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Hygiène, santé, sécurité et conditions de travail, RPS, tout savoir pour lutter au jour le jour contre les organisations du travail délétères...
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Depuis quand es-tu médecin ? Qu’est-ce qui t’a amené à la médecine ? Est-ce que c’est une voie royale, une tradition familiale, ou est-ce qu’il y avait une passion intrinsèque chez toi ?
Je suis né en 1965 à Nantes et j’y travaille actuellement, j’ai 60 ans.
Mon parcours de médecine ? C’est plutôt une histoire familiale. Ma mère a toujours voulu faire infirmière. Elle n’a jamais pu, parce qu’à l’époque on privilégiait les garçons pour les études dans les familles, et les filles étaient plutôt cantonnées aux travaux domestiques ou à la couture.
Ma mère est donc devenue couturière salariée dans des magasins du centre ville de Nantes. Pas très longtemps, puisqu’elle s’est mariée rapidement. Elle a eu cinq garçons dont un enfant handicapé mental, mon frère Franck. Il est décédé tragiquement en réanimation au CHU de Nantes en 2017 après 3 semaines de coma, suite à un accident de la route : piéton sur un passage « protégé », il a été renversé par une voiture. Il allait avoir 58 ans et travaillait encore à l’ESAT de Rezé.
Je me suis rendu compte après son décès, que c’était grâce à lui que j’avais fait médecine. Parce que Franck, c’était l’un de mes frères aînés. Je l’ai toujours connu, j’ai toujours eu le souci de lui, de ses soins. Je suis très attaché à lui, il vit en moi et je pense que c’est ça, en plus du soutien de mes parents, qui m’a donné la force de poursuivre la médecine. J’ai aussi un frère aîné médecin.
Je suis arrivé à 18 ans avec le bac en poche sans trop savoir quoi faire. Mais il y avait cette idée du soin aux autres et de leur accompagnement : de 18 à 22 ans, j’ai été animateur en centre de vacances avec des enfants. J’avais des capacités de travail, même si j’étais lent. Je n’étais pas forcément très doué, mais je travaillais beaucoup. J’ai redoublé la première année, parce qu’il y avait un concours très sélectif. La deuxième année, j’ai été 157ème sur environ 1000 candidats, j’ai obtenu le dernier dossier de médecine. Derrière moi, il n’y avait que des gens qui choisissaient dentaire, ce que je ne voulais pas. Grâce à quelques points de plus que le 158ème, j’ai obtenu « le graal » à l’arraché et porté par ces valeurs familiales du souci des autres.
Pendant mes études, j’ai adhéré au Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG), qui défendait les internes de médecine générale.
J’ai pris des chemins de traverse dans mes études. L’été, je travaillais comme aide-soignant et infirmier, souvent la nuit. J’ai beaucoup appris sur les patients, notamment en gériatrie, mais aussi auprès de mes collègues aides-soignantes et infirmières. C’était un travail très dur surtout de jour comme faire les toilettes de patients déments et rigides comme du bois ou la réfection des lits dans des atmosphères parfois nauséabondes. Ça m’a forgé une identité professionnelle et du caractère. Ça m’a appris à ne pas me laisser faire à l’hôpital.
À l’époque, le service militaire était obligatoire. J’ai refusé de le faire après une hospitalisation de trois jours à l’hôpital militaire de Rennes en psychiatrie où j’avais essayé de me faire réformer. A J3, j’ai quitté cet hosto et décidé que je serai objecteur de conscience. Je l’ai été à Paris pendant deux ans. J’avais arrêté la médecine pour le faire. Cela n’a duré que 17 mois car j’ai obtenu 7 mois de congés sans solde. J’ai d’abord été à l’association Migrations santé pendant 3 mois puis j’ai exercé pendant 14 mois comme infirmier au centre Edouard Rist dans le XVIème arrondissement dans trois services : soins palliatifs pour patients atteints du VIH, (à l’époque il n’y avait pas encore la trithérapie et les malades mouraient du SIDA), pneumologie (patients insuffisants respiratoires chroniques sous ventilation mécanique) et dialyse. J’y ai appris énormément.
Quand je suis revenu à Nantes, j’ai terminé mon internat avec un bagage technique important. Après 12 mois à Cholet puis Luçon, je suis parti terminer mes études à Pointe-à- Pitre grâce à l’Université de Bordeaux et Antilles-Guyane. J’y suis resté six ans où j’ai exercé la médecine générale.
J’ai donc soutenu ma thèse tardivement, en 1999 sur un sujet antillais de dermatologie. De retour en métropole, lors de son congrès à Rouen en décembre 2001, j’ai rejoint le SMG et j’y suis resté vingt ans, jusqu’à mon entrée en études de médecine du travail où j’ai adhéré à la CGT et au Syndicat national des professions de santé au travail (SNPST).
