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Réinternalisation des personnels de ménage à Sciences Po GrenobleDepuis 2023, la direction de Sciences Po Grenoble – UGA avait décidé d’externaliser le service d’entretien des locaux. Le projet, présenté par la directrice Sabine Saurugger comme un progrès social pour les collègues, ne recueille en janvier 2024 ni l’avis favorable des élu·es au CSA, ni celui des étudiant·es qui se mobilisent à de nombreuses reprises. Une grève des personnels de l’établissement a même lieu en mars 2024. Peu importe, le marché est lancé, et l’externalisation actée le 1er novembre 2024.
Pour les agents qui ont le « privilège » d’être repris par l’opérateur extérieur, le « géant » Atalian, les conditions de travail se dégradent immédiatement, les conditions substantielles de leurs contrats publics ne sont pas reprises, perte d’ancienneté, de jours de congés, clauses illégales, ce que l’inspection du travail constate en décembre 2024. Paiement aléatoire des salaires, cadences impossibles à tenir : ils y laissent en quelques mois une partie de leur santé physique et mentale. Côté établissement, le ménage est moins régulier et moins efficace, et les usager·es se plaignent, le marché a été totalement sous-dimensionné.
Simon Persico, nommé directeur en février 2025, s’était engagé à rouvrir le dossier face à la situation. Et la dégradation de l’entretien du bâtiment est telle que Atalian, qui a obtenu le marché, choisit de ne pas le renouveler au bout de la première année. Les élu·es au CSA et les étudiant·es ne lâchent rien ! La mobilisation pour une réinternalisation ne faiblit pas.
La nouvelle direction travaille alors avec les élu·es au CSA sur un scénario de réinternalisation partielle. Il s’agit en fait du retour à une situation évoquée par les élu·es dès juillet 2023 : maintien d’une équipe internalisée et renforts partiels, solution loin d’être idéale mais soutenable pour l’établissement.... Cela se traduit par la réouverture de 3 postes, 1 CDI et 2 CDD, assortie de prestations confiées à un prestataire externe en renfort pour le nettoyage en soirée, les remises en état et périodes de forte activité.
Mais le combat n’était pas encore fini : quid des collègues qui avaient vécu l’enfer ces derniers mois ? Le doute plane encore sur la reprise des anciens agents, procédure de recrutement lourde, grosse concurrence montrant à quel point la précarité est réelle sur ce secteur... Suite à la mobilisation des étudiant·es, qui bloquent de nouveau l’établissement le 25 septembre, le directeur annonce par courriel à tout l’établissement que les agents seront repris avec un contrat de droit public.
Ce qui est confirmé en CSA du 26 septembre : les trois agents sont repris !
Ce succès rare, dans une période où l’externalisation et ses méfaits triomphent partout, n’aura été ni facile ni évident. Il est à mettre sur le compte d’une mobilisation sans faille des élu·es au CSA, mais aussi d’une partie des employé·es de l’établissement et des étudiant·es.