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TAM TAM n°648 - 8 novembre 2021 - Maladie de Creutzfeldt-Jakob

lundi 8 novembre 2021

Maladie de Creutzfeldt-Jakob : pour établir la vérité

Le 17 juin 2019, Émilie est décédée de la maladie du nouveau variant de Creutzfeldt-Jakob, à 33 ans. Elle avait contracté cette maladie lors d’un accident du travail survenu en 2010 dans les locaux de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) de Jouy-en-Josas. Il s’agissait de son premier emploi en CDD, elle n’avait alors que 23 ans. Elle travaillait sur des agents hautement pathogènes pour l’homme : les prions infectieux.

L’action de la famille d’Émilie, relayée par les CHSCT de l’INRAE et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), a contraint la direction de l’INRAE à sortir du déni en reconnaissant finalement qu’Émilie travaillait bien sur des prions infectieux lors de son travail à l’INRA.

En septembre 2020, une mission d’expertise de la sécurité dans les laboratoires de recherche publics sur les prions infectieux rendait son rapport aux ministres de la recherche et de l’agriculture. Ce rapport préconise en particulier que les ministères mènent un suivi de l’exposition professionnelle aux prions, en plus d’assurer (enfin !) la sécurité des agents par un renforcement des protocoles de sécurité et une harmonisation des procédures en cas d’accident.

Fin juillet 2021, un second cas de personne atteinte de la maladie de Creutzfeldt-Jakob et qui avait travaillé dans un laboratoire de l’INRAE sur les prions était révélé. Après ce second cas, et plus de deux ans après le décès d’Émilie, l’Anses, le CEA, le CNRS, l’Inserm et l’Inrae, en accord avec le MESR, annonçaient un moratoire de trois mois sur les travaux de recherche relatifs aux maladies à prions. Dans la foulée, nos camarades de la CGT-INRAE publiait un communiqué de presse, exigeant qu’un recensement des collègues de l’INRAE ayant travaillé sur les prions soit effectué au plus vite.

Il n’y a pas de recensement obligatoire des laboratoires de recherche qui travaillent sur les prions infectieux. La délégation d’enquête en a identifié neuf en France, dont quatre en lien avec des universités (Sorbonne-Université, Montpellier, Université de Paris, Université de Bretagne Occidentale). Il n’est pas impossible que d’autres établissements soient concernés.

C’est pourquoi la CGT FERC Sup alerte ses syndicats sur la situation par ce TAM TAM. Une note de lecture du rapport de l’IGESR et deux publications viennent compléter les deux rapports (INRAE et IGESR) sur la question. La lecture de ces documents de qualité est nécessaire pour prendre la mesure du danger particulier des prions infectieux (maladie mortelle et incurable, temps d’incubation de plusieurs années, résistance particulière du prion).

L’accident d’Émilie illustre les failles de sécurité propre à l’ESR, failles accentuées par la précarité (de jeunes collègues contractuels sont exposés à des risques très particuliers sans formation ni expérience) et par les financements sur projets (l’appât du gain conduit nos établissements à entreprendre des recherches financées sans connaissance particulière du sujet et sans expérience des dangers propres à ces sujets financés).

Il nous semble important d’alerter les CHSCT d’établissements sur la situation, de les interpeller sur l’existence en leur sein de laboratoires ou d’équipes travaillant sur le sujet, et sur le suivi professionnel et post-professionnel de l’exposition à des risques biologiques, en plus de l’obligation réglementaire de ce suivi sur les CMR (agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction).

Au delà, il nous semble important que toutes les personnes ayant travaillé ces 25 dernières années sur les prions infectieux, qu’elles soient agents titulaires, contractuelles ou stagiaires, actives ou retraitées, soient recensées au plus vite de façon exhaustive et que leur état de santé soit vérifié et surveillé. La CGT FERC Sup les invite à se signaler à l’employeur et directement auprès d’elle : ferc-sup@ferc.cgt.fr

Pour aller plus loin…

Dossier dédié sur le site militant

- Notes de lecture du rapport de la mission d’expertise de la sécurité dans les laboratoires de recherche sur les prions infectieux, CGT FERC Sup, Novembre 2021

- Histoire des prions, P. Berche, Feuillets de Biologie,Vol. Liv. n°315, Novembre 2013

- Rapport de la mission d’expertise de la sécurité dans les laboratoires de recherche sur les prions infectieux, IGÉSR n° 2020-123 – CGAAER n° 19081 - septembre 2020

- Évaluation et prévention des risques professionnels dans l’unité VIM et l’unité expérimentale IERP, Centre de Jouy-en-Josas – Antony, INRAE, Expertise agréée CHSCT, 7 décembre 2020

- Aerosols Transmit Prions to Immunocompetent and Imminodeficient Mice, J. Haybaeck et al., PLOS Pathog 7(1) : e1001257. doi :10.1371/journal.ppat.1001257, January 13, 2011

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