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Menu ☰Accueil > Les dossiers > Travail / Santé > Protection sociale complémentaire (PSC) > PSC : la future complémentaire santé obligatoire dans l’ESR
Fin octobre, tous les personnels payés par les établissements d’enseignement supérieur et de recherche (hors vacataires...) vont recevoir un mail pour l’adhésion à la complémentaire santé obligatoire (voir le site MGEN PSC). Les personnels payés par les organismes de recherche seront contactés séparément (par ex. : CNRS : février 2026). Les retraité·es auront une proposition d’adhésion dans un second temps.
Chaque agent·e de l’ESR devra faire les démarches auprès de la MGEN dans les 21 jours après réception du message pour :
Par défaut, tous les personnels adhéreront à la complémentaire santé obligatoire. Si l’agent·e ne répond pas, l’adhésion sans option sera automatique.
Rappelons que l’État employeur financera 50% de la cotisation d’équilibre (environ 37,70€ sur 75,40€) pour les agent·es actives (mais pas pour les ayants-droits, ni pour les retraité·es). Dans un couple d’agent·es publics d’État, les deux agent·es ont intérêt à adhérer (plutôt que l’un·e adhère et l’autre soit ayant-droit), car l’employeur paiera pour chacun d’eux 50% de la cotisation.
La cotisation de l’agent·e sera prélevée directement sur la fiche de paie ; les cotisations des ayants-droits et le surcoût éventuel des options seront prélevés sur le compte bancaire de l’adhérent·e.
Les principaux motifs de dispense (cf. article 3 du Décret n° 2022-633) sont :
Le simulateur de la MGEN permet d’estimer le montant de la cotisation.
Un comparatif du panier de soin est disponible.
L’accord PSC (Protection Sociale Complémentaire) institue pour l’ensemble des agent·es une mutuelle à adhésion obligatoire. Il entre en vigueur à compter de mai 2026. Il apporte quelques avancées immédiates pour notre complémentaire, mais dans un cadre général régressif : la remise en cause de la Sécurité sociale (exonérations de cotisations, franchises médicales, etc.) et l’ouverture à la concurrence des complémentaires (mélangeant mutuelles et assurances à but lucratif). L’accord étend à la fonction publique l’obligation de prise en charge par l’employeur du financement de 50% des frais de complémentaire santé, mise en place en 2016 dans le privé.
L’accord a été signé par une majorité des organisations syndicales, y compris la CGT, en deux temps : d’abord au niveau de la fonction publique d’État en janvier 2022, ensuite au niveau des ministères de l’Éducation nationale (MEN), de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), et de Jeunesse et Sport (MJS) en avril 2024. Ces accords entérinent le fait de choisir le prestataire de notre PSC après mise en concurrence (marché public) tous les six ans. Les résultats du marché PSC ont été rendus publics en mars 2025 : la MGEN, mutuelle historique de notre champ, en groupement avec CNP assurances (Société Anonyme détenue à 100 % par la Banque Postale), a été seule à répondre et remporte le marché. Elle sera la mutuelle obligatoire de l’ensemble des agent·es des trois ministères.
En matière de santé, la CGT défend le 100% Sécu et le principe « on cotise selon ses moyens, on reçoit selon ses besoins ». Pour fonctionner, la Sécu doit être universelle (couvrir tout le monde), unique (pas de concurrence) et uniforme (égalité de toutes et tous).
Mais la Sécu est attaquée : les exonérations de cotisation sociale explosent, minant son financement. Les déremboursements, au fil du temps, ne cessent de se multiplier et le reste à charge pour les assuré·es augmentent. Aujourd’hui le « ticket modérateur » (à la charge des complémentaires après remboursement de la Sécu) est de 30%, soit 9€ sur une consultation médicale de 30€ ! Et le gouvernement augmente les franchises (non remboursées) pour tous les actes (2€ par consultation, 1€ par médicament par exemple).
Parallèlement, l’offre des assurances complémentaires s’est multipliée : c’est tout un pan du secteur de la santé qui est donné au marché et échappe ainsi aux cotisations des employeurs. La mise en place de la PSC va permettre de faire contribuer les employeurs publics sur l’ensemble des dépenses de santé des agent·es et de couvrir l’intégralité des personnels actifs.
La CGT assume sa double besogne : défendre l’idéal du 100% Sécu et se battre pour améliorer au quotidien les conditions de travail et de santé des personnels. La CGT a donc signé l’accord PSC après avoir largement contribué à la négociation et arraché des améliorations pour les personnels. Mais le dispositif est loin d’être parfait et doit encore évoluer.
