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lundi 4 mai 2026

Exigeons un moratoire sur la fusion Abes – Amue !

Portée par l’intersyndicale Abes, cette pétition vise à attirer l’attention sur le risque de fragilisation des réseaux documentaires de l’ESR dans le cadre du projet de fusion avec l’Amue programmé pour janvier 2027. C’est la seule pétition qui émane des personnels et de leurs représentants syndicaux et représentantes syndicales.

La CGT FERC Sup soutient cette pétition et appelle l’ensemble des collègues concernés à la signer.

Rappels du contexte

Depuis plus de trente ans, l’Abes incarne une dynamique collective unique au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche. En fédérant plus de 1 500 bibliothèques universitaires et de recherche, réparties dans plus de 160 établissements membres des réseaux documentaires (Sudoc, Thèses, Calames), l’agence structure un écosystème au service de la production, de la diffusion et de l’accès à l’information scientifique et technique, au bénéfice de toute la communauté universitaire et de recherche de l’ESR, qu’il s’agisse des professionnel.les des bibliothèques et de la filière ITRF, des enseignant·es, des chercheur·euses, des étudiant·es ou des doctorant·es.
Depuis sa création, des milliers de professionnel·les assurent chaque jour un signalement de qualité des biens communs scientifiques et universitaires. Chaque bibliothèque, chaque établissement, en tant que membre de ces réseaux, contribue ainsi à un service public de la donnée documentaire de qualité fondé sur la coopération, le partage de règles et de pratiques communes, la mise à disposition ouverte de ces données au bénéfice de tous.
Aujourd’hui, cet équilibre est menacé.
Engagé à marche forcée et sans cap stratégique clair, le projet de fusion entre l’Abes et l’Amue, suscite des inquiétudes de plus en plus vives dans la profession, d’autant plus qu’il intervient dans un contexte de transformation majeure du système documentaire, qui nécessite un plein engagement des équipes de l’Abes pour un accompagnement sans faille de l’ensemble des bibliothèques du réseau Sudoc et au-delà.

Quels risques pour le réseau documentaire de l’ESR ?

  • Un affaiblissement du travail collaboratif : les fonctions historiques de l’Abes (coordination de réseaux nationaux : catalogues Sudoc, Thèses, Calames, et référentiel IdRef ; mutualisation des acquisitions de documentation électronique) pourraient être absorbées dans un opérateur centré sur la mutualisation administrative et les systèmes d’information, ce qui réduirait considérablement la visibilité et le pilotage national des services documentaires de l’ESR. En effet, le passage d’une logique de coordination nationale à une logique de “fournisseur de solutions” pourrait réduire le rôle structurant de l’Abes et fragiliser les réseaux existants.
  • Un risque de déstabilisation de l’écosystème documentaire de l’ESR : le positionnement du nouvel opérateur, s’il s’avérait prolonger les pratiques de l’Amue qui forme aussi bien aux outils qu’aux métiers, pourrait avoir des conséquences en cascade et, à terme, remettre en cause l’existence des acteurs actuels de formation aux métiers de la documentation. De même, si le modèle de la centrale d’achat de l’Amue s’étend aux achats de ressources électroniques, l’impact sur le travail mené par le réseau Couperin est incertain. Actuellement, les marchés portés par l’Abes sont le fruit de collaborations étroites avec les collègues des établissements membres de Couperin qui pilotent la négociation en ce qui concerne non seulement les prix mais aussi les contenus et les licences d’utilisation.
  • Une atteinte au service public : la clôture du réseau Sudoc PS fin 2025 et l’annonce de l’arrêt de certaines activités de l’Abes constituent des signaux préoccupants, faisant craindre une remise en cause progressive de ses missions. La constitution d’un EPA unique reposant majoritairement sur des personnels contractuels, combinée au risque de fragilisation de la dynamique de réseau, interroge fortement quant aux orientations du MESRE, qui s’inscrivent pleinement dans une politique nationale plus large d’affaiblissement des services publics et de transformation - voire suppression - des agences de l’État. Ces faisceaux de mesures soulèvent ainsi des inquiétudes quant à une possible externalisation de certaines fonctions et au risque de perte de souveraineté sur les catalogues, les formats et les données bibliographiques.