Tu t’exprimes ici en tant que médecin généraliste, syndicaliste ou citoyen ?
Je pars ici de ma pratique professionnelle. Le SMG avait créé la revue Pratiques, les Cahiers de la médecine utopique, en 1975, avec l’idée d’écrire en partant du travail réel. Mais on ne peut pas dissocier l’engagement professionnel, syndical et citoyen. J’envisage ma pratique médicale comme un engagement en faveur de la santé des patients et de leurs droits.
Par exemple, documenter les violences familiales, politiques ou sociales, vécues par les patients, c’est un engagement essentiel. Le Che, médecin aussi, disait : « soigner c’est bien, libérer c’est mieux ». J’essaie de pratiquer avec cette double exigence à l’esprit.
Est-ce qu’il existe une formation initiale des médecins généralistes sur la santé des travailleurs ? Est-ce qu’il y a des modules sur l’organisation du travail, sur le lien entre travail et santé ? Est-ce que toi, tu as été formé à ça, et si oui, de quelle manière ?
Je n’ai pas été formé là-dessus pendant mes études. Dans les années 1980, on avait, de mémoire, un module de deux ou trois heures sur les maladies professionnelles. C’était très théorique.
Sur huit ans d’études, ce n’était quasiment rien. Cela s’est amélioré dans les années 1990 à partir du moment où la médecine générale s’est organisée, avec la création de son propre département à la faculté de médecine de Nantes. Quand j’ai terminé mon troisième cycle (j’étais élu délégué étudiant depuis la seconde année sur une plate forme commune avec l’UNEF-ID), j’ai été témoin de cette mise en place d’une formation dédiée à la médecine générale et non plus seulement hospitalo-centrée.
À partir de là, la formation initiale a été transformée vers une médecine plus globale, bio-psycho-sociale. Des modules de santé au travail, ont alors été créés.
En parallèle, en formation continue, j’ai toujours adhéré à des associations de formation indépendantes des laboratoires pharmaceutiques. Il y a notamment une association locale nantaise affiliée à la Société de Formation Thérapeutique du Généraliste (SFTG).
Dans ce cadre-là, on a été formés par des médecins du travail nantais et par la médecin inspectrice régionale du travail, Annie Touranchet, qui a travaillé longtemps en Pays de la Loire. C’est elle qui nous a vraiment bien formés.
Autour de 2005, on a créé un séminaire spécifique « santé au travail ». Au départ c’était une journée, maintenant, c’est deux journées par an. Ce n’est pas obligatoire, mais à chaque séance, il y a vingt à vingt- cinq internes. C’est très prisé. Pour la journée prévue le 13 janvier 2026, nous avons 59 inscrits. C’est une fierté.
On y aborde les principales pathologies professionnelles : troubles musculo-squelettiques, cancers professionnels, souffrance psychique professionnelle.
À Nantes, on a été pionniers en la matière. On a essayé d’exporter ce séminaire à Rennes, il y a une dizaine d’années mais le doyen de cette faculté a refusé.
Sur tes années de pratique, quelles évolutions as-tu constatées concernant la prise en compte de la santé des travailleurs ?
L’évolution la plus frappante, c’est l’explosion des pathologies de souffrance psychique professionnelle. Quand j’ai débuté, au début des années 2000, c’était exceptionnel. Je recevais un patient malade du travail peut-être deux fois par mois.
Aujourd’hui, on reçoit plusieurs patients par semaine victimes du travail, de son organisation et de ses mauvaises conditions. Ça concerne tous les milieux : le primaire, le secondaire, le tertiaire : employés, ouvriers, métiers du soin et de l’aide sociale, de l’enseignement, de la fonction publique, du commerce, des transports, etc. Chez les ouvriers, il y a peut-être un peu moins de plaintes psychiques, mais plus de pathologies physiques, dans les bureaux, les troubles psychiques et physiques liés aux écrans. Les cancers professionnels augmentent aussi, mais ils sont invisibilisés.
Les médecins n’ont pas toujours le réflexe de chercher une origine professionnelle aux maux de leurs patients ou patientes, comme dans le cas du cancer du sein par exemple. A la faculté, par l’enseignement, on essaie d’y remédier depuis vingt ans.
Existe-t-il des canaux de communication efficaces entre médecine de ville et médecine du travail ?
Les liens se font essentiellement par courrier. Je reçois parfois des attestations de suivi ou des courriers de médecins du travail des services interentreprises, notamment quand il y a des pathologies chroniques ou des facteurs de risque cardio vasculaires comme l’hypertension artérielle. Il m’arrive aussi d’écrire au médecin du travail, surtout dans des situations de souffrance psychique professionnelle ou en vue d’une inaptitude médicale.