Montant de la cotisation d’équilibre (cotisation moyenne qui permet un équilibre financier du système / personne) : 75,40 € / mois, financé à 50 % par l’employeur pour les actif·ves. Cela constitue une participation financière importante de l’État.
Une mutuelle obligatoire ? Le contrat est à adhésion obligatoire mais quelques cas de dispense existent, notamment quand le contrat collectif de l’employeur du ou de la conjoint·e couvre déjà l’agent·e. L’universalité permet de mutualiser les risques, afin que les bien portants cotisent pour les malades.
Des formes de solidarité (familiales, générationnelles et sociales) ont été négociées et obtenues : la cotisation pour le 3ème enfant est gratuite, le plafond de cotisation des retraité·es est relativement limité (175 % contre typiquement 250 % dans le privé), les plus bas salaires cotisent moins que les plus hauts. La solidarité reste limitée ; en particulier l’employeur a refusé de financer quoi que ce soit pour les ayants-droits et les retraités.
Des fonds de solidarité complémentaires : deux fonds de solidarité viennent compléter le dispositif. Ils sont financés par des cotisations additionnelles des agent·es sans participation de l’employeur. Ces fonds sont donc notre argent, dont nous disposerons solidairement.
Enfants et conjoint·es : les conjoint·es des actif·ves et les enfants des bénéficiaires peuvent également être affiliés au régime, sans financement de l’employeur. La cotisation est gratuite à partir du troisième enfant.
Retraité·es : les retraité·es ont un an, à réception de l’information, pour adhérer au dispositif. L’employeur est tenu d’informer tous les retraité·es. À partir de mai 2026, les nouveaux retraité·es disposeront du même délai pour faire leur choix. La cotisation retraité augmente progressivement jusqu’à 75 ans (175 % de la cotisation d’équilibre, soit 131,95€).
| Niveau de revenus (brut mensuel) | Cotisation agent·e (part forfaitaire) | Cotisation agent·e (part solidaire) | Cotisation fonds social 2 % | Cotisation fonds solidarité retraités 3 % | Total cotisation agent·e (tout compris) |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 300 € | 15,08 € | 11,31 € | 0,53 € | 0,79 € | 27,71 € |
| 1 600 € | 15,08 € | 13,92 € | 0,58 € | 0,87 € | 30,45 € |
| 2 500 € | 15,08 € | 21,75 € | 0,74 € | 1,10 € | 38,67 € |
| 3923 € et + | 15,08 € | 34,13 € | 0,98 € | 1,48 € | 51,67 € |
| Taux cotisation ( % cotisation d’équilibre) | Montant cotisation (totale, avec fonds de solidarité) | |
|---|---|---|
| Cotisation min retraité·es | 100 % | 78,05 € |
| Cotisation max retraité·es | 175 % | 136,59 € |
| Cotisation conjoint·e actif·ve | 110 % | 85,87 € |
| Cotisation enfants 1 et 2 | 45 % | 35,13 € |
| À partir du 3e enfant | 0 % | 0,00 € |
Augmentation de la cotisation : la MGEN était seule à répondre à l’appel d’offre. La cotisation augmentera les trois premières années du maximum prévu par l’accord (+5 % / an), alors même que le point d’indice reste gelé, ce qui bien sûr n’avait pas été annoncé ni prévu.
| 2025 | 2026 | 2027 | 2028 | |
|---|---|---|---|---|
| Cotisation totale | 75,40€ | 77,06 € | 80,44 € | 84,25 € |
Le panier de soins de l’offre PSC est standard pour l’ensemble de la Fonction publique d’État. C’est un panier de soins de haut niveau, comparable à de bonnes mutuelles du privé et largement mieux disant que l’offre MGEN « Référence ». C’est d’ailleurs l’UFSE CGT (Fonction publique d’État) qui a proposé ce panier dans la négociation interministérielle.