Un projet de fusion sans garanties

À ce jour, la fusion ne s’appuie sur aucune étude d’impact ni aucun document stratégique. Pour rappel : le projet de fusion entre l’Abes, l’Amue et le Cines est censé trouver son origine dans la mission Gellé menée de janvier à mars 2025, et dont les conclusions n’ont jamais été rendues publiques.
La lettre de mission du préfigurateur - arrivée début avril alors que les représentants du personnel des agences en avaient fait la demande dès septembre, ne mentionne qu’au détour d’une phrase le travail spécifique de l’Abes au service des bibliothèques et du secteur de la documentation
Le calendrier imposé est intenable. Il maltraite les agent·es et met en péril le travail courant comme les projets structurants de l’Abes, en raison d’un effet d’empilement conduisant à un épuisement généralisé.

  • Hier déjà, une première transformation lourde a posé les bases de cette surcharge : la réorganisation de l’ensemble des services de l’Abes en janvier 2025, au terme d’un an de travail de préfiguration, continue de générer des difficultés internes.
  • Aujourd’hui, la charge s’amplifie avec la mise en place, depuis janvier 2026, de groupes de travail opérationnels liés à la fusion, tandis que le lancement prochain d’ateliers de réflexion sur les missions du futur opérateur n’en est encore qu’à ses prémices.
  • Dans le même temps, le projet de renouvellement du système de gestion des métadonnées (projet Orion) mobilise pleinement les équipes : la phase d’implémentation de ce système partagé et collectif, qui débutera dès juin 2026, constitue une priorité majeure pour l’Abes.
  • À très court terme, une nouvelle transformation d’ampleur est déjà programmée avec la réorganisation des services dans le cadre de la fusion prévue au 1er janvier 2027, alors même qu’une autre réorganisation sera indispensable à l’issue de la mise en production du nouveau système de gestion des métadonnées fin 2028.

Dans ces conditions de fragilisation des collectifs de travail, une consultation menée récemment en interne montre que 82 % des personnels de l’Abes sont défavorables à la fusion en l’état.
L’annonce de la démission du directeur de l’Abes, Nicolas Morin, effective début juin 2026, n’a fait que renforcer cette inquiétude généralisée.

L’intersyndicale de l’Abes demande un moratoire sur la fusion

Comme demandé par l’intersyndicale Abes lors du CSA du MESRE le 16 avril dernier, un moratoire sur la fusion Abes–Amue s’impose, le temps de conduire une évaluation sérieuse, transparente et une réelle concertation avec les personnels, les représentant.es de la profession et l’ensemble des partenaires de l’Abes car, bien au-delà de l’Abes, c’est tout l’écosystème documentaire de l’ESR qui est concerné.
C’est pourquoi l’intersyndicale de l’Abes appelle la communauté professionnelle des bibliothèques de l’enseignement supérieur et de la recherche - et plus largement de l’ensemble de leurs bénéficiaires - à signer cette pétition pour exiger un moratoire sur la fusion afin de :

  • préserver un pilotage national fort des services documentaires
  • défendre un modèle fondé sur la coopération
  • garantir un service public de qualité, au service de la recherche et de la transmission des savoirs

Non à la dissolution de l’Abes !

Signez cette pétition pour exiger un MORATOIRE. Chaque signature compte pour défendre les réseaux des bibliothèques de l’ESR : n’hésitez pas à diffuser largement cette pétition auprès de vos propres réseaux. MERCI !

CFDT Éducation Formation Recherche Publiques
C.G.T. FERC Sup
C.G.T. des Universités de Montpellier
FSU
SNPTES-UNSA
SUD Education