En revanche, les échanges téléphoniques sont rares. On est tous très pris. Il n’y a pas de formations communes. On travaille un peu chacun dans son coin, en silo. Les rares rencontres sont souvent militantes, par exemple dans le cadre de formations organisées par des associations indépendantes ou des syndicats de salariés.
Quelles pratiques médicales liées au travail exerces-tu dans ton cabinet ?
Ma pratique courante passe par les certificats médicaux initiaux d’accident du travail et de maladies professionnelles (AT/MP). C’est assez fréquent. Je vois beaucoup de blessures chez les ouvriers et les employés : tendinites, accidents avec des outils ou des machines, chutes, accidents de trajet, douleurs diverses liées au travail.
On peut aussi certifier des lésions psychiques comme accidents du travail. Un entretien qui se passe mal avec choc émotionnel avec son « n+1 » ou une insulte de la part d’un collègue, c’est un accident du travail. Il faut y penser. La violence au travail est devenue presque une norme, c’est terrible. On sait que des médecins ont subi et subissent toujours des pressions ou des sanctions.
Est-ce que cette peur existe ? Est-ce que ça influence ta manière de rédiger les certificats ?
Oui, c’est justement ce qu’on enseigne aux internes. Il faut faire attention à la formulation de nos certificats. On n’écrit jamais « harcèlement », qui est un terme juridique. Seul un juge peut le qualifier. Quand nous certifions, nous n’émettons que des hypothèses car nous ne sommes pas sur les lieux de travail, mais notre devoir est de passer du soupçon à la connaissance scientifique. Nous n’écrivons qu’au conditionnel.
Par exemple nous pouvons écrire sur un certificat d’arrêt de travail ou de demande de reconnaissance en MP : « souffrance psychique (ou syndrome anxio-dépressif) en lien probable avec une situation au travail », dès que nous soupçonnons un lien entre santé et travail, il faut l’écrire car il y a trop de suicides en lien avec le travail pour ne pas « alerter ». Le mot « probable » est important pour se couvrir en cas de plainte de l’employeur auprès du conseil de l’Ordre des médecins : nous devons nous protéger juridiquement.
As-tu été amené à défendre des dossiers devant des conseils médicaux, notamment dans la fonction publique ?
Oui. Il m’est arrivé d’obtenir la reconnaissance d’un accident de service pour un agent de collège qui avait fait un lumbago en portant des colis alimentaires. Les médecins experts ne voulaient pas le reconnaître. J’ai dû rappeler la définition de l’accident de travail pour que ce soit accepté. Ça m’a marqué. Je me suis rendu compte qu’on avait quand même un certain pouvoir, quand on connaît ses cours (!).
Il m’est arrivé aussi d’aller témoigner en tant que médecin traitant devant des conseils médicaux pour deux enseignants en lycée victimes d’accidents de service en lien avec l’inspection académique. J’avais préparé les dossiers en m’appuyant sur les critères scientifiques du rapport Gollac concernant les « risques psychosociaux ». Dans les deux cas, le conseil médical a reconnu le lien santé-travail. Mais ensuite, le rectorat a invalidé l’avis du conseil médical. Dans un des deux cas, l’enseignant a fait appel de cette décision, est allé au tribunal hors les murs de l’Éducation nationale, et a gagné, mais au prix d’une grande souffrance.
Peux-tu donner un exemple précis d’une reconnaissance difficile ?
Une employée de cantine scolaire de la fonction publique territoriale est venue me voir avec un panaris (abcès du doigt). C’est une maladie professionnelle inscrite dans les un tableau, mais à condition que le germe soit un staphylocoque aureus (doré). Or, le prélèvement montrait une autre bactérie : serratia marcescens, qu’on retrouve dans les canalisations d’eau. La CPAM a refusé la reconnaissance au motif que ce n’était pas le bon germe, donc « hors tableau ».
J’ai incité la patiente à faire appel de cette décision, ce qu’elle a fait. En décembre 2025, elle venue me voir, tout sourire, avec un courrier de la CPAM lui indiquant qu’une enquête serait menée. La pathologie pourrait être reconnue en 2026, même hors-tableau. Je lui ai expliqué l’intérêt de cette reconnaissance : modifier les intitulés des tableaux pour élargir l’accès à cette reconnaissance, obtenir éventuellement une indemnisation, et surtout obliger financièrement l’employeur (via sa cotisation à la caisse de Sécurité sociale) à renforcer la prévention, notamment sur l’hygiène et les équipements de protection collectifs et individuels afin d’éviter les MP.
Quel constat fais-tu sur les arrêts de travail ?
Je travaille dans un quartier populaire à Nantes (« quartier prioritaire de la politique de la ville »), avec une population pauvre et précaire. Il n’est pas rare que des femmes immigrées ne sachent même pas ce que veut dire le mot « syndicat ». Quand elles ont un problème de santé au travail, il faut leur expliquer leurs droits.