Deux options facultatives : le panier de soins de l’offre PSC peut être complété par deux options. Elles améliorent l’offre, mais leur coût est principalement à la charge de l’agent·e. La participation de l’employeur est limitée à 50% du prix des options dans la limite de 5€. L’option 2 inclut automatiquement l’option 1. La CGT revendique l’intégration de l’option 1 dans l’offre de base et la prise en charge par l’employeur de 50 % pour l’option 2.
| Option 1 | Option 2 | |
|---|---|---|
| Adulte | 7,23 € | 30,33 € |
| Participation employeur | 3,62 € | 5,00 € |
| Coût à charge de l’agent·e | 3,62 € | 25,33 € |
| Enfant 1 – 50 % | 3,62 € | 15,17 € |
| Enfant 2 – 25 % | 1,81 € | 7,58 € |
| Troisième enfant et suivant | 0,00 € | 0,00 € |
Détails du panier de soins et des options 1 et 2 :
|
Les mutuelles historiques de fonctionnaires proposent traditionnellement une offre couplée santé / prévoyance. Le versant santé couvre la maladie (consultations, soins, hospitalisation, médicaments…). La prévoyance couvre les aléas de la vie (invalidité, incapacité et dépendance, décès) : c’est la prévoyance qui prend notamment le relais lors du passage à demi traitement après 3 mois d’arrêt maladie. Or le gouvernement a choisi de ne pas inclure la prévoyance dans l’offre PSC décrite ci-dessus.
Un appel d’offres « Prévoyance » va suivre mais le dispositif ne sera pas obligatoire et l’employeur ne participera qu’à hauteur de 7€. Si cette offre est peu choisie par les agent·es, cela va mécaniquement la renchérir car il y aura moins de mutualisation du risque. C’est un énorme échec du dossier qui va faire largement reculer la qualité de la couverture des risques pour les agent·es.
Mais une partie de la prévoyance sera incluse dans les garanties statutaires. L’accord fonction publique sur la Prévoyance inclut des modifications du statut qui renforcent les droits des agent·es et la couverture des risques par l’État, c’est une avancée considérable. Le régime des congés longue maladie est amélioré : les agent·es bénéficieront ainsi d’une couverture à hauteur de 100 % de leur rémunération indiciaire et 33% de leurs primes la première année. Les deux années suivantes, les agent·es toucheront 60 % de leur rémunération (au lieu de 50 % indiciaire jusqu’ici). Les garanties en invalidité d’origine non professionnelle sont aussi améliorées (amélioration substantielle de la prise en charge, fin de la radiation des cadres pour invalidité). Mais ces avancées sont loin de couvrir tous les risques. La CGT continue à revendiquer un couplage Santé / Prévoyance.
Tarifs : comparer le comparable : on considère que la prévoyance représente 40% du coût d’une complémentaire couplée santé / prévoyance. Les mutuelles historiques de fonctionnaires proposent des offres couplées santé + prévoyance, elles paraissent ainsi plus élevées au regard des offres ne couvrant que la santé.
L’offre MGEN pour nos ministères MEN / MESR / MJS : la principale avancée est l’augmentation de la participation de l’employeur public à la complémentaire santé, après que les gouvernements aient étranglé la Sécu et au prix de permettre au loup assurantiel lucratif de rentrer dans la bergerie.
Notre marché PSC représente un socle de 1,4 millions de bénéficiaires et pourrait aller jusqu’à 3 millions en incluant les retraité·es et les ayants droits. Un tel volume devrait permettre une mutualisation maximale du risque et donc tirer les tarifs vers le bas. Or les tarifs proposés par la MGEN et CNP sont dans la fourchette haute des offres, par rapport aux autres ministères. Par ailleurs, nous aurons à subir le maximum de l’augmentation prévue (+5 % / an). Enfin, l’encre de l’accord était à peine sèche que le gouvernement baissait le traitement en cas de maladie ordinaire à 90 % du plein traitement. À ce train-là, les petites conquêtes sociales pourraient donc vite fondre comme neige au soleil… Au moins, l’accord ne permet pas à l’opérateur d’empocher des "bénéfices" (en cas d’excédent, il abonde le dispositif) et nous échappons pour l’instant à la main-mise par les assurances à but lucratif, ce qui n’est pas le cas de tous les ministères. Ainsi, au ministère de l’écologie comme au ministère des finances, c’est la start up « Alan » qui a remporté le marché avec une offre Tech 100% en ligne, en détriment des mutuelles historiques.
Pour notre secteur, c’est un soulagement pour tou·tes celles et ceux qui sont attachés au secteur mutualiste. Mais le marché doit être renouvelé dans 6 ans. Qui sait quel opérateur le ministère choisira alors ?
L’histoire ne s’arrête pas là : Ensemble, continuons jusqu’au 100 % sécu !
Luttons pour :
Et d’ici là, la CGT FERC Sup revendique pour les complémentaires santé :
À l’heure où les profits explosent, la solidarité devrait être facile à financer !
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