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jeudi 26 mars 2026

Les assises de l’(auto-)financement de l’enseignement supérieur et de la recherche : du sang et des larmes…

Déclaration commune du SNESUP-FSU, de la CGT FERC Sup, de SUD Éducation, l’UNEF et l’Union étudiante à la séance plénière des Assises du financement des universités

Alors que la situation financière des universités se dégrade sévèrement engendrant des politiques austéritaires dans la quasi-totalité des établissements (suppression de postes, campagnes d’emploi réduites à la portion congrue, augmentation des recours à des contrats précaires, fermetures de formation, dégradation continue des conditions de travail), les assises déroulent leur programme sans engager un travail collectif sérieux, et sans arriver à masquer l’absence d’engagement du gouvernement sur l’évolution du budget de l’ESR et la casse en cours du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Depuis 2007, le nombre d’étudiant·es accueilli·es à l’université a progressé de 25 % sans construire un établissement ni augmenter de nombre d’agent·es, car les financements accordés dans le cadre des lois de finances n’ont pas progressé en euros constants. Le budget par étudiant·e a baissé de 16 % et le taux d’encadrement moyen a baissé de 22 %. Seuls les financements compétitifs (AAP) ont vu leur part croître mais au bénéfice d’une minorité d’établissements conduisant de facto à une augmentation historique des inégalités de dotation entre les universités.

Dans le cadre de cette politique de différenciation, les gouvernements n’ont eu de cesse de mettre en permanence les établissements en concurrence au mépris des valeurs du service public. Jusqu’où cela ira-t-il ? Faudra-t-il en arriver à supprimer des établissements sur certains territoires avec comme perspective l’instauration d’un marché de l’ESR ? De l’argent, il y en a pourtant, notamment dans notre périmètre : 8 Md€ de CIR et plus de 20 Md€ au profit de l’apprentissage.

Ce qui apparaît toutefois clairement est que la situation catastrophique dans laquelle se trouve l’université vient d’abord de la succession de réformes faites sans considération pour les missions essentielles du service public d’enseignement et de recherche, et qui aboutit à une structuration détruisant l’idée même d’université et ne répondant plus aux besoins essentiels en matière d’enseignement supérieur et de recherche.

Ces assises sont un écran de fumée. Le ministère a un seul objectif : imposer son projet et ses éléments de langage sur le financement des universités et balayer d’un revers de la main les mobilisations syndicales depuis deux ans sur le sujet. Nous ne sommes pas dupes. Nous savons qu’à travers ces éléments de langage de “constat partagé” ou de “réduction de la bureaucratie”, il y a une baisse des moyens. Nous savons que derrière “financement des universités”, vous dites financement de l’enseignement supérieur privé et augmentation des frais d’inscription.

Nous ne cautionnons ni le retrait du financement de l’État, ni la pérennisation des inégalités de dotation, ni la destruction des valeurs de l’université dans des établissements publics expérimentaux (EPE) qui réduisent la démocratie et légitiment l’enseignement privé. L’ESR n’a pas besoin d’une nouvelle loi destructrice mais d’un financement du service public à la hauteur des besoins des établissements, des étudiant·es qui sont les grands absents de ces assises et des personnels dont les représentants ne sont conviés qu’à une portion congrue des débats.

Pour ces raisons, nous préférons quitter la salle et ne pas nous joindre à ce qui nous apparaît comme un semblant de concertation. Nous appelons à une manifestation cet après-midi pour permettre aux personnels d’exprimer leurs revendications.

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Communiqué de presse CGT FERC Sup

À part le Ministre, tout le monde en France s’accorde à dire que la situation financière de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) est catastrophique : la CGT FERC Sup bien sûr, comme le reste des syndicats de personnels, les syndicats d’étudiant·es, et jusqu’aux Président·es d’Université via leur association France Université.

Il y a bien sûr les déficits chroniques de plus de 80 % des universités, au point que les recteurs (chanceliers des universités) ne sont plus prêts à assumer la tutelle financière des universités qui enchaîneraient deux exercices comptables en déficit. Une menace qui était pourtant brandie dans les années 2010 ! Les fameux critères de « bonne santé » financière des établissements, établis au doigt mouillé par la techno-structure ministérielle, ont été révisés voilà trois ans pour camoufler la situation.

Il y a aussi le gel de postes de fonctionnaires, remplacés à tour de bras par des agent·es contractuel·les et des vacataires.
Il y a bien sûr la paupérisation des agent·es qui ont perdu entre 550 € et 1900 € de salaire mensuel depuis 2000, des primes parmi les plus faibles de toute la Fonction publique, et jusqu’à l’État parjure qui préfère renier sa parole plutôt que de continuer à dérouler le protocole social de la loi de programmation de la recherche (LPR) qui devait permettre d’améliorer « l’attractivité » des carrières de l’ESR.

Il y a encore des bâtiments décatis, abîmés, parfois insalubres, faute d’entretien et d’investissements par l’État. D’après la Cour des comptes, ce serait 40 milliards d’€ qu’il faudrait pour rénover le patrimoine de l’ESR, tant celui-ci est dans un triste état.

Il y a enfin la fermeture de nombreuses formations, la suppression de places dans celles qui restent ouvertes, certain·es étudiant·es qui ne survivent que grâce à l’aide alimentaire déployée dans de nombreuses universités.

Le Ministre est bien le seul à trouver que « ça n’est pas Zola ! ».

Et c’est bien pour lui rappeler ces évidences que la CGT FERC Sup s’est rendue à la séance plénière des Assises.

La CGT FERC Sup dénonce la manœuvre grossière d’un Ministre de l’ESR visant à minimiser un constat partagé afin de continuer à gaver d’aides sans contrepartie les grandes entreprises et les établissements d’enseignement supérieur privé à but lucratif.
La CGT FERC Sup exige de supprimer les 8 milliards d’€ annuels de Crédit Impôt Recherche (CIR) afin d’abonder le budget de l’ESR, et de réserver l’aide à l’apprentissage dans le supérieur aux seuls établissements publics d’enseignement supérieur.
La CGT FERC Sup dénonce la privatisation rampante que cherche à imposer le Ministre de l’ESR sous couvert de « modèle économique ».

En conséquence, la CGT FERC Sup appelle l’ensemble des personnels de l’ESR à la mobilisation à l’occasion de ce Printemps des Luttes.

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