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Vie de notre syndicat (Nantes), de la FERC-SUP, de la FERC, de la CGT, etc...

Du 5 décembre

mercredi 4 décembre 2019

Quelques réponses aux questions fréquemment posées sur la grève *

"Je suis pour une loi inégalitaire – ou « différenciante », si l’on veut être politiquement correct–, vertueuse et darwinienne"

Antoine Petit, PDG du CNRS

I Dois-je me déclarer en grève ?

En aucun cas il ne faut se déclarer spontanément en grève. Se déclarer en grève c’est porter atteinte au droit de grève. C’est à l’administration de recenser les personnels grévistes et de fournir la preuve qu’ils étaient en grève. Le préavis de grève couvre tout le monde et l’Enseignement Supérieur et la Recherche ne sont pas soumis au service minimum. Si le besoin de sacrifice est trop grand, donnez votre journée de salaire à une caisse de grève.

II En quoi consiste le fait de faire grève ?

La grève n’est pas une fin mais un moyen, une tactique déployée dans un but stratégique. Elle ne consiste ni à "se compter" ni à "être comptés" par la presse, moyens notoirement inefficaces. Elle consiste encore moins à se sacrifier. La grève vise à arrêter l’appareil productif comme les barrages sur les routes ou devant les supermarchés servent à bloquer les flux de marchandises. Hors du secteur marchand, la grève sert à se libérer du temps à consacrer aux actions destinées à l’obtention du but fixé. Aussi la grève d’universitaires et de chercheurs pose-t-elle la question de leur utilité publique. Que pouvons-nous faire pour contribuer à l’objectif stratégique fixé ? Tout d’abord sensibiliser et informer les étudiants en faisant le tour des amphis. Ensuite mettre ses savoirs et son intelligence critique au service des analyses et des actions collectives qui se construisent localement ? Enfin créer politiquement, créer stratégiquement, créer collectivement, ce que les universitaires ont fini par oublier.

III Pourquoi faire grève ?

Les enseignants, les universitaires, les chercheurs et les personnels de soutien sont doublement sacrifiés dans la réforme de démolition du système de retraite. Sacrifiés par le système à points, conçu pour permettre la baisse des pensions au profit des fonds de pension et de la spéculation financière, et sacrifiés par la baisse abyssale des pensions de retraite programmée, entre -25% et -40% selon les situations.

Le milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche étant plongé dans l’aphasie depuis 2009, le champ est libre pour achever le programme de "réformes" destructrices conçu dans le rapport Aghion-Cohen de 2004 et appliqué depuis fidèlement. La loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) mettra en œuvre, si nous ne la bloquons pas, la dérégulation intégrale des statuts — recrutement, définition des temps de service, primes et promotions à la discrétion de la techno-bureaucratie universitaire, en violation de toutes les libertés académiques, de la disputatio entre pairs et du principe de collégialité — et la précarisation intégrale des jeunes chercheurs, par extinction des corps des maîtres de conférences et des chargés de recherche. Les coupes dans les budgets des universités et la suppression en deux ans de 100 postes de chercheurs au CNRS et quatre ou cinq fois plus à l’Université ont dû achever de déciller les derniers qui ont cru à la possibilité d’une réforme vertueuse quand elle ne sera l’expression, de fait, que du spencérisme le plus abject et le plus destructeur.

IV La grève illimitée comme expression de notre colère

Si seulement nous avions des fous rires pour emporter nos larmes. Mais il n’y a aucune consolation, aucune, à voir un saccage commis par des imbéciles qui détruisent un système de recherche comme un enfant de 5 ans arrache des pattes à un insecte. Alors, oui, il y a le mauvais darwinisme social de l’un, manifestement pas très au point en histoire des sciences et qui trouve l’inégalité du dernier chic dans l’organisation de la recherche ; il y a le conseiller recherche de l’autre qui plastronne en rendez-vous en mode « oui, je sais, le crédit impôt recherche, c’est pas vraiment de la recherche, ça sert à payer les secrétaires des boîtes de R & D » (7 milliards quand même) ; il y a la série de boas avalés depuis exactement 15 ans par des chercheurs qui voudraient juste chercher plutôt que rêver de conditions de travail correctes.
Mise en crise, mise en dette, -40% de postes CNRS en 10 ans, démagogie des classements infantiles et darwinisme à deux sous : ces gens sont persuadés de faire l’histoire en vous faisant la peau, à vous, enseignants-chercheurs et chercheuses, doctorants, profs, jeunes docteurs sans poste, étudiants et vacataires d’universités en crise. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la recherche. Ils n’ont aucune goût pour le savoir, la citoyenneté, les valeurs partagées, tout ce qui donne sens à vos vies. Mais en bons employés du mois, ils vont massacrer votre écosystème, marketer l’ignorance, benchmarker la médiocrité, pendant que leurs managers démolissent votre retraite. Ce que nous savons tous, dans notre chair, c’est que la terne banalité du mal qu’ils engendrent ne connaîtra d’autre limite que celle nous devons maintenant leur fixer. Comme ces agents de la tristesse s’attaquent directement à nos vies, c’est la vie elle-même qui devient maintenant résistance.

A compter du 5 décembre, nous avons la ferme intention de leur rendre l’existence difficile, parce que c’est notre monde qui est en feu. Et comme ils veulent raccourcir nos vies en allongeant notre temps de travail, nous allons leur opposer la grève la plus longue et la plus dure de ces dernières décennies.

"Le vrai courage c’est, au-dedans de soi, de ne pas céder, ne pas plier, ne pas renoncer."

Groupe Jean-Pierre Vernant.

* ce texte est relayé par nos soins.

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