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jeudi 21 mai 2026

Page web du Syndicat CGT FERC Sup de l’Université Lyon 2

Tapis rouge pour l’austérité et l’extrême droite

Se jeter dans le vide comme Thelma et Louise ?

Après un road trip plein de fougue, cernées par l’armée et la police, Thelma et Louise préfèrent se précipiter dans le vide plutôt qu’abdiquer leur liberté. A Lyon 2, force est de constater que lorsque l’on appuie sur l’accélérateur, ce n’est jamais pour faire acte de résistance. Après le Conseil d’administration (CA) d’octobre 2025 ayant voté le plan d’austérité, la CFVU du 12 mai vient de nous jeter dans l’abime de l’austérité sans jamais envisager la rage de se battre et de vaincre des héroïnes incarnées par Susan Sarandon et Geena Davis.

Il y a un mois la mobilisation et les lettres ouvertes provenant de collègues de plusieurs UFR avaient largement pesé sur le rejet par la CFVU de l’accréditation le 10 avril. Cela a permis de remettre sur la table les conséquences concrètes d’une nouvelle offre de formation qui reflète le plan d’austérité. Ce dernier, voté en octobre 2025 par le CA, prévoit des économies de 1,5 millions d’euros sur l’offre de formation. Au total, ce plan représente près de 4 millions d’euros de mesures d’économies, telles que la suppression et le gel de nombreux postes, leur transformation en contrats précaires, et l’externalisation d’une partie du service de ménage au profit de la multinationale GSF. Ce sont donc 10% des heures de cours qui étaient censées disparaître.

Après un rejet le 10 avril, de nouvelles discussions ont été entamées, permettant de grappiller quelques centaines d’heures. C’est évidemment trop peu à notre goût, et surtout pas la bonne méthode. Une accréditation aurait dû être avant tout un moment de réflexion pédagogique, pas de recherche du moindre centime économisable.

La CFVU du 12 mai a donc voté la répartition des heures entre les formations pour la nouvelle accréditation. Seul.es les représentant.es de la CGT, de la FSU et de l’UNEF ont voté contre. C’est bien un volet du plan d’austérité qui vient d’être acté par la CFVU.

Sélection officielle pour les étudiant.es étranger.es

Dans le budget 2024-2025, au sein des recettes propres de l’Université, les droits d’inscription s’élèvent à 4,7 millions d’euros, en hausse de plus d’un million d’euros par rapport à 2023-2024, en lien notamment lien avec la fin de l’exonération systématique pour les étudiant.es étrangers extracommunautaires en master. Ces droits d’inscriptions représentent 10,7% des recettes propres de l’établissement dans le budget 2024-2025. On ne sait pas combien représentent les frais différenciés dans ces frais d’inscriptions globaux.

Ce que l’on sait en revanche, c’est que le plan d’austérité présenté au CA d’octobre 2025 prévoit qu’à compter de la mise en œuvre pleine et entière des nouveaux critères d’exonération prévue pour 2026-2027, les frais différenciés devraient alors représenter un volume d’environ 5,2 M€ de recettes annuelles. Plutôt que doter les universités de moyens à la hauteur de leurs besoins, on préfère donc faire payer les étudiant.es étrangers.

Prix du plus mauvais scénario

Résumons ce mauvais scénario : les universités sont en difficulté financière depuis des années et au lieu de mettre à contribution les grandes fortunes et les grandes entreprises - comme par exemple en abrogeant la niche fiscale de 8 milliards d’euros que représente le Crédit d’impôt recherche (CIR) - l’État sabre dans les moyens et taxe les étudiants et étudiantes.

Aussi, le gouvernement revient petit à petit sur la gratuité de l’enseignement public et dérégule les frais d’inscription à l’université. Pour ce faire, il commence par s’attaquer aux frais des étudiant.es non européen·nes. Cette mesure raciste fait suite à la suppression cette année des allocations logement pour les étudiant.es étranger·es non boursier·es. A terme, le projet politique est d’appliquer ces frais à l’ensemble des étudiants.es.

Austérité pour les universités, préférence nationale : le RN en rêvait, le gouvernement l’a fait, avec la passivité zélée de nos présidences d’université, de fait complices de ces mesures ! La voie est pavée pour une catastrophe politique de grande ampleur en 2027 qu’il nous faut absolument conjurer.

Un certain regard

Face à ces attaques, il faut rassembler nos forces. L’année à venir s’annonce décisive pour nos services publics, dont les principes sont ceux d’un modèle démocratique, égalitaire, gratuit.

Plus proche de nous, fin mai 2026, le conseil d’administration de l’Université Lyon 2 se prononcera sur un nouveau plan d’austérité (PREF : plan de retour à l’équilibre financier). En effet, malgré des mesures déjà difficiles, l’Université ne respecte toujours pas le critère impossible à tenir de dépenses de personnels qui doivent représenter moins de 85 % des produits encaissables dans notre budget. Nous ne connaissons pour l’instant pas le détail des mesures qui seront proposées. La CGT vous tiendra informé.es.

Pour construire les luttes, nous avons besoin de forces militantes actives. Nous invitons toutes celles et ceux qui partagent nos analyses, nos revendications et nos valeurs à nous rejoindre.