires
Le budget d’austérité du gouvernement est actuellement en discussion. Depuis 10 ans, la part de l’État dans les dépenses d’enseignement supérieur a diminué de 12 %. En 2026, ce seront encore les salarié·es, les jeunes et les retraité·es qui trinqueront : gel des salaires dans la fonction publique, blocage des pensions des retraites, hausse des franchises médicales, coupes dans les services publics…
Dans le public, le gel du point d’indice a fait perdre plus de 23 % de pouvoir d’achat en 20 ans. Alors que chaque année, 211 milliards d’euros d’aides publiques sont versés aux entreprises sans contrôle ni contrepartie. Chaque année, le secteur privé vole l’argent public des universités via le crédit d’impôt recherche (CIR), à hauteur de 8 milliards d’euros. En outre les dividendes explosent : +50 % en cinq ans, un record mondial. Les grandes fortunes continuent d’accumuler : les 500 familles les plus riches en France possèdent un patrimoine équivalent à 40 % du revenu national ! Bref de l’argent il y en a, mais pas pour nous !
Cette austérité budgétaire se double de politiques réactionnaires. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR) a favorisé l’interdiction d’un colloque sur la Palestine au Collège de France, puis a lancé un questionnaire nauséabond pour ficher les opinions politiques des agent.es des universités, sous prétexte de lutte contre l’antisémitisme. Enfin, une fois encore, notre université se retrouve prise dans une polémique publique construite de toutes pièces, dont le seul objectif est de soumettre le monde académique à un contrôle politique de plus en plus strict, et de plus en plus à droite. Au lieu de soutenir le collègue aujourd’hui menacé et harcelé, la présidence de l’établissement n’a rien trouvé de mieux que de le dénoncer à la justice ! A croire que le bruit des bottes donne à certain.es l’envie d’en chausser.
Budget de l’ESR : il y a urgence !
Le budget de 2026 amplifie un tournant idéologique majeur qui met en grand danger le service public de l’ESR : l’Etat considère les Universités comme des entités autonomes et estime que les personnels sont employés par ces entités autonomes, détachées de l’Etat. Ainsi, il impose des mesures, et ne les finance plus à hauteur des besoins.
– Mesures RH : On observe un désengagement continu de l’État ; il ne prend plus la peine de financer les mesures RH pour les personnels de l’ESR alors qu’elles relèvent pourtant de la fonction publique d’État. Par exemple les primes issues de la LPR (Loi de Programme de la Recherche), l’avancement de carrière des collègues, ou encore le financement des retraites des fonctionnaires, pour lequel l’Etat demande aux universités de cotiser davantage sans compenser cette hausse.
– Mutuelles : Il n’y a à ce jour aucune assurance que l’État prenne en charge le coût de mise en œuvre de la Protection Sociale Complémentaire (PSC), en contradiction flagrante avec l’accord initial. Pire encore, le ministère annonce - sous couvert d’autonomie - qu’il laisse la main aux établissements pour une mise en œuvre « avant décembre 2026 », remettant en cause le déploiement qui devait être effectif à compter du 1er mai 2026. Ce nouveau délai est honteux alors que nous sommes le dernier ministère de toute la fonction publique d’Etat à accéder enfin aux 50% de notre mutuelle prise en charge par l’employeur.
– COMP (contrats d’objectifs, de moyens et de performance) : Le ministre Philippe Baptiste annonçait le 8 avril 2025, la généralisation des COMP qui représenteraient maintenant l’intégralité (100%) du calcul des budgets des universités, au lieu de la subvention pour charge de service public. Celle-ci, malgré toutes ses insuffisances et limites, restait fondée sur une logique de moyens selon des besoins. Avec le COMP, c’est le règne du financement par « projets » au service d’une « performance » mesurée par une pléthore d’indicateurs absurdes !
Le gouvernement pousse les Universités à développer leurs ressources propres et prépare le terrain à des mesures scandaleuses en les acculant toujours plus financièrement. Il a par exemple commandé un rapport qui propose de multiplier par 16 les frais d’inscription pour les étudiant·es. C’est la fin de la gratuité du service public qui est ici programmée et la dérégulation totale du secteur vers une marchandisation débridée.
A Lyon 2, un plan d’austérité sans précédent
Le plan d’austérité à Lyon 2 est sans précédent pour notre établissement et s’étalera au moins jusqu’en 2028. Il dégradera les conditions de travail de tous les personnels et les conditions d’études des étudiant.es. Et le rectorat, dans son avis, pointe déjà qu’il ne sera pas suffisant pour réduire la masse salariale.
Le plan d’austérité prévoit la suppression définitive de 15 postes titulaires (10 BIATSS, 5 EC), qui ne seront pas remplacés. Mais ce chiffre brandi par la présidence est trompeur car il masque :
– les multiples titulaires dont les postes seront transformés (au mieux) en postes contractuels pour une durée indéterminée en raison du gel des embauches de titulaires (jusqu’en 2028 selon la présidence, mais en réalité elle n’a aucun moyen de garantir que ces postes contractuels deviendront de nouveau des postes titulaires après cette date). Pour l’année 2026, ce sont ainsi 27 postes EC qui sont transformés en ATER, dont 9 à l’UFR LESLA : une hécatombe !
– les multiples contractuels dont les postes ne seront pas renouvelés, ou bien renouvelés pour des temps partiels imposés ou des durées très limitées : c’est déjà le cas dans certains services (au Service de Santé étudiante par exemple). La multiplication d’autres statuts contractuels encore plus pourris sont aussi à craindre, tels que les contrats LRU, les vacations, la sous-traitance (ménages, sécurité, espaces verts...).
Les conditions de travail seront d’autant plus dégradées que ce plan d’austérité prévoit le développement de missions pour lesquelles on ne connait pas les moyens qui seront alloués : ouverture de formations en alternance, accent mis sur la formation continue, etc. La présidence oublie que pour gérer ces formations, il faut des enseignant.es titulaires, des gestionnaires de scolarité sur la durée et un service commun de la formation continue avec des effectifs suffisants pour absorber ces missions !
Aujourd’hui, ce sont tous les services qui accueillent les étudiant.es qui sont d’ores et déjà touchés de plein fouet : mission handicap, service de santé étudiante (SSE), Centre d’Orientation, des Stages et de l’Insertion des Étudiantes et étudiants (COSIE), bureau des étudiant.es internationaux (DRI), scolarités, etc.
Ce plan d’austérité est enfin couplé à la nouvelle accréditation des formations, où 10% des heures d’enseignement vont disparaître : des parcours et des diplômes jugés "non rentables" vont fermer, les heures de CM seront rationnées, les groupes de TD seront encore plus remplis et les responsabilités d’année et la gestion de scolarité toujours aussi complexes et éreintantes.
Faire grève pour arrêter la machine à nous broyer
Le 2 décembre il est temps de faire grève ensemble pour dire STOP à l’engrenage infernal de l’austérité ! Nous appelons :
– à se retrouver en Assemblée générale (AG) le 2 décembre à 9h à BDR (salle CLI.008),
– à se mettre en grève massivement,
– à rejoindre la manifestation à 11h, Place des Cordeliers,
– à vous syndiquer pour construire et amplifier la lutte dans la durée !
CGT Lyon 2 et Sud Education Lyon 2