Il y a un énorme travail d’éducation populaire à faire. En général, quand on prescrit un arrêt de travail, il est respecté. Il m’est arrivé deux fois dans ma carrière de médecin généraliste qu’un employeur m’appelle au téléphone pour faire pression sur moi. J’ai raccroché immédiatement.
Il y a aussi beaucoup de présentéisme chez les salariés : des gens qui continuent à travailler malgré la maladie, par peur de perdre de l’argent en raison des jours de carence liés à l’arrêt. Contrairement au discours dominant, beaucoup de travailleurs refusent les arrêts de travail.
Que faudrait-il pour améliorer la prise en compte de la santé au travail en médecine de ville ?
Il faut renforcer la formation initiale et continue. Même des médecins bien formés ressentent le besoin d’approfondir ces questions. Il faut aussi orienter les patients vers les syndicats. Je le fais régulièrement, notamment pour les travailleurs immigrés, dont beaucoup ignorent leurs droits.
Quel rôle jouent aujourd’hui les médecins généralistes dans le domaine de la santé au travail ?
Un rôle central. Anne Marchand, sociologue et historienne, dit que le certificat médical initial d’AT/MP est le garde-barrière de l’accès aux droits. Sans certificat, pas de reconnaissance, pas de droits, les coûts des soins et des indemnités journalières d’arrêt de travail sont alors injustement reportés sur le régime général de la Sécu (les cotisations des salariés) plutôt que sur la branche AT/MP financée par les cotisations des employeurs. C’est un enjeu politique majeur, dont les médecins n’ont pas toujours conscience.
Comment analyses-tu les réformes récentes de la santé au travail, notamment la loi de 2021 ?
C’est une loi délétère, dénuée de tout sens commun et qui ne respecte pas les qualifications. Elle individualise le rapport au travail et détourne les médecins du travail de leur cœur de métier : l’action en milieu de travail. La loi leur demande de faire de plus en plus de la médecine générale : vaccins, sport, hygiène de vie, au détriment de l’analyse de l’organisation du travail.
L’action en milieu de travail (le tiers temps), est de plus en plus abandonnée ou quand certains vont dans les entreprises, c’est uniquement pour rencontrer les DRH…. C’est très grave.
Pourquoi as-tu choisi de te former à la médecine du travail après vingt ans de médecine générale ?
En 2014, grâce à Serge Doussin, responsable CGT du département, camarade et voisin, j’ai participé à l’étude Escales (enjeux de santé et cancers, les expositions à supprimer), sur la santé et les cancers dans les métiers portuaires. Ça m’a donné envie de revenir vers la médecine du travail. Après le Covid, j’étais fatigué. Je me suis dit : il reste quelques années avant la retraite, alors fais cette formation ! Celle-ci est très riche, mais parfois trop théorique. Et surtout, la pratique en service interentreprises est marquée par une dépendance énorme aux employeurs.
J’ai moi-même subi des pressions y compris pour des aménagements de postes banals, dont une attaque en justice par un employeur, la Macif, vous savez « la mutuelle préférée des français » selon leur publicité ! J’ai été obligé de prendre une avocate car mon propre employeur ne m’a pas défendu. Une collègue m’a même dit d’aller voir un coach ! (Sans commentaires) C’est ce qui m’a fait souffrir et quitter la médecine du travail.
En médecine générale, je retrouve plus de liberté et de pouvoir sur mon travail : automatiquement, une meilleure santé suit.
Veux-tu ajouter quelque chose pour conclure ? Une chose qui te tient à cœur ? Un oubli ?
La santé des agents de la fonction publique se dégrade fortement, c’est peu (re)connu. La France se doit de former plus d’ingénieurs en prévention, plus de toxicologues pour l’exercice professionnel dans les services de santé au travail, et surtout rendre les médecins du travail réellement indépendants. Cela doit passer par leur rémunération qui doit se faire par la Sécurité sociale, et non plus par les employeurs des travailleur·euses. Ce n’est pas utopique puisque c’est déjà une partie de la réalité pour nous, médecins libéraux.
Ensuite le politique doit rétablir les CHSCT avec plus de moyens humains et matériels et la possibilité de réalisation d’études indépendantes dans les entreprises et établissements, sur les dangers et les risques professionnels.
Ce changement est nécessaire pour deux raisons, la seconde étant la conséquence de la première :
1. L’échec de la politique actuelle en matière de santé et de sécurité dans les entreprises et établissements, dont les services de santé au travail.
2. L’hécatombe des morts au travail qui fait de la France une sordide championne de l’Union européenne en la matière.
Propos recueillis par François Poupet, CGT FERC Sup Nantes Université