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Menu ☰Accueil > Les dossiers > Les instances > La FS-SSCT du CSA-MESR > Déclaration liminaire FERC CGT - FS-SSCT du 10 décembre 2025
La FERC CGT revendique, et vous le savez, un vrai budget de progrès social, qui s’attaquerait aux 211 Mds € d’aides publiques aux entreprises, avec un changement radical de politique. Car c’est d’un changement radical de politique dans les actions du MESRE dont les travailleurs et travailleuses de l’ESR, les étudiantes et les étudiants ont besoin.
Trois ans de fonctionnement pour cette Formation Spécialisée et un constat terrible : nous, représentantes et représentants CGT de l’ESR sommes en permanence face à l’immobilisme et à l’inertie de notre ministère, empêtré dans les filets de la réduction budgétaire, dans la volonté de démanteler les services publics et particulièrement celui de l’ESR, empêtré dans une volonté d’affichage d’actions qui n’aboutissent pas.
A relire après trois ans de fonctionnement les multiples avis votés à chaque fois à l’unanimité, et à préparer ceux de cette séance, on ne peut que constater les difficultés de mener correctement un début de "dialogue social" : est-ce une volonté délibérée d’entrave à l’instance ou est-ce que ce ne sont là que les symptômes morbides de l’agonie des services publics ?
Faut-il rappeler nos multiples avis sur le fonctionnement de cette instance ? Par exemple, sur les réponses très tardives voire l’absence de réponse aux avis.
En voici quelques exemples.
– Non respect de l’article 98 du décret n° 2020-1427 (Article R254-74 du CGFP).
– Voir les réponses à l’avis N°1 de juin dernier que nous venons juste de recevoir, ou encore les réponses aux avis 3, 8, 11 et 13 de la séance du 12 mars 2025 reçus en septembre.
– Les multiples avis sur les prions, les avis récurrents sur les défaillances traduites par les bilans SST et AT/MP, les avis sur les OSM, les alertes sur les multiples situations de mise en danger et les situations de souffrance de nos collègues.
Un communiqué de nos organisations siégeant dans cette instance de novembre 2023 réclamait déjà de la ministre de l’époque la preuve que les moyens matériels et humains nécessaires étaient vraiment mis en œuvre pour piloter la politique de prévention et atteindre les objectifs de santé, de sécurité et d’amélioration des conditions de travail.
Nous devons sans cesse rappeler votre obligation d’employeur en ces matières. Nous sommes encore des fonctionnaires d’Etat. Et si nos chefs d’établissements sont nos employeurs fonctionnels, le Ministre est réellement notre employeur statutaire.
Mais non, plutôt que de répondre à cette obligation d’assurer la santé et la sécurité des agent·es ou encore à celle de défendre les libertés académiques, notre ministre s’échine à faire annuler un colloque scientifique sur la Palestine, à organiser la diffusion d’un questionnaire/sondage sur l’antisémitisme aux insuffisances méthodologiques et scientifiques flagrantes, des nuages de fumée bien transparents.
Tout concourt aujourd’hui à la dégradation des conditions de travail des personnels de l’ESR, où nombre de collègues mettent en danger leur santé physique et mentale au quotidien pour continuer à faire fonctionner tant bien que mal un service public à l’abandon ; et notre ministre et son gouvernement en rajoutent sans cesse : COMP à 100% et Keylabs, non financement de la PSC, non financement de la LPR, augmentation des frais d’inscription et report de la réforme des bourses, gel du point d’indice, projet de loi « de modernisation et de régulation de l’enseignement supérieur »...
Et même si nous sommes tous et toutes épuisé.es à faire les Shadoks, nous savons que ce n’est pas de cela dont nous avons besoin !
Alors, de quoi avons-nous besoin ?
La FERC-CGT revendique :
☞ le retour à des CHSCT de plein exercice aux compétences renforcées.
☞ la prise en compte réelle par le ministère des avis du CNESER, du CSA-MESR et de ses formations spécialisées, en particulier des avis de la FS-SSCT ministérielle de l’ESR.
☞ la mise en œuvre et le respect de la réglementation santé-sécurité au travail partout dans l’ESR.
☞ l’abrogation des lois de restructuration/destruction de l’ESR
☞ un budget à la hauteur des besoins.